Voyages en Haïti : Les États-Unis dessinent un tableau macabre, les bateaux ne reviendront pas de sitôt à Labadee

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Par Roberson Alphonse — 17 juillet 2026

« Si vous êtes citoyen américain et envisagez de vous rendre en Haïti, l’administration Trump préférerait que vous vous absteniez. Mais si vous décidez malgré tout d’effectuer le voyage, elle formule désormais une nouvelle recommandation, particulièrement sombre : laissez des échantillons d’ADN à votre prestataire de soins de santé et vos dossiers dentaires à votre famille, au cas où celle-ci aurait besoin d’y accéder pour identifier votre dépouille », recommande le Département d’État, a rapporté le New York Times.

Cet avertissement intervient alors qu’Haïti reste classée au niveau d’alerte le plus élevé du Département d’État, « Ne pas voyager », et que l’administration s’apprête à mettre fin aux protections migratoires accordées à plus de 300 000 Haïtiens et à commencer à les renvoyer vers leur pays des Caraïbes, a souligné le New York Times.

La recommandation de laisser des échantillons d’ADN et des dossiers dentaires avant de voyager vient s’ajouter aux avertissements de longue date adressés aux citoyens américains concernant les risques d’enlèvement, de criminalité violente, d’activités terroristes, de troubles civils et l’accès limité aux soins de santé, a fait remarquer ce journal new-yorkais.

Outre Haïti, cette recommandation s’applique également à d’autres zones à haut risque, selon le site Internet du Département d’État, qui présente les recommandations relatives aux lois locales et à l’assistance américaine dans les pays considérés comme dangereux.

La formulation particulièrement alarmante de cette recommandation avait été mise en évidence pour la première fois en mars dans des documents déposés devant la Cour suprême des États-Unis par des avocats contestant les efforts de l’administration Trump visant à mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) accordé aux Haïtiens.

En plus d’affirmer devant les juges que la suppression de cette protection contre l’expulsion « mettrait les bénéficiaires du TPS en danger de mort », les avocats des plaignants avaient cité la recommandation concernant les échantillons d’ADN et les dossiers dentaires comme preuve que l’administration elle-même considère Haïti comme un pays dangereux.

« L’idée de laisser des échantillons d’ADN et des dossiers dentaires montre à quel point il est aberrant que » Stephen Miller, principal conseiller de Donald Trump, le président Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio « envisagent de renvoyer des personnes en Haïti », a déclaré Ira Kurzban, avocat spécialisé en immigration à Miami, dont le cabinet fait partie de l’équipe ayant contesté la décision du Département de la Sécurité intérieure de mettre fin à la désignation d’Haïti au titre du TPS.

Les avocats des plaignants, qui ont finalement perdu leur recours lorsque la Cour suprême a autorisé le Département de la Sécurité intérieure à mettre fin à ces protections, avaient soutenu que la suppression du TPS pour Haïti — comme pour une douzaine d’autres pays dont la population est majoritairement non blanche — était motivée par des préjugés liés à la race et à l’origine nationale.

« Si Haïti est à ce point dangereux, pourquoi y renvoyons-nous des gens, à moins qu’il ne s’agisse de la poursuite de la politique raciste de Trump et du Département de la Sécurité intérieure, menée sous la direction de Miller et décrite en détail dans la décision du tribunal de district ? », a déclaré Kurzban.

D’anciens responsables du Département d’État ont affirmé n’avoir jamais vu un tel langage dans les avis aux voyageurs publiés par le département. Plusieurs ont qualifié cette recommandation de « folle » ou d’« incroyable ». Un ancien responsable a souligné qu’une telle demande est plus généralement associée aux militaires américains déployés dans des zones de combat.

« Notre politique manque tout simplement de cohérence », a déclaré Keith Mines, ancien diplomate ayant servi en Haïti et ancien vice-président de l’U.S. Institute of Peace, à propos de la politique américaine envers Haïti, qui doit perdre sa désignation TPS le 24 juillet.

« D’un côté, nous essayons d’aider ; de l’autre, nous sabotons nos propres efforts à chaque occasion. »

L’administration Trump, entre-temps, a déporté jeudi vers Cap-Haïtien plus d’une centaine de ressortissants haïtiens. Il y a des indications selon lesquelles la cadence de ces vols va s’accélérer.

Royal Caribbean repousse la reprise de ses escales à Labadee

La Royal Caribbean a annoncé la prolongation de la suspension des escales à Labadee, en Haïti, jusqu’en juin 2027, a rapporté le New York Post.

« Alors que nous continuons d’évaluer la situation en Haïti et notre capacité à offrir les meilleures vacances de manière responsable, nous avons décidé de prolonger la suspension des escales de nos navires à Labadee jusqu’en juin 2027 », a déclaré un porte-parole du groupe Royal Caribbean à Fox News Digital, peut-on lire dans cet article.

« Cette décision a été prise en tenant compte de la sécurité et du bien-être de nos passagers et des membres de notre équipage. Nous avons informé directement les passagers de ces changements », selon cette compagnie citée par le New York Post, qui situe le contexte de cette décision.

Cette prolongation intervient alors qu’Haïti — pays classé au niveau 4 (« Ne pas voyager ») par le Département d’État américain — continue de faire face à une violence généralisée des gangs et à une instabilité politique, a fait remarquer New York Post.

« Nous restons attachés aux membres de notre équipe de Labadee et nous nous efforçons de faire en sorte qu’ils se sentent informés et soutenus », a ajouté le porte-parole du groupe Royal Caribbean.

« Nous avons identifié des postes au sein de nos flottes et de nos destinations pour y placer les membres de l’équipe pendant cette période d’interruption », a précisé la compagnie.

Pour l’instant, les passagers des croisières ne pourront pas profiter de cette destination.

Des passagers s’exprimant sur un forum dédié à Royal Caribbean ont indiqué que leurs escales prévues à Labadee avaient été remplacées par d’autres destinations, telles que Grand Cayman, Grand Turk, Cozumel et Nassau.

« Nos liens avec la communauté de Labadee vont bien au-delà de nos activités sur place, et nous restons fiers des investissements de longue date que nous avons réalisés dans la région », a déclaré le porte-parole du groupe Royal Caribbean, cité par le New York Post.

« Nous continuons de soutenir les communautés locales grâce à des initiatives humanitaires constantes, notamment des dons alimentaires mensuels », a ajouté le porte-parole de la Royal Caribbean.

Source : Le Nouvelliste (lenouvelliste.com)

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