Haïti : Au moins 1 408 personnes tuées et 656 blessées au cours du deuxième trimestre 2026 (Rapport)

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Selon le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), au cours du deuxième trimestre de l’année (avril-juin 2026), au moins 1 408 personnes ont été tuées et 656 autres blessées.

« Ces chiffres montrent que la population continue de payer un lourd tribut, inacceptable, à la violence. Sa protection doit rester au cœur de tous les efforts visant à rétablir la sécurité, en particulier pour les enfants, les femmes et les autres personnes exposées à des risques accrus », a souligné le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti et Chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu.

Au cours du deuxième trimestre, la violence a affecté la capitale de manière inégale. Si des opérations de sécurité ont permis de limiter les activités des gangs dans certains quartiers de Port-au-Prince, tels que Delmas et Tabarre, d’autres ont connu une recrudescence de la violence, notamment en raison d’affrontements entre gangs dans les zones sous leur influence, dont Cité Soleil et la Plaine du Cul-de-Sac.

Entre avril et juin, des affrontements d’une extrême violence entre gangs rivaux ont été documentés dans la Plaine du Cul-de-Sac et dans plusieurs quartiers de Cité Soleil, sur fond de lutte pour le contrôle du territoire et l’accès à des sources de revenus illicites. Ces affrontements ont fait 463 morts et 256 blessés, et ont causé au moins 176 cas de viol — un niveau de violence inédit dans ces zones de la capitale depuis au moins le début de l’année 2024. Ils ont également contraint plus de 18 000 personnes à fuir leur domicile et entraîné la suspension de tous les services, y compris les soins de santé et l’éducation.

En dehors de la capitale, la violence des gangs est restée particulièrement préoccupante. Dans le département de l’Artibonite, les gangs ont poursuivi leur expansion territoriale en menant des attaques indiscriminées contre des localités, ciblant aussi bien les membres de groupes d’autodéfense et les habitants chez eux ou dans la rue que les agriculteurs travaillant dans leurs champs. La situation est demeurée tendue dans le département du Centre, notamment à Mirebalais et à Saut-d’Eau, où les gangs ont maintenu une présence. La violence des gangs a également touché le Sud-Est, où des incursions armées ont été documentées pour la première fois à Séguin.

Dans l’ensemble, les attaques perpétrées par des gangs ont été à l’origine de 55 % du nombre total de personnes tuées ou blessées au cours du trimestre.

D’autres formes d’exactions commises par les gangs sont restées également répandues. Au moins 81 personnes ont été enlevées à travers le pays, contre 57 au trimestre précédent, tandis qu’au moins 796 personnes ont été victimes de viols liés aux gangs — dont 772 femmes et 23 filles, 87 % d’entre elles ayant subi des viols collectifs. Ces victimes ont été soumises à une extrême brutalité, incluant des passages à tabac violents, des viols commis devant leurs enfants ou d’autres membres de leur famille, ainsi que l’incendie de leurs habitations, autant de moyens utilisés pour « punir » et déplacer de force les populations vivant dans des zones contrôlées par des gangs rivaux.

Parallèlement à la violence des gangs, plus de 40 % des personnes tuées ou blessées au cours de ce trimestre l’ont été dans le cadre d’opérations des forces de sécurité contre les gangs, impliquant parfois une société militaire privée étrangère par le biais de drones explosifs. Parmi les victimes de ces opérations des forces de sécurité, au moins 95 n’avaient aucun lien avec les gangs. Parmi elles, neuf personnes — dont six enfants — ont été tuées ou blessées lors d’opérations impliquant des drones explosifs.

Le rapport fait également état de 14 cas d’exécutions sommaires présumées ou de tentatives d’exécution sommaire impliquant des membres de la Police nationale d’Haïti, ce qui représente une baisse significative par rapport à la même période en 2025.

Enfin, le BINUH estime qu’environ 5 % des homicides et des blessures sont imputables à des groupes d’autodéfense ciblant des membres de gangs, des personnes accusées de collaborer avec des gangs ou des individus soupçonnés d’avoir commis des infractions.

Compte tenu de la gravité de la situation des droits de l’homme, le rapport souligne l’importance de maintenir Haïti à l’ordre du jour international et d’accélérer le déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG).

Le rapport appelle également les autorités haïtiennes à lancer rapidement les premières enquêtes des pôles judiciaires spécialisés — chargés des crimes de masse (y compris les violences sexuelles) et des crimes financiers — sachant que leurs locaux ont été inaugurés par le gouvernement et que des magistrats du parquet y ont été affectés.

Le rapport rappelle que tout recours à la force létale par les forces de l’ordre, ou par d’autres acteurs agissant pour le compte de l’État, doit être conforme au droit international des droits de l’homme ainsi qu’aux principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité, de non-discrimination, de précaution et de responsabilité. Il exhorte en outre à la mise en œuvre effective du processus de vérification des antécédents des policiers et à la traduction en justice des agents accusés de violations graves des droits de l’homme, tout en renforçant les programmes de prévention, de désengagement et de réinsertion des enfants impliqués dans des gangs.

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