Les derniers policiers kényans quittent Haïti avec un bilan mitigé

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Les 150 derniers policiers kényans ont quitté le pays lundi. La force, sous mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, avait été déployée en juin 2024 pour soutenir la police haïtienne dans sa lutte contre les gangs. Près de deux ans plus tard, trois policiers kényans y ont perdu la vie et le bilan est très limité.

Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

En visite en Haïti lundi, le ministre de l’Intérieur kényan, Onesimus Kipchumba Murkomen, a salué le travail de la mission multinationale, citant notamment la sécurisation de l’aéroport et de plusieurs axes routiers. Les gangs contrôlent toutefois toujours la quasi-totalité de Port-au-Prince et ont, annonçait l’ONU fin mars, étendu leur violence à la périphérie de la ville au cours des douze mois précédents, consolidant leurs axes stratégiques.

Un bilan limité

Toujours d’après l’organisation internationale, plus de 5 000 personnes ont été tuées en Haïti entre mars 2025 et janvier 2026, dont plus de 3 000 lors d’opérations menées contre les gangs par les forces de sécurité et au moins 1 400 dans les violences perpétrées par les gangs. L’ONU a par ailleurs indiqué avoir reçu et « jugé fondées » quatre accusations d’« exploitation et d’atteintes sexuelles » visant des membres de la mission, dont trois concernant des viols sur mineures. Le Kenya a rejeté ces accusations, affirmant avoir mené sa propre enquête.

Le bilan de la force apparaît donc limité. En septembre dernier, le président William Ruto déplorait lui-même une mission sous-financée et sous-équipée, n’ayant opéré qu’à 40 % de sa capacité. Sur les 2 500 effectifs prévus, moins de 1 000 ont été déployés, en grande majorité des Kényans.

La mission multinationale de sécurité laisse place à la Force de répression des gangs, dont le nombre de membres devrait passer à 5 500. Le Tchad a déjà promis 1 500 hommes.

Les derniers membres de la force kényane embarquent à bord d’un avion après que le contingent a aidé à former et à assister la police haïtienne dans ses efforts pour rétablir la stabilité, mais a peiné à progresser dans la lutte contre les bandes armées violentes, à Port-au-Prince, Haïti,

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