Haïti : l’ONU salue les avancées électorales mais s’inquiète de l’insécurité persistante

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L’envoyé de l’ONU en Haïti a salué, jeudi, devant le Conseil de sécurité les progrès pour organiser des élections dans ce pays mais s’est inquiété des répercussions de l’insécurité, jugeant essentiel le déploiement intégral et opportun de la Force de répression des gangs (FRG).

« Haïti se trouve à un moment charnière, où les progrès politiques et institutionnels jettent les bases d’une voie crédible pour l’avenir », a affirmé le Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, Carlos Ruiz Massieu, lors de cette réunion du Conseil à laquelle participait le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé.

M. Massieu a souligné que les acteurs haïtiens sont catégoriques : les élections demeurent la seule voie légitime pour rétablir l’ordre constitutionnel.  

L’achèvement récent de l’enregistrement des partis politiques – une première depuis 2016 – constitue une étape décisive, a-t-il indiqué, saluant également la mise à jour en cours du cadre juridique électoral. D’autres étapes cruciales, telles que la révision et l’approbation du budget électoral, exigent une attention immédiate, a-t-il ajouté.

Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, informe le Conseil de sécurité de l'ONU de la situation en Haïti. Jack Christofides est assis à côté de lui.

1,4 million de personnes déplacées

L’envoyé de l’ONU a signalé que la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante, évoquant notamment le récent massacre de Jean-Denis, où des dizaines de personnes ont été tuées les 28 et 29 mars, ainsi que les attaques survenues à Marigot, le 11 avril.  

Aujourd’hui, plus de 1,45 million de personnes sont déplacées, principalement en raison de la violence. Sans améliorations tangibles sur le plan sécuritaire, il sera difficile de pérenniser les progrès accomplis, a-t-il prévenu.

Selon M. Massieu, alors que les forces de sécurité nationales continuent d’être renforcées, le déploiement intégral et opportun de la Force de répression des gangs est essentiel pour consolider ces efforts.

Il a indiqué aux membres du Conseil qu’avec un engagement national soutenu et un appui international coordonné, il est possible de transformer cette phase critique en un véritable tournant pour Haïti. Il a réitéré l’engagement des Nations Unies à œuvrer aux côtés des autorités haïtiennes pour aider à convertir cette fenêtre d’opportunité en progrès tangibles vers le rétablissement de la sécurité et la reconstitution des institutions démocratiques.

Jack Christofides, représentant spécial de la Force de répression des gangs, informe le Conseil de sécurité de la question relative à Haïti.

La Force de répression des gangs

Faisant le point sur le déploiement de la Force de répression des gangs, le Représentant spécial pour cette force, Jack Christofides, a souligné qu’elle ne partait « pas de zéro ». « Mais nous abordons la tâche différemment », a-t-il dit.

Il a expliqué que la FRG, créée le 30 septembre par la résolution 2793 du Conseil de sécurité, n’est pas conçue comme une fin en soi, mais comme un moyen de permettre aux institutions haïtiennes de reprendre le contrôle et de créer les conditions d’une stabilité à plus long terme.  

Un plan de déploiement a été élaboré en consultation avec les autorités haïtiennes. L’objectif est clair: réduire la capacité opérationnelle des gangs à un niveau que les institutions haïtiennes seront en mesure de gérer durablement, créant ainsi le temps et l’espace nécessaires pour permettre à l’État de réaffirmer son autorité.  

La constitution des forces progresse, grâce à des engagements « impressionnants » de la part des États Membres, a-t-il ajouté.  

« Pleinement conscients des risques inhérents à cette mission », il a souligné que la protection des civils, la prévention de l’exploitation et des abus sexuels, ainsi que le respect du droit international des droits humains sont au cœur de la planification et des opérations de la FRG.  

De même, la Force travaille en étroite collaboration avec les autorités haïtiennes pour veiller à ce que les dispositions relatives à la détention et au traitement des individus soient conformes aux normes juridiques et aux réalités opérationnelles. 

Fonds fiduciaire de soutien à la FRG

Lors d’un point de presse, jeudi, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a précisé que le Qatar a confirmé un engagement de 30 millions de dollars en faveur du Fonds fiduciaire de soutien à la FRG, dont 10 millions seront versés sur une période de trois ans.

Le Fonds fiduciaire a désormais reçu un total de 203,3 millions de dollars, dont 174,1 millions en espèces. 

Lors de la réunion du Conseil, le Premier Ministre haïtien a plaidé pour un déploiement rapide de la Force de répression des gangs.

Un large consensus s’est dégagé pendant la réunion sur la nécessité de soutenir la FRG et les forces nationales. Plusieurs États ont noté que les gains sécuritaires restent fragiles alors même que la stabilisation conditionne le bon déroulement des élections et le rétablissement de l’autorité de l’État. 

Today 12:26 PM

Haïti: le Kenya appelle à doter la Force de répression des gangs de ressources suffisantes

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Le représentant du Kenya, M. Erastus Lokaale, a indiqué que les opérations de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), qui ont débuté en juin 2024 avec un contingent de policiers kényans, ont démontré qu’il est possible de rétablir la sécurité en Haïti.  

Notant que la transition de la MMAS vers la Force de répression des gangs (FRG) approche de son terme, il a jugé impératif que la FRG soit pleinement opérationnalisée et dotée de ressources suffisantes.  

Garantir que la mission produise des effets tangibles et durables exigera une action collective, reposant sur une mise en œuvre opportune, un engagement politique soutenu ainsi qu’un financement prévisible et adéquat.  

Ce moment est particulièrement critique, car le dernier contingent combattant de la MMAS quittera le théâtre d’opérations à la fin du mois d’avril 2026, a-t-il signalé.  Today 11:59 AM

Haïti: la République dominicaine appelle la communauté internationale à redoubler d’efforts dans son soutien au pays

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« La République dominicaine a accompagné ce processus depuis sa création avec un engagement constant »

(Représentant de la République dominicaine)

Se réjouissant des progrès tangibles réalisés dans les trois volets de la nouvelle architecture de soutien à Haïti, le représentant de la République dominicaine a appelé la communauté internationale à redoubler ses contributions, tant à la Force de répression des gangs qu’au fonds qui soutient son fonctionnement.

Les progrès au niveau politique sont tout aussi essentiels pour la stabilité d’Haïti, a-t-il ajouté en soulignant les avancées significatives dans ce domaine.

Saluant les efforts du Groupe permanent des États associés, dirigé par les États-Unis et le Canada, le représentant dominicain a détaillé le soutien de son pays, dont le versement de 10 millions de dollars pour le soutien médical, logistique et opérationnel.

La République dominicaine s’engage à apporter une contribution supplémentaire en 2027 de 10 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale pour Haïti. Elle a également fourni des services d’évacuation médicale (MEDEVAC) au personnel de la Force et du BANUH.Today 11:55 AM

Haïti: le Premier Ministre haïtien appelle à soutenir davantage le déploiement de la Force de répression des gangs

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« L’urgence est absolue »

(M. Alix Didier Fils-Aimé, Premier Ministre d’Haïti)

Le Premier Ministre d’Haïti, M. Alix Didier Fils-Aimé, a indiqué que sans sécurité, aucun développement n’est possible.  

Il a fait savoir que grâce aux Forces armées d’Haïti, à la Police nationale d’Haïti et à la Force de répressions des gangs (FRG), plusieurs zones de la capitale sont progressivement reprises [des mains des gangs].  « La vie économique et sociale y reprend timidement mais sûrement ».  

L’urgence est absolue, a-t-il déclaré, le déploiement de la FRG doit s’opérer sans délai, pendant que nous agissons également sur le moyen terme.  

Il a appelé le Conseil de sécurité à soutenir « davantage, rapidement et concrètement », le déploiement de la Force de répressions des gangs, notamment sur les plans logistiques et financiers.  Today 11:55 AM

Haïti: la Fédération de Russie s’inquiète du contexte de déploiement de la Force de répression des gangs

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Le représentant de la Fédération de Russie, M. Vassily A. Nebenzia, a appelé à éviter les ingérences extérieures dans le processus électoral.  

Le peuple haïtien doit déterminer de manière autonome son destin.  Et il faut garantir les conditions sécuritaires pour que les élections aient lieu, a-t-il souligné, notant que les gangs continuent de contrôler une grande partie du territoire haïtien et achètent des armes provenant des États-Unis.  

La découverte d’une balle dans un avion transportant un contingent tchadien de la Force de répression des gangs (FRG) est le signe que son déploiement ne sera pas une partie de plaisir.  

L’avenir, a-t-il ajouté, réserve encore de véritables épreuves.  

Il a également appelé à éviter un vide sécuritaire pendant le retrait du contingent kenyan de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) et une régression des résultats fragiles obtenus par ce dernier.  

Haïti: la Colombie souligne l’importance de combattre l’impunité

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Le représentant de la Colombie, M. Raúl Esteban Sánchez Niño, a souligné qu’un engagement ferme de tous les secteurs en faveur de la démocratie, de la justice et de l’état de droit est tout aussi indispensable.  

Il s’est inquiété de l’absence de résultats dans les enquêtes de haut niveau.  

Notre histoire nous a appris qu’il ne peut y avoir de paix sans justice.  La lutte contre l’impunité, notamment contre ceux qui financent, incitent à la violence et en tirent profit, est essentielle à la construction d’une paix durable, a-t-il souligné.  

Il a également signalé que la légitimité du processus électoral dépendra des garanties offertes pour la participation effective de l’ensemble de la population, en particulier des femmes, des jeunes, des personnes déplacées, de la diaspora et des populations vivant dans les zones contrôlées par des gangs.  Today 10:57 AM

Haïti: le Panama s’inquiète de la gravité des violations des droits humains

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« La République sœur d’Haïti, pionnière historique dans la libération contre l’esclavage et la domination coloniale, traverse aujourd’hui une crise où la violence de quelques-uns empêche de vivre ceux qui ne prennent pas les armes »

(M. Eloy Alfaro de Alba, représentant du Panama)

Le peuple haïtien continue de subir des violations des droits humains « disproportionnellement graves », s’est inquiété le représentant du Panama, M. Eloy Alfaro de Alba, en soulignant par exemple que les gangs comptent environ 50% de mineurs dans leurs rangs.

Il a par ailleurs jugé inacceptable qu’il y ait des cas d’abus sexuels sur des femmes et des filles associés au personnel kényan de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), appelant à mettre en application à cet égard la résolution 2793 (2025), qui définit des garanties claires dans les domaines de la prévention, de la conduite, du suivi et de l’enquête.

Le représentant a aussi souligné les risques liés à l’utilisation des drones dans les zones densément peuplées, tout en soulignant l’importance d’établir des mécanismes de communication clairs avec les acteurs humanitaires sur le terrain.  Today 10:46 AM

Haïti: les États-Unis saluent les avancés dans l’opérationnalisation de la Force de répression des gangs

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« On ne pourra sortir du cycle de violence qu’en offrant des alternatives crédibles à la population »

(Mme Jennifer Locetta, représentante des États-Unis)

Mme Jennifer Locetta, représentante des États-Unis, a misé sur les actions entreprises pour lutter contre la violence des gangs et espéré que quand les armes se tairont, la population se verra offrir des emplois.

Mais la stabilité ne pourra pas être obtenue seulement par les forces de sécurité, a-t-elle prévenu. En attendant, elle s’est félicitée de l’opérationnalisation de la Force de répression des gangs (FRG) qui comptera 5 500 effectifs.

Nous en mesurerons le succès à l’aune de la rapidité à laquelle Haïti pourra ne plus avoir besoin de la force de l’ONU, a-t-elle noté. « Cette transition a commencé. »Today 10:41 AM

Haïti: le point sur le déploiement de la Force de répression des gangs

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« Nous ne partons pas de zéro.  Mais nous abordons la tâche différemment »

(M. Jack Christofides, Représentant spécial de la Force de répression des gangs)

Le Représentant spécial de la Force de répression des gangs (FRG), M. Jack Christofides, a expliqué que la FRG, créée le 30 septembre par la résolution 2793 du Conseil de sécurité, n’est pas conçue comme une fin en soi, mais comme un moyen de permettre aux institutions haïtiennes de reprendre le contrôle et de créer les conditions d’une stabilité à plus long terme.  

Un plan de déploiement a été élaboré en consultation avec les autorités haïtiennes.  L’objectif est clair: réduire la capacité opérationnelle des gangs à un niveau que les institutions haïtiennes seront en mesure de gérer durablement, créant ainsi le temps et l’espace nécessaires pour permettre à l’État de réaffirmer son autorité.  

La constitution des forces progresse, grâce à des engagements « impressionnants » de la part des États Membres, a-t-il ajouté.  

« Pleinement conscients des risques inhérents à cette mission », il a souligné que la protection des civils, la prévention de l’exploitation et des abus sexuels, ainsi que le respect du droit international des droits humains sont au cœur de la planification et des opérations de la FRG.  

De même, la Force travaille en étroite collaboration avec les autorités haïtiennes pour veiller à ce que les dispositions relatives à la détention et au traitement des individus soient conformes aux normes juridiques et aux réalités opérationnelles.  Today 10:35 AM

Haïti: l’ONU salue les progrès pour organiser des élections mais s’inquiéte des répercussions de l’insécurité

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« Haïti se trouve à un moment charnière, où les progrès politiques et institutionnels jettent les bases d’une voie crédible pour l’avenir »

(M. Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial du Secrétaire général)

Le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Carlos Ruiz Massieu, a souligné que les acteurs haïtiens sont catégoriques: les élections demeurent la seule voie légitime pour rétablir l’ordre constitutionnel.  

L’achèvement récent de l’enregistrement des partis politiques —une première depuis 2016— constitue une étape décisive, a-t-il indiqué, saluant également la mise à jour en cours du cadre juridique électoral.  D’autres étapes cruciales, telles que la révision et l’approbation du budget électoral, exigent une attention immédiate, a-t-il ajouté.  

Il a par ailleurs signalé que la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante, évoquant notamment le récent massacre de Jean-Denis, où des dizaines de personnes ont été tuées les 28 et 29 mars, ainsi que les attaques survenues à Marigot, le 11 avril.  

Aujourd’hui, plus de 1,45 million de personnes sont déplacées, principalement en raison de la violence.  

Sans améliorations tangibles sur le plan sécuritaire, il sera difficile de pérenniser les progrès accomplis, a-t-il prévenu.  

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