L’ONI dévoile les coulisses de l’enregistrement des 30 000 membres des organisations politiques

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Le directeur général de l’Office national d’identification (ONI), Reynold Guerrier, a dévoilé les coulisses de l’enregistrement des parrainages exigés par le Conseil électoral provisoire (CEP).

Invité à la matinale de Magik9, vendredi 4 septembre 2026, M. Guerrier a révélé les combines et tentatives de plusieurs structures politiques pour inscrire les 30 000 membres requis par le CEP pour pouvoir présenter un candidat aux prochaines élections.

Reynold Guerrier a souligné que, dans le processus d’inscription des adhérents en cours, au 4 septembre, 8 020 346 membres soumis ont été rejetés en raison de la non-concordance des données. Selon M. Guerrier, dans ces cas, le numéro d’identification nationale unique (NINU) ne correspond pas au nom ou au sexe de la personne. Il a indiqué que 3 089 408 des données soumises faisaient état de doublons et ont, à ce titre, été rejetées par le système.

De plus, le directeur général de l’ONI a révélé que 2 489 689 membres adhérents ont été rejetés parce que les NINU soumis étaient incorrects. « Les structures politiques ont tenté de créer des NINU », a révélé Reynold Guerrier.

Au total, depuis le lancement du processus d’inscription des 30 000 parrainages par le Conseil électoral provisoire (CEP), le 20 août dernier, seuls 857 308 membres adhérents soumis par les structures politiques ont été validés, a souligné M. Guerrier. Selon les informations dont dispose Le Nouvelliste, jusqu’au 3 septembre 2026, 21 structures politiques avaient complété l’exigence des 30 000 parrainages sur la plateforme dédiée.

L’ONI se déresponsabilise dans la communication des données personnelles des citoyens

Ce processus d’inscription des 30 000 parrainages exigés par le décret électoral fait l’objet de vives critiques depuis son lancement. Des responsables de structures politiques ont, à plusieurs reprises, déclaré dans la presse éprouver des difficultés à se conformer à cette exigence et ont révélé avoir été surpris de voir certains de leurs responsables et adhérents enregistrés sous d’autres bannières. Ces responsables de structures politiques ont pointé du doigt des institutions qui auraient communiqué les données des contribuables à des structures politiques sans leur consentement.

Le directeur de l’ONI s’est montré catégorique sur ce point, précisant que l’institution qu’il dirige a adopté des mesures strictes pour empêcher que les données personnelles des citoyens soient utilisées à des fins politiques par des tiers.

« L’ONI a mis en garde tous ses employés susceptibles d’avoir accès aux données personnelles des citoyens. Nous les avons prévenus des conséquences qui pourraient découler de toute utilisation des données personnelles des citoyens sans leur consentement, en particulier à des fins politiques », a indiqué Reynold Guerrier.

M. Guerrier a souligné que l’ONI avait pris, en amont, des dispositions pour empêcher que les données personnelles des citoyens soient utilisées par des tiers. En ce sens, il a fait savoir que l’ONI avait interdit la remise de la carte d’identification nationale d’un citoyen à une tierce personne. Une mesure qui, selon lui, devrait contribuer à protéger les données des citoyens contre toute utilisation abusive, notamment par des acteurs politiques influents.

Par ailleurs, le directeur de l’ONI dit avoir suggéré au CEP de permettre aux électeurs de vérifier s’ils figurent sur une liste d’adhérents et de pouvoir s’en retirer s’ils n’avaient pas donné leur consentement. Il a regretté que sa proposition ait été rejetée, au motif que cette fonctionnalité n’était pas prévue dans le décret électoral.

Reynold Guerrier dit espérer qu’en cas de modification dudit décret, sa proposition pourra être intégrée.

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