Dans un contexte économique jugé préoccupant, le gouvernement haïtien dit adopter une série de mesures d’austérité visant à réduire les dépenses publiques et à préserver les équilibres macroéconomiques.
Dans un contexte économique jugé préoccupant, le gouvernement haïtien dit adopter une série de mesures d’austérité visant à réduire les dépenses publiques et à préserver les équilibres macroéconomiques. Ces dispositions sont consignées dans la Circulaire 017, adressée à l’ensemble des ordonnateurs de l’administration publique nationale en date du mardi 31 mars 2026.

« L’acquisition de nouveaux véhicules est interdite ; les crédits de dépenses de carburant aux institutions publiques seront révisés à la baisse, quitte à limiter les déplacements ; les voyages à l’étranger d’officiels et de cadres concerneront uniquement les missions essentielles autorisées par le Premier ministre. L’escorte de protection des personnalités publiques, si besoin est, est limitée à un véhicule », sont les décisions annoncées dans la circulaire signée par le chef de l’exécutif, Alix Didier Fils-Aimé, soulignant que « les ordonnateurs de l’administration publique sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de la stricte application de ces dispositions ».
Le chef du gouvernement évoque dans la circulaire une conjoncture internationale marquée par la hausse rapide des prix des produits pétroliers sur le marché mondial. Cette situation, combinée aux risques de perturbation des approvisionnements, pourrait avoir des conséquences significatives sur une économie déjà fragile. En effet, la dépendance énergétique du pays accentue sa vulnérabilité face aux fluctuations extérieures.
« Cette perspective permet d’anticiper de sérieuses répercussions sur l’équilibre macroéconomique déjà fragile et les finances publiques en particulier. Elle commande de mettre tout en œuvre pour préserver à la fois cette stabilité et garantir la fourniture des services sociaux de base à la population, les capacités d’intervention de l’État en matière de dépenses de sécurité et les chances de relance, à terme, de l’économie nationale », prescrit la circulaire.
Il faut souligner que la Banque de la République d’Haïti a financé le déficit budgétaire à hauteur de 2,6 milliards de gourdes au cours du premier trimestre de l’exercice 2025-2026, a informé la note de politique monétaire de la BRH.
« Nonobstant le manque de dynamisme des activités économiques au premier trimestre de l’exercice 2025-2026, les efforts de mobilisation des organismes de perception de l’État haïtien ont entraîné une augmentation trimestrielle de 10,9 % des recettes totales (54 136,39 MG). Les recettes publiques ont représenté 39 % des ressources disponibles (138 652,32 MG), ces dernières étant fortement constituées par les produits d’émission de billets de trésorerie dont l’encours s’est établi à 77 101,95 MG. Par ailleurs, les dépenses budgétaires, qui comptent pour 60 % des décaissements totaux (137 434,19 MG), ont accusé une hausse de 42,41 % pour s’établir à 82 370,60 MG. Conséquemment, les taxes et impôts collectés n’ayant pas permis de couvrir les dépenses budgétaires, il en est résulté un déficit qui a été partiellement financé par les avances de la BRH à hauteur de 2 652,8 MG », peut-on lire dans cette note de politique monétaire.

