Haïti : des accusations de viol visant des membres de la force internationale suscitent un bras de fer entre l’ONU et le Kenya

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Un rapport des Nations unies affirme que quatre cas de viol impliquant des membres de la force multinationale déployée en Haïti sous direction kényane ont été corroborés, dont un impliquant une fillette de 12 ans. Le Kenya conteste ces conclusions.

La question des violences sexuelles impliquant des forces étrangères en Haïti est au centre de l’actualité internationale.

Des accusations jugées fondées par l’ONU

Selon un rapport des Nations unies, quatre cas de viol impliquant des membres de la mission de soutien à la sécurité dirigée par le Kenya en Haïti ont été examinés et jugés fondés par des enquêtes.

D’après ce document consacré aux mesures spéciales de protection contre l’exploitation et les abus sexuels, les faits concernent des victimes âgées de 12, 16 et 18 ans. Le rapport précise que tous les cas ont été classés comme « violation corroborée ». Trois d’entre eux sont encore marqués comme « en attente ».

Ces allégations concernent la force multinationale de soutien à la sécurité en Haïti, majoritairement composée de policiers kényans, autorisée par le Conseil de sécurité en 2023 et déployée à partir de juin 2024.

Le rapport indique que les signalements ont été transmis au commandement de la mission pour enquête. Dans le cas impliquant la victime de 12 ans, une autre investigation aurait été menée directement par la mission, sans davantage de précisions sur ses conclusions.

Les Nations unies soulignent également que les enquêtes ont été réalisées par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, qui a conclu que toutes les allégations étaient « fondées ». William O’Neill, expert indépendant de l’ONU sur les droits humains en Haïti, a exprimé sa préoccupation, appelant à des recherches indépendantes et à des poursuites si nécessaire. Il a insisté sur la nécessité de transparence et de justice pour les victimes, estimant que des dispositifs spécialisés doivent être mobilisés pour les cas impliquant des enfants.

Le Kenya conteste les conclusions

Face à ces accusations, le Kenya conteste fermement les conclusions du rapport. Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères Musalia Mudavadi affirme que les enquêtes menées par une commission kenyane concluent au caractère « non fondé » des accusations. Nairobi soutient que ses investigations ont été impartiales et partagées avec les autorités concernées.

La mission kényane, qui constitue l’essentiel de la force d’environ 1 000 hommes déployée en Haïti pour lutter contre les gangs armés, est désormais sur le départ. Les Nations unies indiquent que les autorités onusiennes ont été alertées et que le sujet est suivi dans le cadre de la mise en place de la nouvelle force anti-gangs.

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