Le président dominicain confirme une coordination avec le Salvador dans le cadre des opérations contre les groupes armés en Haïti. Saint-Domingue renforce parallèlement son dispositif militaire frontalier.
PORT-AU-PRINCE, 24 octobre 2026. — La crise sécuritaire haïtienne s’impose de plus en plus comme un enjeu régional. Le président dominicain, Luis Abinader, a annoncé avoir échangé avec son homologue salvadorien, Nayib Bukele, sur une coopération logistique et le partage de renseignements en appui aux opérations contre les gangs en Haïti.
« J’ai conversé avec le président du Salvador, Nayib Bukele, au sujet de la collaboration logistique et du renseignement pour les opérations contre les bandes criminelles en Haïti », a déclaré Abinader.
Cette annonce intervient alors que le Salvador a mobilisé environ 450 militaires dans le contexte des recherches visant à retrouver quatre techniciens aéronautiques salvadoriens portés disparus en Haïti. L’initiative dominicaine ajoute ainsi une dimension régionale aux efforts engagés autour de cette crise.
Conversé con el presidente de El Salvador, Nayib Bukele, sobre la colaboración logística y de inteligencia para las operaciones contra las bandas criminales en Haití. Mantenemos un seguimiento permanente a lo que ocurre en el vecino país. Mi responsabilidad es asegurar nuestra frontera y proteger a nuestra gente.
— Luis Abinader (@luisabinader) October 25, 2026
DEUX AXES DE COOPÉRATION, SANS DÉTAILS OPÉRATIONNELS
Les moyens explicitement évoqués pour cette coopération sont le soutien logistique et le partage de renseignements. Le président dominicain n’a toutefois précisé ni les équipements qui pourraient être fournis, ni la nature des informations transmises, ni les modalités pratiques de cette assistance.
Abinader a également confirmé que son gouvernement maintenait des échanges avec la Force de suppression des gangs (GSF), déployée en Haïti.
En revanche, aucune annonce officielle consultée ne confirme l’affectation d’avions, de drones ou de blindés dominicains aux opérations salvadoriennes sur le territoire haïtien. Ces équipements sont mentionnés dans le cadre du renforcement du dispositif de sécurité dominicain.
Mi responsabilidad es asegurar nuestra frontera. Hemos reforzado la vigilancia con más militares, vehículos blindados, drones y aeronaves. Estamos preparados para responder con firmeza ante cualquier amenaza. Las bandas criminales no se han acercado a nuestra frontera ni vemos que esa sea la tendencia actual. Mantenemos un seguimiento permanente a lo que ocurre en Haití para proteger nuestro territorio y a nuestra gente.
— Luis Abinader (@luisabinader) October 25, 2026
DRONES, BLINDÉS ET AÉRONEFS : DES MOYENS ANNONCÉS POUR LA FRONTIÈRE
En parallèle, Abinader a annoncé un renforcement du dispositif de sécurité dominicain. Celui-ci comprend des effectifs militaires supplémentaires, des véhicules blindés, des drones et des aéronefs, avec une surveillance renforcée notamment dans le sud de la frontière.
Le président dominicain a également affirmé que son pays était prêt à répondre fermement à toute menace. Il a cependant précisé que, selon les informations dont disposent ses autorités, les gangs haïtiens ne s’étaient pas rapprochés de la frontière et qu’aucune tendance en ce sens n’était actuellement observée.
Une distinction est essentielle : les renforts, blindés, drones et aéronefs annoncés relèvent du dispositif dominicain de surveillance et de protection du territoire. Leur utilisation au profit des opérations salvadoriennes en Haïti n’a pas été confirmée.
De même, Abinader n’a annoncé aucun déploiement de troupes dominicaines sur le territoire haïtien.
UNE CRISE QUI MOBILISE LES ACTEURS RÉGIONAUX
Les déclarations du président dominicain illustrent la volonté de Saint-Domingue de suivre étroitement l’évolution de la situation haïtienne, tout en empêchant que l’insécurité ne menace son propre territoire.
Pour le Salvador, une éventuelle assistance dominicaine pourrait constituer un soutien supplémentaire aux opérations en cours. Mais son importance réelle dépendra des moyens effectivement fournis et des modalités de coordination entre les autorités concernées.
Les prochaines étapes devront permettre de déterminer la portée exacte de cette coopération : quels renseignements seront partagés, quelle assistance logistique sera accordée et dans quel cadre opérationnel ?
Pour l’heure, Abinader a confirmé une offre de coopération et le renforcement de la sécurité frontalière, mais pas l’engagement de moyens dominicains dans une opération militaire en Haïti. La différence est déterminante pour comprendre la portée réelle de son annonce.

