Haïti : à la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, l’incertitude politique domine

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Le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) arrive à son terme ce samedi 7 février 2026, après 22 mois passés à gouverner un pays sans président, dans un climat d’extrême contestation et de montée des gangs. Sans élections organisées, mais avec une insécurité toujours plus grande, et plus de 10 000 personnes tuées dans le pays depuis le début de sa mission, le mandat du CPT est un échec. Ses derniers jours auront été particulièrement agités, entre tentative de renversement du Premier ministre et pressions américaines.

Les trois navires de guerre états-uniens dans la baie de Port-au-Prince en disent long sur l’atmosphère qui règne en HaïtiLes gangs contrôlent 80% de la capitale et renforcent leur présence dans plusieurs régions.

Mais la crise est aussi politique. Un nouveau calendrier électoral a été adopté en décembre 2025. Des élections générales avec un premier tour doivent se tenir le 30 août 2026, et un second, le 6 décembre. En attendant, l’incertitude est totale sur la durée et la forme que prendra la nouvelle transition. Et la lutte d’influence bat son plein.

À quelques jours de la fin de leur mandat, cinq des sept membres du CPT ont appelé à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le président de la transition, Laurent Saint-Cyr, a refusé de donner suite. Et Washington a sanctionné cinq conseillers accusés de collusion avec les gangs.

Cette semaine, trois membres de ce Conseil ont multiplié les rendez-vous politiques pour tenter de préparer la suite.

Mais le soutien de l’administration Trump au Premier ministre est indéfectible. Et à ceux qui chercheraient à le renverser, les trois navires de guerre qui mouillent dans la baie de Port-au-Prince sonnent comme un nouvel avertissement.

Les habitants de Port-au-Prince critiques du CPT

À l’heure du bilan, à Port-au-Prince, les réactions ne manquent pas. Pour Mysuel Tymothé, interrogé à Pétion-Ville, l’échec de cette structure est cuisant. « Il est clair que deux ans après, c’est un échec total, un échec absolu. La situation s’est aggravée, s’inquiète-t-il auprès de notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama. Avant, il y avait encore des espaces, des quartiers où la population habitait. Aujourd’hui, ces quartiers sont perdus, contrôlés par les gangs. Je pense qu’à 98 ou 99%, le CPT n’a rien fait de sérieux pour le pays. »

Gaspillage des fonds publics, corruption, indifférence à l’égard de la population… Pour Jhonny Baptisma, voilà ce qui caractérise ces deux ans du CPT à la tête du pays. « Le CPT, c’est l’échec total, l’échec sur toute la ligne, estime-t-il. D’abord sur le plan administratif, c’est de la gabegie totale. Plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition sont d’ailleurs cités dans des dossiers louches de corruption. On avait espéré qu’ils dépasseraient les clivages et qu’ils penseraient vraiment au pays, mais au final, c’est l’échec total. »

En cette fin de règne, le sentiment dominant à Port-au-Prince est celui d’une transition manquée, dans un pays toujours plongé dans l’incertitude. D’autres citoyens, à l’image de Bedson, disent attendre un changement après le CPT : « Le changement, c’est tout le temps que nous y pensons, que nous en rêvons. Nous voulons l’organisation des élections, nous voulons de la sécurité. Nous voulons du changement. C’est ce que nous attendons, et rien de plus. »

Un changement qui semble n’être pas pour demain. Car, à la veille du 7 février, le flou persiste, le pays reste dans l’incertitude, personne ne sait qui dirigera Haïti après cette date.

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