La nouvelle force multinationale de lutte contre les gangs en Haïti se déploiera par « phases » dans les prochains mois, a indiqué ce jeudi (23 avril) le représentant spécial Jack Christofides.
« Nous sommes dans une phase initiale critique de mise en place de la Force de répression des gangs » (FRG) qui doit progressivement remplacer la précédente Mission multinationale de soutien à la police haïtienne (MMAS), a déclaré devant le Conseil de sécurité de l’ONU le diplomate sud-africain nommé par le groupe des pays partenaires de la FRG, mené par les Etats-Unis.
« La génération de force progresse avec des promesses impressionnantes d’Etats membres« , a-t-il indiqué, sans donner de détails.
Un plan « initial » de déploiement a été approuvé dans la limite du plafond de 5.500 soldats et policiers approuvé par le Conseil de sécurité et « les déploiements auront lieu par phases au cours des prochains mois« , a-t-il indiqué.
À ce stade, seul un contingent de 400 soldats tchadiens est arrivé à Port-au-Prince pour participer à la FRG et le Tchad a promis au total 1.500 hommes.
Le départ des policiers de la MMAS, qui a compté au maximum une centaine de policiers principalement kényans, est prévu progressivement en parallèle du déploiement de la nouvelle force, pour éviter un vide sécuritaire dans un pays terrorisé par la violence des gangs.
Face aux critiques visant la MMAS sous-équipée et sous-financée, le Conseil de sécurité de l’ONU avait, sous l’impulsion des Etats-Unis, donné son feu vert en septembre dernier à la transition vers cette nouvelle force plus robuste.
« Les efforts continuent pour élargir la participation et s’assurer que la mission a les capacités nécessaires pour remplir son mandat. Les dimensions maritime et frontalière seront particulièrement importantes« , a noté Jack Christofides.
Pour lui, la FRG n’est « pas une fin en soi, mais un moyen de permettre aux institutions haïtiennes de reprendre le contrôle et créer des conditions pour une stabilité à long terme« .
Dans ce contexte, le représentant de l’ONU dans le pays, Carlos Ruiz Massieu, a salué les progrès politiques, avec le transfert du pouvoir en février du Conseil présidentiel de transition au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
« Des élections restent le seul chemin légitime pour retrouver l’ordre constitutionnel« , a-t-il toutefois insisté. Le pays n’a pas connu d’élections depuis 2016 en raison notamment des conditions sécuritaires.
Selon le dernier rapport des experts mandatés par le Conseil sur ce dossier, les opérations des forces de l’ordre ont réussi à freiner l’expansion des gangs dans la capitale, qu’ils contrôlent à 90%.
Mais « la situation sécuritaire est toujours très inquiétante« , a souligné Carlos Ruiz Massieu, rappelant également les près de 1,5 million de personnes déplacées.




