Haïti : la plupart des gangs sont impliqués dans la traite d’enfants, selon l’ONU (Vidéo & Rapport)

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La plupart des gangs armés d’Haïti sont impliqués dans « la traite brutale et généralisée d’enfants », ont annoncé ce vendredi les Nations unies, dans un rapport qui souligne « l’insuffisance » des réponses apportées à ces abus.

« En Haïti, les enfants sont privés de leur enfance et de leur avenir. Les répercussions et les conséquences à long terme de la traite d’enfants sont dévastatrices pour les victimes et leurs familles. »Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’Homme

Cette déclaration est citée dans un communiqué de l’Organisation des Nations Unies (ONU), accompagnant un rapport sur l’implication des gangs d’Haïti dans la traite d’enfants. Publié par le haut-commissariat et le bureau intégré de l’ONU en Haïti (Binuh), l’étude détaille différentes formes d’exploitation, allant de tâches de soutien comme « faire des courses, surveiller les forces de sécurité ou collecter des paiements d’extorsion« , à des « actes plus violents tels que la destruction de biens, les enlèvements, les meurtres ciblés et les violences sexuelles« .

Plus de 500.000 enfants exposés

Selon ce document, « la plupart des 26 gangs opérant actuellement en Haïti sont impliqués » dans l’exploitation forcée d’enfants. Faute de « données exhaustives » sur le nombre d’enfants concernés, l’ONU précise qu’en 2024, plus de 500.000 enfants vivaient dans des zones sous le contrôle de groupes armés. Ces derniers sont présents aujourd’hui sur 90% du territoire de la capitale, Port-au-Prince et dans plusieurs autres communes du centre du pays, selon l’organisation.

Et ces enfants « sont de plus en plus exposés« , souligne le rapport.

« Ils sont soit attirés par ce qu’ils perçoivent être un sentiment de pouvoir, de protection ou de statut social que leur offriraient les gangs, soit recrutés par la violence, les menaces, la nourriture ou les drogues. »Extrait du rapport de l’ONU

Un enfant passe devant un tas d'ordures dans un refuge pour familles déplacées par la violence des gangs - Port-au-Prince (Haïti), 27/01/2026. · ©Odelyn Joseph / AP
Un enfant passe devant un tas d’ordures dans un refuge pour familles déplacées par la violence des gangs – Port-au-Prince (Haïti), 27/01/2026. · ©Odelyn Joseph / AP

Des victimes traitées comme des auteurs de violences

Soulignant l »insuffisance » de la prévention et des réponses des acteurs nationaux et internationaux, le rapport met aussi en évidence le fait que les forces de l’ordre « considèrent souvent les enfants (…) comme des auteurs » de violences « plutôt que comme des victimes« . Certains « ont été sommairement exécutés par des policiers ou tués par des groupes dits d’autodéfense« , soutient-il, évoquant le cas d’enfants parfois âgés d’à peine 10 ans.

Le Binuh recommande, avec le haut-commissariat, d’adopter une stratégie visant à « élargir les programmes de protection sociale« , « renforcer le rôle protecteur des écoles« , « développer des espaces adaptés aux enfants en dehors du cadre scolaire » ou « accroître les possibilités de formation et d’emploi pour les jeunes« . Sauf que…

« En 2025, 1.606 écoles étaient fermées à travers Haïti, affectant 243.000 élèves. »Extrait du rapport de l’ONU

Des enfants font leurs devoirs dans un refuge pour familles déplacées par la violence des gangs - Port-au-Prince (Haïti), 27/01/2026. · ©Odelyn Joseph / AP
Des enfants font leurs devoirs dans un refuge pour familles déplacées par la violence des gangs – Port-au-Prince (Haïti), 27/01/2026. · ©Odelyn Joseph / AP

Les deux entités onusiennes préconisent aussi de « renforcer le respect des droits humains » par les forces de l’ordre, de « privilégier la réadaptation plutôt que la répression » et d' »améliorer l’obligation de rendre des comptes des trafiquants d’enfants« .

Haïti subit, depuis de nombreuses années, la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements. Selon l’ONU, les gangs ont tué près de 6.000 personnes en 2025.

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