Haïti: les expulsions depuis la République dominicaine plongent Anse-à-Pitre dans l’urgence humanitaire

Date:

Depuis le début de l’année, plus de 260 000 Haïtiens ont été expulsés de République dominicaine, souvent dans des conditions dénoncées comme brutales par les autorités locales et les ONG. À Anse-à-Pitre, ville frontalière du sud-est haïtien, les structures sanitaires sont débordées par l’arrivée quotidienne de dizaines de personnes qui se trouvent souvent dans un état critique. Un dossier de Ronel Paul.

Le centre hospitalier de la commune, déjà fragile, peine à faire face à cet afflux. Son directeur, le docteur Charles Denis, dénonce des renvois « inhumains » et un manque criant de moyens. L’ONG humanitaire ALIMA a renforcé ses opérations dans la région depuis juillet 2025 afin d’améliorer la prise en charge des urgences, notamment des femmes enceintes et des enfants souffrant de malnutrition. Mais au-delà de l’urgence sanitaire, les autorités locales dénoncent l’absence de soutien de l’État haïtien. Le maire d’Anse-à-Pitre, Harry Bruno, affirme que les centres d’accueil improvisés sont saturés. Beaucoup de ces expulsés sont nés en République dominicaine, ils n’ont pas de documents haïtiens et se retrouvent aujourd’hui sans nationalité reconnue.

Share post:

Les + Populaires

Plus d'Articles
Similaires

Haïti : Le Major Général Erdenebat Batsuuri prend officiellement la tête de la Force de répression des gangs

Dans un contexte marqué par une détérioration continue de la situation sécuritaire, la Force de répression des gangs (FRG) dispose désormais d’un nouveau commandant en chef. Le Major Général mongol Erdenebat Batsuuri est arrivé en Haïti ce jeudi 14 mai 2026 pour prendre officiellement la direction de la mission chargée de renforcer les opérations contre les groupes armés à travers le pays.

U.S., Spain and Argentina warn against travel to Haiti amid deadly violence

Meanwhile, the United States, Spain and other countries continue to maintain Haiti at the highest alert level not only because of extreme violence, but also due to the country's limited healthcare capacity. At the same time, several European governments –including Spain, Germany, France and the United Kingdom– have begun advising their citizens not to travel to Haiti under any circumstances because of the extreme levels of violence.

« Les balles perdues pleuvaient » : à Haïti, plus de 5 000 personnes obligées de fuir Port-au-Prince et la violence des gangs

Pays le plus pauvre des Caraïbes, Haïti est ravagé par la violence des gangs qui multiplient attaques sanglantes, enlèvements et viols. Et la situation n’a cessé de se détériorer ces deux dernières années. Des quartiers du nord de Port-au-Prince étaient mercredi toujours en proie à des affrontements entre groupes armés, et ce malgré l’envoi par la police haïtienne de plusieurs unités pour les sécuriser, a souligné une source policière à l’AFP.

Haiti : évacuation d’hôpitaux et suspension des services de MSF face aux affrontements entre gangs rivaux

Les hôpitaux de Cîté Soleil, en Haïti, ont évacué leurs patients et l'organisation humanitaire MSF a suspendu ses activités lundi, alors que les combats entre groupes armés débutés il y a quinze jours se sont intensifiés ce week-end. MSF (Médecins Sans Frontières) a déclaré que des centaines de résidents ont cherché refuge dans son hôpital du quartier - une zone défavorisée de la capitale Port-au-Prince - où l'un de ses agents de sécurité a été blessé par une balle perdue à l'intérieur de l'enceinte.