L’After FC recevait ce jeudi Sebastien Migné, technicien français, qualifié pour la prochaine Coupe du monde aux États-Unis avec Haïti. Le sélectionneur des Grenadiers a expliqué les raisons de la non-sélection du Lensois Odsonne Edouard à quelques mois du Mondial.
Sébastien Migné, qui mènera Haïti au Mondial 2026, 51 ans après la dernière participation, était l’invité de l’After FC ce jeudi. Natif de La Roche-sur-Yon, le sélectionneur est revenu pour RMC Sport sur la construction de son groupe et notamment sur la question des binationaux avant la compétition estival où les Grenadiers défieront le Maroc, le Brésil et l’Ecosse.
Un défi immense, mais à l’image du projet porté par Migné: ambitieux, structuré et nourri par une génération aux trajectoires multiples, prête à écrire une nouvelle page de l’histoire du football haïtien malgré des conditions de travail un peu particulières.
Migné n’a jamais mis les pieds en Haïti
Un tournoi que le technicien prépare de manière un peu spéciale puisqu’en raison de al crise politique sur place, il n’a pas encore pu se rendre sur l’île des Caraibes.
« Malheureusement, pour des raisons politiques, je n’ai pas pu me rendre en Haïti depuis mon intronisation. On a la chance d’avoir des plateformes dédiées qui me permettent de suivre les prestations de mes garçons sur place. J’utilise Wyscout, BeSoccer », a indiqué le technicien pour l’émission l’After FC sur YouTube. « Si je vais en Haïti, il faudrait qu’il y ait un championnat organisé, c’est compliqué. Les ambassades des États-Unis et de la France sont fermées. Même si je venais à découvrir un joueur localement, ce serait un vrai chemin de croix pour le faire sortir du pays. »
« Depuis mon intronisation, j’ai fait le point sur les binationaux »
83e au classement FIFA, Haïti doit composer avec un vivier important de binationaux. Sébastien Migné est revenu sur les discussions menées, notamment autour du cas de Wilson Isidor (Sunderland).
« Au-delà du cas Wilson, depuis mon intronisation, j’ai fait le point sur les binationaux qui pourraient nous rejoindre. C’est difficile pour eux, et certains taxeront Wilson de nous rejoindre une fois qualifiés. Il faut comprendre que chacun a sa propre culture, familiale, de club, avec ses agents. Duvergne a été du premier rassemblement en Guyane, ça a été plus long pour Casimir, qui était à Belgrad », a encore expliqué le sélectionneur. « Pour Wilson, ce n’était pas encore le moment. J’étais en contact avec son agent et, à un moment, la fédération a fait un effort sur les moyens de transport. Il va venir avec beaucoup d’humilité, comme une brique pour renforcer les fondations de notre socle. »
Wilson Isidor devrait ainsi porter pour la première fois le maillot haïtien lors de la prochaine trêve internationale. Haïti affrontera la Tunisie et l’Islande à Toronto, au Canada, les 29 et 31 mars, pour ses derniers réglages avant le Mondial 2026.
Le cas Odsonne Edouard
Si un accord a été trouvé avec Wilson Isidor, la situation est différente pour Odsonne Edouard. La présence du Lensois au Mondial semble aujourd’hui compromise.
« Concernant Odsonne Edouard, on ne peut jamais dire jamais. Les qualités du joueur ne sont pas remises en doute », a glissé Sébastien Migné auprès de RMC Sport. « Mais aujourd’hui, je souhaitais que, s’il y avait de nouvelles têtes, elles soient présentes au mois de mars. À partir du moment où elles ne sont pas là en mars, je vous laisse juger. Odsonne doit aussi attendre la liste de Didier Deschamps. Moi, je veux des joueurs convaincus à 150 %. »

