Léon XIV appelle à la libération des otages de Kenscoff, en Haïti

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Vatican News

«Des nouvelles dramatiques du grave massacre perpétré à Kenscoff dans lequel ont perdu la vie de nombreuses personnes tandis que d’autres ont été séquestrées, nous parviennent d’Haïti», confie le Pape à l’issue de la prière de l’Angélus, place de la Liberté, à Castel Gandolfo, devant le palais apostolique. Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août, 47 personnes ont été tuées dans l’église de Kenscoff, une commune située sur les collines qui surplombent la capitale, Port-au-Prince. Le maire, Massillon Jean, qui a évoqué à la presse «une nuit de terreur», a expliqué que les membres de gangs «ont fait une incursion dans un camp de déplacés situés dans une église». Plusieurs autres personnes ont été enlevées.

C’est pourquoi le Pape, ce dimanche, exprime sa «proximité dans la prière aux victimes et à leurs proches» et demande la libération «sans délai» de «tous les otages». «J’adresse un appel du fond du cœur à tous les responsables afin qu’ils s’engagent concrètement pour garantir la sécurité de la population et mettre fin à toute forme de violence», ajoute-t-il.

L’indignation de l’Église

Vendredi 28 août, l’Unicef, très impliquée en Haïti, a annoncé que six enfants et sept femmes avaient été libérés par un gang. En tout, une cinquantaine de personnes ont été enlevées lors de l’attaque meurtrière de dimanche dernier. Selon l’agence AP, «un chef de gang connu sous le nom d’Izo 2 avait menacé d’exécuter tous les otages si la police tuait des membres de son gang lors de son opération visant à sécuriser Kenscoff».

Dès mardi, Mgr Pierre-André Dumas, évêque d’Anse-à-Veau et Miragoane, a envoyé une lettre au Premier ministre et aux membres du gouvernement pour «assez de massacres, c’en est trop». «Avec Kenscoff, c’est Haïti tout entière qui est une nouvelle fois crucifiée», écrit-il, ajoutant qu’«il arrive un moment dans l’histoire d’une nation où se taire devient moralement impossible» et qu’«un État existe d’abord pour protéger son peuple». Mgr Dumas, dans sa missive, réclame «un plan national d’urgence de sécurité, visible, coordonné, évalué et assorti de responsabilités clairement établies». Il interpelle aussi, outre la conscience des gouvernants d’Haïti, la communauté internationale pour qu’elle ne regarde pas Haïti «mourir à petit feu».

Saint Augustin et la paix

«Continuons à prier pour la paix», poursuit Léon XIV, évoquant la figure de saint Augustin, dont la mémoire liturgique fut ce vendredi 28 août. «La paix […] ressemble à cet aliment qui se multipliait entre les mains des disciples à mesure qu’ils le rompaient et le distribuaient» écrivait dans ses sermons le docteur de l’Église. «Puissent augmenter dans le monde ceux qui, avec courage, rompent et distribuent le pain de la paix, dépassant les divisions, promouvant la justice, pratiquant le pardon, pour le bien de tous», conclut alors le Pape.

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