Haïti entre le suicide déshonorant du CPT… et un PM au pied du mur

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Roberson Alphonse

26 janvier 2026. Le CPT vit ses derniers jours. Le Conseil a lamentablement échoué. Aucun des objectifs fixés dans l’accord du 3 avril n’a été atteint. Le CPT s’est vautré dans la boue des combines, s’est associé à des initiatives anachroniques, dangereusement anti-démocratiques comme le projet mort-né de nouvelle mouture de la Constitution, les décrets sur la Haute Cour de justice et la diffamation. L’un sanctuarise la corruption et l’autre bâillonne la contestation en Haïti où il n’y pas de loi d’application sur l’accès à l’information.

Le comble, le CPT compte trois sanctionnés par les USA. Ils sont accusés d’être de connivence avec les gangs, désignés organisations terroristes par Washington. Outre Fritz Alphonse Jean et les deux conseillers dont les noms ne sont pas publics, il y a des indications que d’autres sanctions suivront. Et trois de ses membres sont indexés dans une affaire de corruption. 

Les cinq signataires de la résolution pour renvoyer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé seraient dans la ligne de mire ainsi que certains de leurs alliés, d’indécrottables anarchistes, des corrompus, chefs de partis, drapés d’une fausse respectabilité, selon des sources.  

Plusieurs sources interrogées par Le Nouvelliste ont assuré que la démonstration de force des Américains ne s’est pas faite sans sommation.

Au temps des premières manœuvres, fin 2025, les conseils ont été suivis de mise en garde : « ne testez pas les Américains ». En privé, lors d’échanges informels, dans les communiqués, le message aux conseillers présidentiels et autres responsables politiques était clair : la préservation de la stabilité est essentielle au rétablissement de la sécurité pour la tenue des élections.  

La majorité des membres du CPT qui sont aujourd’hui dans la tourmente étaient prévenus. Il est hors de question de laisser à des acteurs politiques non élus balancer au fond du précipice les efforts diplomatiques pour la ratification de la force de répression des gangs.

Mais alors pourquoi des conseillers présidentiels non élus, honnis, faibles, en dehors de tout accord politique ont livré ce bras de fer avec une partie de la classe politique, une portion de l’exécutif et la communauté internationale ?  

Voulaient-ils des « garanties » ?

Si oui, pourquoi ?

Est-ce qu’il y a trop de squelettes dans les placards de ces conseillers pour les porter à jouer le tout pour le tout ?

A choisir un suicide de la plus honteuse des manières ?

Le temps fournira les indications.

Comme souvent, dans ces batailles politiques, l’appui du Blanc ou du peuple fait pencher la balance. L’appui du Blanc, cependant, porte toujours, intrinsèquement, une fragilité. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’est pas plus fort aujourd’hui qu’il ne l’était hier.

Le « Blanc » a aplani des obstacles sur la voie qu’il a tracée pour mener à la stabilité, la sécurité et les élections. A une sorte d’administration hybride d’Haïti, un pays que l’on aide à contrôler ses frontières et ses douanes.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est attendu au tournant. Il est probable, après le 7 février, que des ministres de l’actuel gouvernement perdent leur portefeuille, que d’anciens conseillers présidentiels se retrouvent dans la tourmente judiciaire, que des alliés objectifs des gangs soient acculés, poursuivis pour complot contre la sûreté des institutions de la République.

Le timing, la durée et la manière de faire sera observé. La force du PM Fils-Aimé, comme d’autres, risque d’être sa plus grande faiblesse. Pour réussir, il doit incarner le rôle du guerrier farouche et celui d’un Premier ministre qui plane au-dessus des clans, des factions, des projets électoraux. Son seul objectif, comme l’avait fait Jocelerme Privert en son temps, doit être la réalisation d’élections impartiales, honnêtes. La conversation avec le pays, les forces politiques (espérons épurées) sera nécessaire pour apaiser le pays.

Si les plans sont maintenus et les moyens fournis, le déploiement des éléments de la force de répression des gangs entre avril et octobre 2026 devra fournir l’effectif et les moyens de consolidation des espaces récupérés par la PNH.

Il n’est un secret pour personne que les bandits sont aujourd’hui sur les talons. Ils ne sont pas vaincus. Les efforts envisagés pour renforcer le dispositif de sécurité de la frontière terrestre qui compte, avec la Polifront un peu plus de 300 membres pour sécuriser plus près de 400 kilomètres de frontières, sont louables.  

Mais pour inverser les rapports de force, avant le déploiement de la FRG -dont la présence peut limiter l’usage des drones kamikazes-, les forces de l’ordre, avant la fin du mois d’avril, doivent obtenir des victoires décisives. L’une d’elles est la reprise en main de Village de Dieu. Pour rétablir la prédominance psychologique et pour obtenir un avantage stratégique important.

Il semble, alors que la majorité du CPT s’éloigne des projecteurs et commence à arpenter le silence du ridicule, des engagements sont repris pour poursuivre l’assaut contre les gangs.

« Le gouvernement nourrit une confiance résolue : les territoires aujourd’hui affectés par la violence seront progressivement et durablement récupérés. Cette reconquête de l’espace national ouvrira la voie à un climat de sécurité propice à la réorganisation de la vie démocratique, à la tenue d’élections libres, inclusives et démocratiques en 2026, et au retour de l’espoir pour le peuple haïtien », a affirmé un communiqué de la Primature sur la visite ce lundi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé au quartier général des FAD’H en compagnie de Laurent St-Cyr, président du CPT.

Entre-temps, si le focus reste sur le rétablissement de la sécurité, la mise en déroute de Viv ansanm, les chances d’organiser les élections en 2027 deviendront sans doute une réalité. La page du CPT se tourne, Alix Didier Fils-Aime a l’onction et le paratonnerre du blanc. Rechercher et obtenir l’appui du peuple en s’occupant de son unique problème, l’insécurité, reste la clé de la réussite de cette transition.

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