Inscriptions électorales : des heures d’attente pour faire le premier pas du droit de vote

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Sous une chaleur accablante, serrés les uns contre les autres dans une file d’attente qui tarde à avancer, des dizaines de citoyens prennent leur mal en patience dans la cour du Lycée national de Pétion-Ville. Il est près de 14 heures. Certains sont arrivés depuis le matin dans l’espoir de s’inscrire sur la liste électorale. À quelques mètres de là, deux agents du Conseil électoral provisoire (CEP), vêtus de gilets bleus et de casquettes aux couleurs de l’institution, remplissent des fiches papier avant d’enregistrer les informations sur une tablette. C’est ici que se déroule, depuis le 20 juillet, l’opération d’inscription des électeurs en vue des scrutins de 2026-2027.

Les dernières élections en Haïti ont eu lieu en 2016 et, depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le pays connaît une succession de gouvernements de transition. Cette année, le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a annoncé la tenue d’élections en 2026-2027. Parmi les nouveautés de ce processus figure l’inscription des citoyens désireux de voter sur la liste électorale. Le Nouvelliste s’est rendu à Pétion-Ville pour observer le déroulement de cette opération.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a donné le ton le 4 août 2026 en s’inscrivant sur la liste électorale au Lycée national de Pétion-Ville. Il n’était pas le seul : dans la cour du même établissement, plusieurs citoyens patientaient depuis des heures pour accomplir la même démarche.

Une petite affiche portant la mention « Centre d’inscription et de vote (CIV) » est fixée au mur de la cour du Lycée national de Pétion-Ville. C’est là que les électeurs doivent se présenter pour s’inscrire, en prélude aux élections de 2026-2027 annoncées par le gouvernement après plusieurs années de transition. Lancée le 20 juillet, l’opération se poursuit dans les centres répartis à travers le pays.

Deux files d’attente d’une vingtaine de personnes chacune se forment devant la table de travail des agents. Les conversations tournent autour de la lenteur du processus et certaines personnes patientent depuis la matinée. « Je suis ici depuis 10 heures du matin », raconte un homme rencontré sur place. Quatre heures plus tard, il attend toujours son tour.

Une dame confie avoir été invitée à rentrer chez elle lors de son premier passage parce que son maillot avait été jugé trop décolleté. Elle est revenue un peu plus tard, après s’être changée. « Je n’avais que cette journée pour venir m’inscrire », explique-t-elle, sans amertume apparente. Au fil des heures, la file s’est raccourcie, mais le rythme des inscriptions est resté lent. Découragés par l’attente, certains abandonnent momentanément leur place pour s’asseoir sur un banc, une chaise ou à même le sol.

Une procédure simple, un processus lent

Pour s’inscrire, le citoyen doit présenter sa carte d’identité nationale, communiquer son numéro de téléphone et apposer sa signature. Les personnes qui ne savent ni lire ni écrire peuvent la remplacer par une croix. À la fin de la procédure, une fiche est remise à l’électeur. Ce document comprend un code, les informations de l’électeur (nom, prénom et NINU), ainsi que celles de son centre de vote : nom du centre, département, commune, section communale et adresse. Le centre choisi au moment de l’inscription sera celui où l’électeur devra voter le jour du scrutin. En cas de perte ou de vol de cette fiche, aucune procédure de remplacement n’a été indiquée sur place. Les agents recommandent simplement de la conserver soigneusement.

Seuls deux agents assurent les inscriptions sur place. Ils travaillent de 8 heures à 16 heures, sans remplaçants, et sont affectés à ce centre pendant trois mois. Le travail est d’abord entièrement manuel : les informations sont inscrites sur une fiche papier avant d’être saisies sur une tablette. Au cours de la journée, le bloc de fiches de l’un des agents est arrivé à épuisement. Les opérations ont été brièvement interrompues, le temps qu’un nouveau bloc soit disponible, prolongeant encore l’attente. La fatigue se lit sur le visage des deux agents, qui poursuivent leur travail malgré la chaleur. Lorsque l’affluence est faible, l’inscription peut être réalisée en moins de dix minutes. Mais ce jour-là, les conditions n’étaient pas réunies pour en profiter.

Entre le 20 juillet et le 3 août, environ 60 000 électeurs étaient déjà inscrits sur le registre électoral. Selon le président du Conseil électoral provisoire, Jacques Desrosiers, l’institution prévoit d’enregistrer entre 3 et 4 millions d’électeurs avant le 13 octobre, date fixée pour la fin du processus d’inscription.

À 14 heures passées, les deux agents continuaient de remplir des fiches sous une chaleur écrasante, tandis que des citoyens attendaient encore leur tour. Si l’objectif du CEP est d’inscrire entre 3 et 4 millions d’électeurs d’ici au 13 octobre, le défi résidera dans la capacité des centres d’inscription à absorber l’affluence sans décourager les citoyens souhaitant exercer leur droit de vote.

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