En Haïti, la tentative de limoger le Premier ministre provisoire a échoué

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Par Caroline Popovic

La crise politique n’a duré qu’à peine 24 heures. Des membres du CPT, Conseil provisoire de transition, qui ont tenté de révoquer le Premier ministre par intérim, Alix Didier Fils-Aimé ne sont plus majoritaires. Les menaces de la communauté internationale auraient évité une crise politique.

En avril 2024, le CPT, Conseil provisoire de transition, a été créé de toutes pièces pour combler une absence de pouvoir. Il a été installé avec l’aide de la Communauté caribéenne, la CARICOM et la Communauté internationale.

Aujourd’hui, la CARICOM a disparu de la table des consultations.

Les États-Unis, le Canada, l’Union Européenne et les Nations-Unies ont pris le contrôle en Haïti.

Les États-Unis ont fustigé les actions des membres du Conseil de transition qui ont soutenu l’idée de révoquer le Premier ministre par intérim.

« L’instabilité chronique en Haïti n’est due à aucun défaut du caractère, de la culture ou de la constitution haïtienne. Elle résulte du choix de politiciens haïtiens corrompus qui instrumentalisent les gangs et autres groupes armés pour semer le chaos dans les rues, puis revendiquent un rôle au sein du gouvernement pour tenter de rétablir l’ordre…Ce sont des criminels, à l’instar des gangs avec lesquels ils complotent. »Département des affaires de l’Hémisphère occidental des Etats-Unis

Impossible de valider la résolution

Les 5 conseillers qui ont signé la résolution voulaient également changer la Direction de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) et de la Police nationale (PNH).

Ce vendredi, 23 janvier 2026, par mesure de sécurité, des véhicules blindées de la Police nationale avaient été déployés autour du siège de la Présidence provisoire d’Haïti.

Vladimir Paraison, Commissaire de police d'Haïti · ©Odelyn Joseph / AP

Mais l’initiative n’est pas officialisée.

Seul le président provisoire du CPT, Laurent Saint-Cyr, est habilité à valider toutes les décisions prises au nom du Conseil et les transmet pour publication au Journal officiel, Le Moniteur.

Sans cette signature, toute résolution est jugée illégale. Les conseillers signataires s’exposent à de graves conséquences.

Désavoués par leurs groupes politiques

Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltire, Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Edgard Leblanc Fils sont les 5 membres du CPT à l’initiative du projet échoué.

L’organisation politique, Fanmi Lavalas, a pris ses distances par rapport aux actions de Leslie Voltaire, son représentant au sein du CPT.

Le regroupement politique, Compromis historique, ne soutient plus son représentant, Smith Augustin.

« Cette démarche est en totale contradiction avec les valeurs fondatrices, la ligne politique et les engagements historiques du Compromis, qui a toujours privilégié la responsabilité d’Etat, la stabilité institutionnelle et le dialogue comme voie de sortie de crise. »Communiqué de presse, Compromis historique

Le mandat du CPT arrive à terme

Le 7 février 2026, date de la fin du mandat du Conseil provisoire de transition, Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre intérimaire et Laurent Saint-Cyr, Président provisoire, tous les deux des hommes d’affaires, seraient encore à la direction d’Haïti en attendant la mise en place des élections présidentielles et législatives.

Aucun d’entre eux n’est élu par le peuple haïtien.

Un nouveau président et les élus de l’Assemblée nationale et le Sénat auraient dû être installés le 7 février 2026. L’organisation des élections était la première tâche du Conseil provisoire de transition.

À cause de l’insécurité qui a déplacé les habitants, la mobilisation des électeurs était impossible.

Aujourd’hui, le premier tour du scrutin est programmé provisoirement pour août 2026. Le deuxième tour, le 6 décembre 2026.

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