Depuis le début de l’année, plus de 260 000 Haïtiens ont été expulsés de République dominicaine, souvent dans des conditions dénoncées comme brutales par les autorités locales et les ONG. À Anse-à-Pitre, ville frontalière du sud-est haïtien, les structures sanitaires sont débordées par l’arrivée quotidienne de dizaines de personnes qui se trouvent souvent dans un état critique. Un dossier de Ronel Paul.
Le centre hospitalier de la commune, déjà fragile, peine à faire face à cet afflux. Son directeur, le docteur Charles Denis, dénonce des renvois « inhumains » et un manque criant de moyens. L’ONG humanitaire ALIMA a renforcé ses opérations dans la région depuis juillet 2025 afin d’améliorer la prise en charge des urgences, notamment des femmes enceintes et des enfants souffrant de malnutrition. Mais au-delà de l’urgence sanitaire, les autorités locales dénoncent l’absence de soutien de l’État haïtien. Le maire d’Anse-à-Pitre, Harry Bruno, affirme que les centres d’accueil improvisés sont saturés. Beaucoup de ces expulsés sont nés en République dominicaine, ils n’ont pas de documents haïtiens et se retrouvent aujourd’hui sans nationalité reconnue.

