Élections en Haïti : sept présidentiables inscrits, seulement 28 structures franchissent le seuil des 30 000 membres

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PORT-AU-PRINCE, 17 septembre 2026 — À moins d’un mois de la nouvelle date limite fixée pour l’inscription des candidats, le processus électoral avance encore lentement. Au 16 septembre, seulement sept candidats à la présidence, 117 au Sénat et 311 à la députation avaient été enregistrés sur la plateforme du Conseil électoral provisoire (CEP), tandis que seules 28 des 105 structures politiques agréées avaient franchi le seuil des 30 000 membres requis pour poursuivre l’inscription de leurs candidats.

Du côté des collectivités territoriales, 95 cartels municipaux, 99 CASEC et 47 ASEC avaient également été enregistrés.

Ces chiffres interviennent au moment où le CEP vient d’accorder une nouvelle prolongation aux formations politiques. Dans une note publiée le 16 septembre, l’institution électorale annonce que, « sur demande insistante des structures politiques agréées », l’inscription en ligne des candidats et le dépôt des pièces pourront désormais se poursuivre jusqu’au 9 octobre 2026.

C’est la deuxième prolongation accordée en l’espace de deux semaines.

Seulement 28 structures sur 105 franchissent le cap

Le principal goulot d’étranglement demeure l’enregistrement préalable des membres des partis et groupements politiques.

Les organisations politiques agréées doivent atteindre le seuil de 30 000 membres enregistrés sur la plateforme électorale avant de pouvoir procéder à l’inscription de leurs candidats.

Au 16 septembre, seules 28 structures sur les 105 agréées avaient satisfait à cette exigence, soit à peine un peu plus d’un quart d’entre elles.

Collectivement, les structures politiques avaient néanmoins enregistré 1 040 648 membres sur la plateforme.

Le chiffre global masque donc d’importantes disparités entre organisations : certaines ont déjà franchi le seuil requis, tandis qu’une majorité n’est pas encore en mesure de passer pleinement à l’étape suivante du processus de candidature.

Cette situation permet également de mieux comprendre la pression exercée sur le CEP pour obtenir de nouveaux délais.

Sept candidats à la présidence enregistrés

Le faible nombre de candidatures présidentielles enregistrées constitue l’autre donnée marquante de cette étape.

Au 16 septembre, sept candidats à la présidence avaient achevé leur inscription sur la plateforme.

Pour les autres fonctions électives, le CEP comptabilisait 117 inscriptions au Sénat et 311 à la Chambre des députés.

À l’échelle locale, les données disponibles faisaient état de 95 cartels municipaux, 99 CASEC et 47 ASEC.

Ces chiffres restent appelés à évoluer rapidement puisque les formations politiques disposent désormais de trois semaines supplémentaires pour compléter leurs inscriptions et constituer leurs dossiers.

Les exigences documentaires au cœur des difficultés

La prolongation intervient également dans un contexte de critiques croissantes concernant certaines exigences du Décret électoral.

Les difficultés ne concernent pas seulement l’obligation d’enregistrer 30 000 membres. Plusieurs acteurs politiques ont signalé les contraintes liées à la constitution des dossiers de candidature et au nombre de documents exigés.

Ces préoccupations ne sont d’ailleurs pas nouvelles.

Lors d’une séance d’échanges organisée le 20 août autour de la plateforme d’inscription des candidats, les représentants des partis et groupements politiques avaient déjà soulevé devant le CEP plusieurs questions relatives au Décret électoral, au financement politique, à l’exigence des 30 000 membres et à la situation sécuritaire.

Le CEP avait alors invité les structures politiques à lui transmettre formellement leurs doléances et propositions.

Moins d’un mois plus tard, certaines de ces difficultés se traduisent désormais directement dans le rythme des inscriptions.

Le Décret électoral va être réexaminé

Le communiqué du 16 septembre ne se limite d’ailleurs pas à prolonger le délai accordé aux candidats.

Le CEP indique qu’il poursuit parallèlement ses discussions avec les acteurs politiques et le gouvernement « dans la perspective d’une modification du Décret électoral en vigueur ».

Cette annonce est importante car elle confirme que les difficultés rencontrées ne sont plus traitées uniquement par des prolongations de délais : certaines dispositions du cadre juridique lui-même sont désormais appelées à être réexaminées.

Le CEP n’a pas encore rendu public le détail des articles qui seraient concernés par cette modification.

La nouvelle échéance du 9 octobre aura également des conséquences sur les étapes ultérieures du processus de candidature.

Le 2 septembre, le CEP prévoyait encore une analyse des dossiers jusqu’au 28 septembre, une liste préliminaire le 29 septembre, différentes phases de contestation devant les juridictions électorales, puis une liste définitive des candidats agréés le 14 octobre.

Ces dates devront nécessairement être réaménagées puisque les dossiers pourront désormais être déposés jusqu’au 9 octobre.

Près de 600 000 électeurs enregistrés

Parallèlement aux candidatures, le CEP poursuit l’inscription des électeurs.

Selon les statistiques officielles du Conseil électoral provisoire, 599 485 électeurs étaient enregistrés au 16 septembre 2026.

Le compteur officiel avait atteint 590 807 électeurs le 15 septembre, contre 581 540 la veille, soit près de 9 000 inscriptions supplémentaires en une journée.

Depuis le début du mois, la progression est significative : le CEP comptabilisait 458 783 inscriptions le 1er septembre, 497 816 le 4 septembre et 551 724 le 10 septembre.

En quinze jours, le registre s’est ainsi enrichi de plus de 140 000 inscriptions.

L’enregistrement des électeurs constitue cependant lui aussi un chantier encore en cours. Les opérations avaient débuté le 20 juillet dans neuf départements avant d’être progressivement étendues à l’Ouest.

Plusieurs opérations doivent avancer simultanément

Le processus électoral entre ainsi dans une phase particulièrement dense.

Le CEP doit simultanément poursuivre l’inscription des électeurs, permettre aux structures politiques restantes d’atteindre le seuil des 30 000 membres, enregistrer les candidats aux différents postes électifs, recevoir leurs pièces, analyser les dossiers et préparer le contentieux des candidatures.

À cela s’ajoute désormais la révision annoncée de certaines dispositions du Décret électoral.

La nouvelle prolongation jusqu’au 9 octobre offre aux formations politiques un délai supplémentaire substantiel. Elle constitue aussi un indicateur des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre concrète des conditions fixées pour participer au scrutin.

Avec seulement sept candidatures présidentielles enregistrées et 28 structures politiques sur 105 ayant franchi le seuil des 30 000 membres au 16 septembre, les prochaines semaines seront donc déterminantes pour mesurer combien de formations politiques et de candidats seront effectivement en mesure de participer aux élections.

Le prochain indicateur décisif ne sera plus seulement le nombre d’inscriptions enregistrées sur les plateformes du CEP, mais la composition de la liste préliminaire, puis définitive, des candidats effectivement admis à concourir.

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