Des navires de guerre américains dans la baie de Port-au-Prince

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Le déploiement de navires de guerre américains dans la baie de Port-au-Prince : « un engagement en faveur de la sécurité, de la stabilité et d’un avenir meilleur pour Haïti « , selon l’ambassade.

Les navires USS Stockdale, USCGC Stone et USCGC Diligence dans la baie de Port-au-Prince

« Sur instruction du Secrétaire à la Guerre, les navires USS Stockdale, USCGC Stone et USCGC Diligence sont arrivés dans la baie de Port-au-Prince dans le cadre de l’opération Southern Spear. Leur présence reflète l’engagement indéfectible des États-Unis en faveur de la sécurité, de la stabilité et d’un avenir meilleur pour Haïti », informe un communiqué de l’ambassade des USA, mardi 3 février 2026. 

« La Marine américaine et les garde-côtes des États-Unis réaffirment leur partenariat et leur soutien afin de garantir une Haïti plus sûre et plus prospère », poursuit le communiqué, publié quelques jours après l’audition, le 28 janvier, du secrétaire d’Etat Marco Rubio, qui a exprimé la volonté de l’administration Trump « d’adopter une posture militaire » pour affronter les gangs, des organisations terroristes transnationales opérant en Haïti et d’autres pays de la région.

Ces gangs, qui disposent d’un armement dont dispose un État, constituent une « grave menace » à la sécurité nationale des USA et à la stabilité de la région, a-t-il dit aux sénateurs. « Nous faisons face, dans notre région, à une réalité bien concrète : ces organisations criminelles terroristes transnationales qui, dans bien des cas, possèdent des armes que l’on associe normalement à un État. Elles représentent une grave menace pour la sécurité nationale des États‑Unis, mais aussi pour la stabilité de la région. Nous devons adopter une posture militaire capable de les affronter et de fournir une assistance, en coordination avec d’autres partenaires », a affirmé Marco Rubio, ministre des Affaires étrangères et conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump dont l’administration a recours à l’armée dans des frappes ciblées contre des embarcations et leurs équipages, accusés de transport de la drogue.

« Quelle est la menace en Haïti ? L’effondrement systémique. Ces gangs criminels contrôlent des territoires et menacent la capacité même de former un gouvernement », a-t-il expliqué en évoquant les gangs opérant au Venezuela et en Colombie, entre autres. Le premier diplomate américain a mis en avant l’importance de la coopération avec certains pays de la région dans la lutte contre ces gangs ou organisations terroristes transnationales, selon l’administration Trump. L’action de ces dites organisations « finit par affecter les États‑Unis, à travers la migration massive, à travers le trafic de drogue, a insisté Rubio. « Nous devons donc adopter une posture de force capable de faire face à cela », a-t-il ajouté.

La coalition de gang Viv ansanm et Gran grif ont été désignés organisations terroristes par les USA en 2025. Les USA ont également mené, avec d’autres pays, l’effort diplomatique au Conseil de sécurité de l’ONU pour obtenir l’approbation à la création de la Force de répression des gangs qui doit compter 5 500 membres.

Le déploiement de ces navires de guerre des USA dans la baie de intervient à quelques jours du 7 février marquant la fin du mandat du CPT.

L’opération Southern Spear est une campagne militaire américaine lancée à la fin de l’année 2025 sous l’administration Trump, visant principalement des réseaux présumés de « narco‑terroristes » et le trafic illicite de stupéfiants dans les Caraïbes et le Pacifique. Elle cherche à perturber les chaînes d’approvisionnement — en particulier les expéditions de pétrole vénézuélien — et à démanteler des organisations criminelles, au moyen notamment d’un renforcement naval, de frappes aériennes et d’interceptions de navires transportant de la drogue.

Dirigée par le Département de la guerre (Défense) et soutenue par le Département de la sécurité intérieure, l’opération vise à protéger le territoire américain en combattant les groupes criminels transnationaux, selon les Américains.

Par ailleurs, le Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti (UNSOH), créé pour fournir un soutien logistique à la Force de lutte contre les gangs (GSF) se met en place et avance par rapport à sa mission avant le 31 mars 2026, a laissé comprendre le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, dans un échange avec la presse, le 29 janvier.

Le Conseil de sécurité, par sa résolution 2793, a demandé au Secrétaire général de créer ce Bureau d’appui afin d’accomplir dans un délai de six mois suivant l’adoption de la résolution — ce qui devait être accompli d’ici la fin du mois de mars.

« Je peux vous dire que le directeur intérimaire de ce bureau, le directeur de l’appui à la mission, notre collègue Stephen McOwan, a été nommé et est arrivé à Port-au-Prince ce week-end.  Il a rejoint environ 37 membres du personnel du Bureau d’appui des Nations Unies, déjà déployés dans la capitale haïtienne. Le deuxième bureau, situé à Saint-Domingue, a été établi la semaine dernière », a indiqué le porte-parole de l’ONU.

« Ce bureau fournit des services transactionnels en matière de ressources humaines, de finances et de déplacements, tant pour le Bureau d’appui que pour le BINUH, la mission politique. Actuellement, 15 membres du personnel sont stationnés à Saint-Domingue pour mettre en place ces services. Avec la coopération du gouvernement de la République dominicaine, le pays a également été désigné comme destination d’évacuation médicale, si cela s’avérait nécessaire. Nous attendons l’arrivée de collègues supplémentaires en Haïti et en République dominicaine d’ici la fin du mois de février 2026», a-t-il annoncé.

« Depuis l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité établissant le Bureau d’appui des Nations Unies pour Haïti, nos collègues ont signé un accord d’utilisation des terres avec le Gouvernement haïtien pour l’occupation des terrains et locaux constituant l’empreinte civile du Bureau d’appui », a informé M. Dujarric.

« Le premier moyen aérien de la mission, un hélicoptère, est désormais à Port-au-Prince ; comme vous pouvez l’imaginer, il s’agit d’une étape  importante pour la logistique et la mobilité opérationnelle de nos collègues », a-t-il poursuivi.

« Enfin, davantage d’équipements arrivent de la base logistique des Nations Unies à Brindisi, et un autre envoi a également été confirmé depuis Bagdad vers Port-au-Prince. Cet envoi comprend du matériel provenant de la mission de l’UNAMI, désormais fermée. À cet égard, nous sommes particulièrement reconnaissants au gouvernement iraquien d’avoir accéléré les autorisations, contribuant ainsi au maintien de la paix et de la sécurité internationales », selon Dujarric.

« Nos collègues indiquent que le Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti reste en bonne voie pour respecter les délais fixés par le Conseil de sécurité afin de fournir un soutien logistique et opérationnel à la Force de lutte contre les gangs d’ici le 31 mars de cette année, ainsi que des services d’appui à notre bureau politique, le BINUH, d’ici le 1er février de cette année », a-t-il annoncé.

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