La fermeture de l’aéroport international Toussaint Louverture, consécutive à un grave incident survenu le 11 novembre 2024, a brutalement exposé une réalité que beaucoup refusaient encore de regarder en face : Haïti est en train de perdre son ciel. Avec l’arrêt des activités de la principale plateforme aérienne du pays, c’est toute la nation qui se retrouve plongée dans un isolement dangereux et inédit.
Lorsqu’un avion commercial ne peut plus atterrir en toute sécurité, ce n’est pas seulement un problème de transport. C’est un effondrement symbolique de l’autorité de l’État, un aveu de fragilité institutionnelle et un signal d’alarme envoyé au monde entier. Aujourd’hui, l’aviation civile haïtienne est presque inexistante. Le pays qui devait être connecté au monde moderne se voit ramené à une mobilité fragmentée, informelle, indigne de toute nation souveraine.
Cette situation n’est pas anodine. Un pays sans accès aérien sécurisé est un pays asphyxié : asphyxié économiquement, diplomatiquement, humainement. Les échanges ralentissent, l’aide devient plus difficile, les investissements se retirent, et l’espoir s’amenuise. Le silence du ciel haïtien est lourd de conséquences.
Plus grave encore, cette fermeture révèle un danger imminent : celui de la normalisation du chaos. Quand l’exception devient la règle, quand l’impensable devient quotidien, la République recule. Et lorsque l’État recule, ce sont les citoyens qui paient le prix fort.
Haïti est aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit ce choc provoque un sursaut national, une prise de conscience collective sur l’urgence de sécuriser les infrastructures stratégiques du pays, soit le pays s’enfonce davantage dans l’isolement et la marginalisation.
Un État qui ne contrôle plus son ciel met en péril son avenir. L’heure n’est plus aux discours rassurants, mais aux décisions courageuses. Restaurer la sécurité aérienne, c’est restaurer la souveraineté, la dignité et la possibilité même d’un avenir pour Haïti.
Le danger est réel. Il est là. Et il ne peut plus être ignoré.


