Haïti : la guerre ouverte entre le CPT et le gouvernement alarme les partenaires internationaux

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À quelques jours de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue le 7 février prochain, Haïti s’enfonce dans une nouvelle crise politique. Le bras de fer entre le CPT et le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé fait craindre une déstabilisation supplémentaire d’un pays déjà ravagé par la violence des gangs.

Depuis plusieurs jours, cinq membres du CPT tentent d’obtenir la révocation du chef du gouvernement. Une initiative rejetée jeudi par le président en exercice du Conseil, qui refuse de s’aligner sur cette position. Cette fracture au sommet de l’État alimente une tension extrême dans la classe politique haïtienne, à un moment jugé critique pour l’avenir du pays.

La crise ne laisse pas indifférents les partenaires internationaux d’Haïti. Les États-Unis ont été les premiers à réagir fermement, s’opposant à toute modification de l’équipe gouvernementale à l’approche de la fin de la transition. Selon Washington, une telle manœuvre risquerait de compromettre les efforts en cours pour restaurer un minimum de sécurité et de stabilité.
 

Jeudi soir, le ton est encore monté : le département d’État américain a dénoncé sur les réseaux sociaux les agissements de « politiciens corrompus », tout en brandissant la menace de sanctions ciblées contre les responsables impliqués.
 

Dans la foulée, le Canada a exprimé sa « profonde préoccupation » et s’est rangé du côté du Premier ministre. Ottawa s’est également dit prêt à prendre des mesures contre tout acteur politique susceptible de menacer la paix et la stabilité du pays.

Ces prises de position confirment le poids déterminant de la communauté internationale dans le processus politique haïtien. Plus tôt dans la semaine, le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà appelé les dirigeants haïtiens à privilégier l’intérêt national, à l’approche de la fin de cette période de transition.

Pendant que les élites politiques s’affrontent, la population haïtienne continue de payer le prix fort. À Port-au-Prince et dans plusieurs régions du pays, les gangs armés imposent leur loi, plongeant les habitants dans un climat d’insécurité permanente, marqué par les enlèvements, les violences et les déplacements forcés.

À l’aube d’une échéance politique décisive, Haïti apparaît plus que jamais à la croisée des chemins, tiraillée entre luttes de pouvoir internes et pressions internationales, tandis que l’urgence sécuritaire demeure sans réponse durable.

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