Les États-Unis prennent le contrôle de l’avenir d’Haïti

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Par Caroline Popovic

Le 7 février 2026 est la date de la fin du mandat du Conseil provisoire de Transition d’Haïti (CPT). Sans aucune précision en cas de non tenue des élections prévues en 2026, les Etats-Unis appliquent les règles.

Henry Wooster, l’Ambassadeur des États-Unis en Haïti a émis une mise en garde contre toute tentative de déstabilisation au sein du CPT, Conseil provisoire de transition d’Haïti.

Cinq membres du Conseil auraient tenté de révoquer le Premier ministre par intérim, Alix Didier Fils-Aimé

« Les États-Unis considéreraient que toute personne soutenant une telle initiative déstabilisatrice, qui favorise les gangs, agirait contre les intérêts des États-Unis, de la région et du peuple haïtien… Toute personne qui soutient le terrorisme responsable du chaos en Haïti et de l’insécurité dans la région va subir des conséquences sévères. L’ère de l’impunité est révolue. »Henry Wooster, Ambassadeur des Etats-Unis en Haïti.

Les visas américains de deux des 5 membres du CPT qui ont signé la révocation de Fils-Aimé ont été annulés. Cette mesure s’applique aussi à leurs proches.

La dissolution du CPT

Sans apporter plus d’information sur la direction politique d’Haïti après le 7 février 2026, l’Ambassadeur américain a insisté sur la dissolution définitive du Conseil provisoire de transition, le CPT.

Henry Wooster a également déclaré que le Premier ministre par intérim actuel, Alix Didier Fils-Aimé doit être maintenu en poste afin de poursuivre la lutte contre les gangs et le retour à la stabilité.

« Les États-Unis se tiennent aux côtés du Premier ministre et du Conseil des ministres, le gouvernement reconnu d’Haïti, et soutiennent la mise en œuvre des engagements visant à rétablir la sécurité, la stabilité et la paix en Haïti. »Henry Wooster, Ambassadeur des Etats-Unis en Haïti.

Marco Rubio, le Secrétaire d’État américain a apporté son soutien Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé.

Pour sa part, Alix Didier Fils-Aimé a mis en garde “les criminels portant une cravate ou les criminels portant des tongs » qui voulaient dicter la loi.

Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre par intérim d'Haïti. · ©Odelyn Joseph / AP

La Communauté caribéenne mise à l’écart

En 2024, la CARICOM a joué un rôle clef dans la création et la mise en place du CPT.

Aujourd’hui la Communauté caribéenne, dont Haïti est membre, est tenue à l’écart par la Communauté internationale dans la recherche d’une sortie de la crise politique.

Le 23 janvier 2026, un groupe appelé Conférence nationale des acteurs pour une nouvelle gouvernance (NCANG) a interpellé la CARICOM pour demander une aide « pour la création immédiate d’un comité de médiation, impartial et inclusif, pour parvenir à un consensus sur la nouvelle structure gouvernementale qui remplacera le CPT ».

Pour sa part, la CARICOM exprime son inquiétude par rapport à la situation en Haïti.

« Compte tenu des efforts de la CARICOM et de la communauté internationale pour soutenir un processus mené par Haïti, le groupe est profondément préoccupé par la tardiveté des parties prenantes à trouver un terrain d’entente, autour d’un accord consensuel, mené par Haïti, sur un processus de transition alternatif. »La CARICOM

L’incertitude gagne du terrain

Pour l’heure, la priorité est au rétablissement de la sécurité.

Le déploiement de la Force de répression des gangs, la FRG, commencera en avril 2026.

Le nouvel objectif pour l’organisation des élections est repoussée en 2027.

Haïti est sans chef d’État élu depuis juillet 2021.

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