Ce qui est prévu le 7 février…Jour J‑1.

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Robenson Geffrard, Le Nouvelliste

Jour J‑1. Dans vingt‑quatre heures, le mandat du Conseil présidentiel de transition arrivera officiellement à son terme. Et contrairement à ce qu’aurait voulu l’esprit de la transition, aucune passation de pouvoir vers de nouveaux dirigeants élus n’aura lieu. Un constat qui, à lui seul, souligne l’échec du CPT à mener à bien la mission qui lui avait été confiée.

Ce samedi 7 février, la Villa d’Accueil servira de décor à une cérémonie en demi‑teinte. En présence du corps diplomatique et de plusieurs invités, le président du Conseil présidentiel prononcera un discours d’adieu. Il remettra ensuite, selon ce qu’a appris Le Nouvelliste, les rênes de l’exécutif au Premier ministre, chargé d’assurer la continuité de l’État, une continuité dont les contours demeurent encore flous et largement indéfinis.

Le Conseil présidentiel de transition quittera la scène ce samedi 7 février dans un climat profondément entaché. Accusé tout au long de son mandat de dérives graves : corruption, népotisme, trafic d’influence, privilèges indus et avantages jugés indécents, l’organe collégial finit son parcours dans un discrédit rarement observé dans l’histoire politique récente du pays.

À ces scandales s’est ajoutée une crise interne persistante, dont les divisions et les luttes de pouvoir auraient contribué, selon plusieurs observateurs, à fragiliser davantage l’État et à offrir un terrain favorable à la montée en puissance des groupes criminels.

Le CPT laisse derrière lui un paysage institutionnel affaibli, une transition inachevée et un sentiment largement partagé d’échec collectif. Un héritage lourd, à l’heure où le pays s’apprête une nouvelle fois à naviguer dans l’incertitude

Ce samedi 7 février, c’est par la petite porte que les membres du Conseil présidentiel de transition quitteront le pouvoir. Selon les informations obtenues par Le Nouvelliste auprès d’une source proche de Laurent Saint‑Cyr, le président du Conseil prononcera, ce jour‑là, un discours à la Villa d’Accueil. À l’issue de cette allocution, Laurent Saint‑Cyr devrait transférer l’autorité exécutive au Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé et à son gouvernement, marquant ainsi la fin formelle d’un mandat de transition qui n’aura pas réussi à mener le pays vers une véritable normalisation institutionnelle.

« Après le départ du CPT, il faut quelqu’un en charge du pays. Pour le moment, c’est le Premier ministre et le Conseil des ministres qui sont les mieux placés pour le faire. Le corps diplomatique, les membres du gouvernement, les partenaires internationaux et la presse seront invités à assister à ce transfert de pouvoir », a rapporté au Nouvelliste notre source proche de Laurent Saint-Cyr.

Interrogé sur l’initiative des conseillers présidentiels Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles qui ont réalisé des assises visant à désigner un Premier ministre et un autre Conseil présidentiel de trois membres, cette source proche de Laurent Saint-Cyr indique qu’il s’agit d’une initiative vouée à l’échec.

Lors d’une rencontre mercredi avec les initiateurs des assises, le président du CPT leur a fait savoir que lui et trois autres membres du CPT dont deux membres votants n’ont pas été informés de ce round de dialogue, a indiqué au Nouvelliste notre source.

« Nous considérons que ces assises sont non légitimes parce que le CPT n’avait pas mandaté ces conseillers présidentiels en ce sens », affirme notre contact proche de Laurent Saint-Cyr.

Pour compenser le manque de légitimé, le président du CPT, a-t-il ajouté, a demandé aux conseillers présidentiels initiateurs des assises d’élargir le cadre du dialogue pour avoir plus de représentativité en rencontrant d’autres groupes organisés du pays comme le G10 composé par Fanmi Lavalas, PHTK, RDNP, OPL, KONBA, UNIR, EN AVANT, Nouvelle Orientation et ASE; les organisations politiques et de la société civile qui avaient rencontré la semaine dernière le Groupe des Éminentes personnalités de CARICOM. 

« Nous avons été surpris d’apprendre ce jeudi qu’ils ont utilisé une salle à la Villa d’Accueil pour organiser un vote visant à désigner Leslie Voltaire comme président de la transition après le 7 février. C’est un processus suicidaire qui n’aboutira pas », s’insurge cette source proche de Laurent Saint-Cyr, soulignant qu’ils n’auront pas cinq votes nécessaires pour avoir une majorité.

La version d’Edgard Leblanc Fils…

Joint au téléphone jeudi soir, le conseiller présidentiel Edgard Leblanc Fils a confié au Nouvelliste qu’il n’y a pas encore eu de vote pour le choix du représentant du CPT au nouveau Conseil de trois membres, décidé dans les assises. « Lors de la réunion du CPT mercredi, le premier point à l’ordre du jour était les assises. Nous avons fait le compte-rendu des assises et présenté la résolution de première journée et la résolution de la fin des assises », a-t-il expliqué au journal.

Edgard Leblanc Fils souligne que le directeur de cabinet du CPT devrait tout simplement annexer les procès-verbaux des assises au procès-verbal de la rencontre du CPT. Pour lui, le CPT est au courant des assises et la commission va continuer avec le processus.

Interrogé sur la possibilité que Laurent Saint-Cyr ne donne pas suite à la résolution des assises comme il l’avait fait pour la résolution visant à révoquer le Premier ministre, Edgard Leblanc Fils indique en souriant : « à mon avis, je pense que Laurent ne fera pas la même chose… si Laurent pense qu’il est un super chef, on va voir…»

S’agissant de ce qui va se passer le 7 février, Monsieur Leblanc indique que la commission des assises est à pied d’œuvre…

La CARICOM poursuit ses rencontres…

Parallèlement jeudi, le Groupe des Éminentes personnalités de la CARICOM rencontrait des acteurs politiques et de la société civile. « Pas de décision finale !  Il faut poursuivre les discussions pour trouver une formule en vue de remplacer le CPT », a rapporté au Nouvelliste Me André Michel à l’issue de la rencontre.   

Selon lui, « le seul élément de consensus entre les acteurs politiques et de la société civile réside dans la nécessité d’un exécutif bicéphale pour conduire le pays aux élections à la fin de l’année 2026. Nous allons continuer à travailler entre nous pour faire émerger une formule de remplacement du CPT dont le mandat arrive à terme dans 48 heures ! »

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