Le courage politique, une urgence nationale.

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On greffe de tout aujourd’hui, des cœurs, des reins, des bras.

Mais on ne sait plus greffer ce qui, en politique, demeure le plus vital : le courage, les couilles, la force morale, la colonne vertébrale du devoir. Les nations meurent moins de pauvreté que de lâcheté. Et Haïti en sait quelque chose.

Notre pays regorge d’intelligence, de talent, de savoir-faire. Mais il manque cruellement de cette énergie intérieure qui transforme les idées en actes, les discours en réformes, les rêves en réalité.

Il manque des femmes et des hommes debout, qui refusent de plier, de tricher, de calculer — qui osent dire non à la médiocrité et oui à la grandeur.

À la veille d’échéances décisives, Haïti ne peut plus se permettre la peur, ni l’hésitation.

Trop de carriéristes ont pris la place des patriotes.

Trop de silences ont servi de refuge à la lâcheté.

Trop de promesses ont trahi la patrie.

Il est temps d’en finir avec cette politique de l’attente et du mensonge.

Notre peuple n’a pas besoin de comédiens en costume d’État, mais de dirigeants de chair et d’âme, de femmes et d’hommes capables de regarder la misère en face sans détourner le regard, capables d’affronter la corruption sans trembler, capables de tenir debout même dans la tempête.

L’État a besoin d’un leadership d’acier — ferme, incorruptible, guidé par la vérité et la justice.

Pour briser la corruption, il faut une main propre et un cœur fort.

Pour vaincre l’insécurité, il faut une volonté inébranlable, une direction claire, une autorité qui ne se négocie pas.

Haïti n’a pas besoin de héros improvisés, mais de caractères trempés au feu de la conviction.

Assez de renoncements.
Assez de demi-mesures.
Assez de petits arrangements entre amis pendant que la Nation s’effondre.

Le temps du courage est venu.
Le courage de parler quand tout le monde se tait.

Le courage d’agir quand tout le monde recule.

Le courage de servir sans calculer.

Haïti doit renouer avec la flamme des grands, celle qui ne cède ni à la peur ni à la corruption.

C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que nous pourrons redresser notre pays, restaurer la dignité nationale et rendre à notre peuple l’espérance d’un lendemain debout.

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