La disparition de quatre membres du contingent salvadorien met en lumière les risques auxquels sont confrontées les forces internationales en Haïti. Le secrétaire général de l’OEA réclame un soutien international accru et une meilleure coordination contre les groupes armés.
PORT-AU-PRINCE, 27 octobre 2026. — L’Organisation des États américains (OEA) appelle à renforcer et à mieux coordonner les efforts contre les gangs en Haïti, après l’attaque visant la Force de suppression des gangs (GSF) qui a conduit à la disparition de quatre membres du contingent salvadorien.
Dans une déclaration publiée lundi, le secrétaire général de l’organisation, Albert Ramdin, a estimé que cette attaque soulignait l’urgence d’une action coordonnée contre les groupes criminels. Il a également appelé la communauté internationale à accroître son soutien à Haïti afin de contribuer au rétablissement de la sécurité et à la protection de la population.
Expresamos nuestra solidaridad con El Salvador, su Gobierno y su pueblo, y en especial con las familias de los cuatro miembros del personal salvadoreño desaparecidos en Haití. Esperamos que regresen sanos y salvos. Este ataque pone de relieve la urgente necesidad de adoptar medidas más decisivas y coordinadas contra las pandillas criminales. La comunidad internacional debe fortalecer su apoyo a Haití para restablecer la seguridad y proteger a su población.
— Albert R. Ramdin – OAS Secretary General (@SG_OEA_OAS) October 26, 2026
Ramdin a exprimé sa solidarité avec le Salvador, son gouvernement et sa population, en particulier avec les familles des quatre ressortissants portés disparus. Il a dit espérer qu’ils puissent retrouver leurs proches sains et saufs.
QUATRE TECHNICIENS TOUJOURS PORTÉS DISPARUS
Les quatre Salvadoriens ont disparu le 18 octobre, après une attaque contre leur véhicule blindé à Croix-des-Bouquets, à l’est de Port-au-Prince. Selon les informations communiquées par les autorités salvadoriennes, les hommes avaient réussi à quitter le véhicule avant qu’il ne soit incendié.
Les tentatives d’approche par voie terrestre et aérienne ont ensuite été entravées par l’intensité des affrontements. Des hélicoptères envoyés dans le secteur ont également essuyé des tirs, selon les informations rapportées par l’Associated Press.
L’incident constitue l’une des attaques les plus importantes contre la GSF depuis le lancement de ses opérations en Haïti. Il illustre les difficultés auxquelles la force internationale est confrontée dans les secteurs où les groupes armés conservent une forte capacité d’action.
DES RESTES HUMAINS, MAIS PAS D’IDENTIFICATION CONFIRMÉE
La découverte de restes humains n’a pas permis de résoudre l’affaire. La GSF a confirmé avoir reçu des restes transmis par une organisation humanitaire, tout en précisant que leur identité n’avait pas été établie.
The #GSF confirms that it has received, through a third-party humanitarian organization, remains suspected of being those of the four personnel from the Salvadoran contingent currently missing. At this stage, the GSF is not in a position to confirm that the remains are those of the missing personnel. The GSF stands firm and determined and will communicate further information through its official channels once verified information becomes available. Full statement:
— Gang Suppression Force – Haiti (@GSForceHaiti) October 25, 2026
Le président salvadorien, Nayib Bukele, a contesté qu’ils appartiennent aux quatre techniciens disparus. Selon des informations publiées le 26 octobre par The Washington Post, une source proche de l’enquête estime qu’au moins une partie des restes ne correspondrait probablement pas aux hommes recherchés. Des analyses ADN seraient en cours à l’extérieur d’Haïti.
Parallèlement, le chef de 400 Mawozo, Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », a affirmé que les quatre Salvadoriens auraient été tués lors d’un affrontement dans une zone contrôlée par le groupe armé allié Chen Mechan. Cette déclaration n’a pas été corroborée par des éléments indépendants.
À ce stade, aucune identification médico-légale définitive ne permet de confirmer le sort des quatre hommes.
SAN SALVADOR RENFORCE LES RECHERCHES
Le Salvador a envoyé des renforts militaires à Port-au-Prince pour soutenir les opérations de recherche. Selon The Washington Post, le contingent supplémentaire dépasse les 500 membres des forces spéciales. Cette mobilisation intervient alors que le président Bukele a averti les groupes armés qu’une intensification des opérations pourrait suivre si les ressortissants disparus n’étaient pas retrouvés sains et saufs.
La disparition des quatre techniciens place ainsi les opérations de recherche au cœur des préoccupations sécuritaires et diplomatiques. Elle soulève également des questions sur la protection des personnels internationaux et sur les moyens nécessaires pour permettre à la GSF de mener sa mission dans des zones particulièrement dangereuses.
L’OEA RÉCLAME UN SOUTIEN INTERNATIONAL ACCRU
La déclaration d’Albert Ramdin intervient dans un contexte où les autorités haïtiennes et leurs partenaires cherchent à contenir les groupes armés et à rétablir des conditions de sécurité permettant le retour à une vie normale.
Le secrétaire général de l’OEA n’a toutefois annoncé aucune mesure opérationnelle nouvelle. Il n’a pas précisé quels moyens supplémentaires devraient être mobilisés, ni comment la coordination internationale pourrait être renforcée.
Son intervention constitue donc avant tout un appel politique et diplomatique : accroître le soutien à Haïti et mieux coordonner les efforts contre les gangs, alors que les opérations internationales sont confrontées à des risques persistants.
L’urgence immédiate reste de retrouver les quatre Salvadoriens et d’établir les circonstances exactes de leur disparition. Au-delà de cette affaire, l’attaque relance la question des capacités et du soutien nécessaires pour faire face à des groupes armés qui continuent de menacer la sécurité en Haïti.

