L’ONU se prépare à étendre sa présence en Haïti

Date:

29 janvier 2026 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé jeudi de renouveler pour un an le mandat de la mission politique des Nations Unies en Haïti, le BINUH, alors qu’au même moment l’Organisation prépare l’établissement d’un autre bureau pour appuyer la force internationale chargée de la répression des gangs qui sévissent dans le pays.

Dans cette résolution présentée par les Etats-Unis et le Panama et adoptée à l’unanimité par ses quinze membres, le Conseil a décidé de proroger jusqu’au 31 janvier 2027 le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).

Le Conseil de sécurité se dit inquiet de la situation critique qui règne en matière de sécurité et du manque de progrès accomplis par les parties prenantes haïtiennes en ce qui concerne la transition politique.

Il condamne l’augmentation des violences, des activités criminelles et des violations des droits humains. Il est aussi préoccupé par la circulation continue d’armes et de munitions illicites à destination de Haïti.

Le Conseil de sécurité a révisé le mandat du BINUH, qui est chargé de couvrir six tâches clés de manière intégrée avec les entités des Nations Unies présentes dans le pays.

Ces tâches portent sur l’assistance électorale et la facilitation d’un dialogue national inter-haïtien en soutien aux processus politique et constitutionnel ; l’appui à la réduction de la violence communautaire et au désarmement, au démantèlement et à la réintégration des gangs armés ; l’assistance aux autorités haïtiennes dans le secteur de la justice ; et le suivi et la communication d’informations sur les cas de violence des gangs, les activités criminelles et les violations des droits humains.

Préparatifs pour le nouveau Bureau d’appui, le BANUH

Ce renouvellement de la mission politique de l’ONU en Haïti intervient alors que les Nations Unies se préparent à l’établissement du Bureau d’appui chargé de fournir un soutien logistique à la Force de répression des gangs (FRG).

Fin septembre le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé une mission multinationale non onusienne, forte de 5 550 soldats et policiers, pour lutter contre les gangs. Cette force sera épaulée sur les plans logistique et financier par un nouveau Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti (BANUH), qui devra être opérationnel d’ici le 31 mars 2026, avant un déploiement complet de la FRG « quelques mois plus tard ».

« Le Département du soutien opérationnel des Nations Unies mène les efforts visant à établir et à rendre opérationnel le Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti », a expliqué, mercredi, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse.

Des personnes déplacées dorment sur des tapis à l'intérieur de l'ancienne Lycée Marie Jeanne pour filles à Port-au-Prince, en Haïti, au milieu de la violence et de l'activité des gangs.

Un bureau à Saint-Domingue

Le directeur par intérim de ce bureau, Stephen McOwan, est arrivé à Port-au-Prince ce week-end, rejoignant une trentaine d’employés du BANUH déjà déployés dans la capitale haïtienne. Un autre bureau du BANUH, situé à Saint-Domingue, en République dominicaine, a été créé la semaine dernière pour fournir des services en matière de ressources humaines, de finances et de voyages et compte déjà 15 employés, a-t-il précisé.

« Nous prévoyons l’arrivée de collègues supplémentaires en Haïti et en République dominicaine d’ici la fin février 2026 », a précisé M. Dujarric.

Le premier moyen aérien du Bureau d’appui, un hélicoptère, est désormais à Port-au-Prince. « Il s’agit d’une étape importante pour la logistique et la mobilité opérationnelle de nos collègues », a estimé le porte-parole du Secrétaire général.

« Nos collègues affirment que le Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti est en bonne voie pour respecter les délais fixés par le Conseil de sécurité, à savoir fournir un soutien logistique et opérationnel à la Force de répression des gangs d’ici le 31 mars de cette année », a-t-il ajouté.

Share post:

Les + Populaires

Plus d'Articles
Similaires

Tchad : N’Djamena annonce l’envoi de 1 500 soldats en Haïti dans le cadre d’une mission onusienne

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a annoncé, lundi, la contribution de son pays à la force multinationale déployée en Haïti, avec un contingent total de 1 500 soldats, dans le cadre d’une mission soutenue par les Nations Unies visant à lutter contre les gangs armés. Dans une déclaration adressée aux parlementaires, le chef de l’État a souligné l’engagement historique du Tchad en faveur de la paix et de la sécurité internationales.

Kenya: Chaos in Haiti As Civilians Attempt to Block Departure of Kenyan Police Officers

Haitian civilians reportedly blocked exit routes used by Kenyan police officers in parts of central Haiti, fearing that their withdrawal could expose communities to renewed gang attacks as the Kenya-led Multinational Security Support (MSS) Mission winds down operations in the Caribbean nation. Amateur videos circulated from Petite Rivière and Pont-Sondé showed crowds barricading roads and attempting to stop security convoys headed toward St. Marc and other exit points. The situation reportedly forced the use of helicopters to evacuate officers from volatile areas after ground movement was deemed unsafe.

The Haitians Paying Smugglers To Escape Trump’s America

Early one Sunday morning last August, the Royal Canadian Mounted Police stopped a U-Haul truck just over the Canadian border. Inside the trailer, no larger than a small bedroom, were 44 people struggling to breathe, including a pregnant woman and a 4-year-old child. They were mostly Haitians, who had paid smugglers thousands of dollars to get them out of the country that they previously considered safe: the United States. Many Haitian immigrants who have been living in the U.S. have chosen to undertake the expensive and treacherous process of crossing the Canadian border, rather than waiting to see if they’ll be deported by the Trump administration.

France Advances Dialogue on Reparations and Cultural Restitution Tied to Colonial Slavery

the French Parliament passed a framework law aimed at the restitution of cultural goods looted during the colonial era, marking a significant legislative step in addressing France's colonial legacy. This law now proceeds to a joint parliamentary committee for further review, signaling growing  political willingness to confront sensitive historical issues related to colonial slavery.