À trois mois du scrutin prévu le 13 décembre, Haïti s’apprête à modifier une nouvelle fois son cadre électoral. Selon des informations confirmées obtenues par Zile News, le décret électoral et le calendrier seront réexaminés mercredi en Conseil des ministres. Après deux décrets électoraux successifs, une première modification du texte actuellement en vigueur, plusieurs reports et des échéances déjà prolongées, cette nouvelle révision met en lumière les difficultés du gouvernement et du Conseil électoral provisoire à stabiliser un processus attendu depuis près de dix ans. À ces tâtonnements institutionnels s’ajoute une crise sécuritaire qui a déplacé près de 1,5 million de personnes et bouleversé la géographie électorale du pays.
Anyone who has links to criminal organizations in Haiti should not be allowed to participate in the country’s forthcoming elections, the head of the Organization of American States said Friday, stressing that it is ultimately up to Haitian authorities to determine the eligibility of candidates to run for president, Parliament and local offices.
La situation haïtienne n'est donc pas simplement la plus mauvaise du classement : elle constitue une anomalie statistique régionale.
Dans le classement régional présenté par AmericasBarometer, l'approbation de l'exécutif est de seulement 11 % en Haïti, le niveau le plus faible observé dans le graphique comparatif.
Dans la même enquête, 89,7 % des Haïtiens interrogés jugeaient les élections importantes pour l'avenir du pays et 82,9 % souhaitaient qu'elles aient lieu en 2026 ou 2027.
Le paradoxe est central : une population extrêmement méfiante envers sa classe politique continue néanmoins d'accorder une grande importance au retour aux urnes.
À trois mois du vote, la question n'est donc plus seulement de savoir si une date électorale existe.
Elle est de savoir si, d'ici au 13 décembre, Haïti pourra faire converger quatre éléments qui ont jusqu'ici progressé à des rythmes différents : un cadre juridique stabilisé, un corps électoral suffisamment constitué et localisé, une infrastructure de vote effectivement opérationnelle et un niveau de sécurité permettant aux électeurs de se rendre aux urnes.
Après dix ans sans élections nationales, c'est désormais sur cette convergence, et non sur le seul maintien d'une date dans le calendrier, que se jouera la crédibilité du processus électoral haïtien.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) haïtien a procédé à une recomposition de son bureau exécutif, portant Peterson Pierre-Louis à la présidence de l’institution en remplacement de Jacques Desrosiers, alors que le pays est engagé dans une phase particulièrement sensible de la préparation des prochaines élections.
Le changement intervient à un moment déterminant pour l’institution électorale, confrontée simultanément à la mise en œuvre d’un calendrier resserré, à l’enregistrement des électeurs et des candidats, aux contraintes sécuritaires persistantes et aux interrogations entourant la capacité opérationnelle du pays à organiser un scrutin sur l’ensemble du territoire.