5 novembre 2025
Le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert R. Ramdin, a présenté aujourd’hui au Conseil permanent de l’institution la mise à jour (version 3) de la Feuille de route pour la stabilité et la paix en Haïti í, un plan global destiné à rétablir la stabilité en Haïti et à remettre le pays sur la voie du développement et de la prospérité. Ce plan bénéficie d’un large soutien international et sa première version a été présentée en août.
Il a également lancé un appel à « agir d’urgence », soulignant que « le temps est compté » et que les États membres et les partenaires doivent « intensifier nos engagements concrets » afin de passer des intentions aux actions réelles susceptibles d’alléger les souffrances du peuple haïtien et d’établir les bases de la stabilité, de la démocratie et de l’espoir, sous leadership haïtien et avec une coordination internationale efficace.
Le Secrétaire général a souligné la gravité du moment et la nécessité de décisions immédiates :
« Le temps presse ; nous devons agir avec urgence et avec des engagements concrets pour soutenir le peuple haïtien et aider à rétablir la stabilité, la démocratie et l’espoir », a-t-il affirmé.
Il a également mis en garde contre la dynamique sur le terrain, indiquant que « nous observons que les gangs opèrent avec une liberté apparente », ce qui rend plus urgente encore l’accélération des processus de coordination et de déploiement.
M. Ramdin a précisé que l’OEA maintient un dialogue étroit avec le leadership haïtien et une coordination permanente avec l’ONU, la CARICOM et les partenaires clés, afin de traduire les priorités haïtiennes en actions concrètes et vérifiables.
Trois axes d’action immédiats
Lors de son intervention, le Secrétaire général a expliqué que les discussions actuelles de l’OEA avec les principaux acteurs du soutien à Haïti, y compris les autorités politiques haïtiennes, portent sur trois axes prioritaires :
1. La sécurité, avec la mise en œuvre, la coordination et le suivi de la Force de répression des gangs (FRG) ;
2. Le dialogue politique et les arrangements de gouvernance au-delà de février 2026 ;
3. La préparation et le soutien électoraux.
M. Ramdin a insisté sur le fait que les progrès humanitaires et électoraux dépendent d’avancées tangibles en matière de sécurité et de gouvernance. Il a indiqué que la mise à jour est alignée sur la Résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui prévoit la création de la GSF et du Bureau d’appui des Nations Unies pour Haïti (BANUH), et attribue à l’OEA des fonctions logistiques en appui à la réponse sécuritaire — en coordination avec la FRB —, notamment la construction d’infrastructures opérationnelles, le soutien à la planification et la supervision d’opérations conjointes avec la Police nationale d’Haïti (PNH), ainsi que la gestion d’informations opérationnelles sensibles, entre autres tâches, en complément de l’initiative SECURE-Haïti.
Nouvelles mesures et calendrier
Le Secrétaire général a également indiqué que, compte tenu de la transition vers l’BANOH prévue pour le 1ᵉʳ avril, l’OEA travaille à combler le vide opérationnel entre janvier et avril grâce à des ressources supplémentaires. Il a convoqué une réunion virtuelle de partenaires (OEA, ONU, CARICOM et leadership haïtien) pour le 12 novembre, et a invité les États membres à présenter des candidatures pour le poste de Représentant spécial de la GSF, ainsi qu’à mobiliser des contributions pour la GSF et le programme SECURE-Haïti, une initiative de l’OEA visant à appuyer la PNH par des fournitures essentielles, de la logistique et des infrastructures, tout en coordonnant les contributions des États membres et des partenaires afin de combler les lacunes de capacités et d’accélérer le déploiement des moyens de sécurité.
Principales nouveautés de la version 3 de la Feuille de route
• Contributions des États membres : la mise à jour intègre des apports substantiels et réaffirme les principes directeurs : la sécurité comme condition préalable, le leadership haïtien et l’appropriation nationale, ainsi qu’une coordination OEA–ONU–CARICOM.
• Alignement avec la Résolution 2793 du Conseil de sécurité (30 septembre 2025), qui établit la GSF en remplacement de la Mission multinationale de sécurité (MSS) et crée l’BANOH
• Articulation opérationnelle avec SECURE-Haïti : l’OEA se voit confier, avec la FRB, des responsabilités logistiques, notamment l’infrastructure opérationnelle, le soutien à la planification et à la supervision des opérations conjointes avec la PNH, ainsi que la gestion de données sensibles.
• Continuité institutionnelle : à la demande des États membres, une disposition est ajoutée pour qu’en cas d’expiration du Conseil présidentiel de transition (CPT) sans successeur légitime, l’OEA, la CARICOM et l’ONU travaillent avec les autorités haïtiennes afin d’éviter un vide de pouvoir.
• Priorités haïtiennes : la version 3 reflète les priorités techniques identifiées par les autorités haïtiennes et intègre les résultats de la récente visite du Premier ministre Fils-Aimé à l’OEA.
Le Secrétaire général a également indiqué que son bureau travaille à reprogrammer sa visite en Haïti pour la début décembre, initialement prévue fin octobre mais reportée en raison des effets de l’ouragan Melissa.
Qu’est-ce que la Feuille de route ?
La Feuille de route sur Haïti est un plan dirigé par Haïti et soutenu par la communauté internationale, coordonné par l’OEA, la CARICOM et le système des Nations Unies.
C’est un cadre dynamique et évolutif, qui relie des mesures d’urgence à des réformes structurelles, sous un engagement transversal pour les droits humains, l’État de droit et la reddition de comptes.
Elle repose sur cinq piliers :
1. Sécurité et paix ;
2. Consensus politique et gouvernance ;
3. Processus électoral et légitimité ;
4. Réponse humanitaire ;
5. Développement durable et progrès économique.
La mise en œuvre comprend un «Tableau de Bord de la Feuille de Route pour Haïti» pour la transparence, le suivi et l’alignement des donateurs.
La Feuille de route prévoit également un La Feuille de route propose également un Mécanisme de Groupe de Coordination (CGM) composé de l’OEA, de l’ONU, de la CARICOM et des autorités haïtiennes, un Groupe des amis d’Haïti, un Groupe interdépartemental de l’OEA pour Haïti, et d’autres espaces interagences avec la participation des autorités haïtiennes et des partenaires internationaux.
La désignation d’un Représentant spécial de l’OEA pour Haïti est également envisagée.
Référence : F-069/25



