À ces femmes de fer qu’on appelle Madan Sara 

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Elles se lèvent avant le soleil, les bras chargés d’espoir et de marchandises. 

Elles traversent les montagnes, les routes trouées, les marchés bondés, la peur au ventre parfois, mais la tête haute toujours. 

Elles s’appellent Madan Sara — et sans elles, Haïti ne mangerait pas. 

Ces femmes commerçantes sont la colonne vertébrale de notre économie populaire. Elles achètent les produits des cultivateurs, les transportent souvent à la force des bras, et les revendent sur les marchés urbains. 

Elles sont le lien vivant entre le monde rural et la ville, entre la production et la consommation, entre la survie et la dignité. 

Elles maintiennent la circulation des biens, stabilisent les prix, nourrissent les familles, soutiennent des foyers entiers. 

Quand tout vacille, elles continuent d’avancer. 

Mais leur courage se paie cher. 

Chaque trajet est un risque : l’insécurité, les attaques, le vol, parfois la mort. 

Chaque jour, elles affrontent le chaos des routes, l’absence de transport fiable, l’inflation qui dévore leurs profits, et le silence de l’État. 

Elles travaillent sans assurance, sans soutien, sans reconnaissance. Et pourtant, elles tiennent. 

Elles tiennent pour leurs enfants, pour leurs clients, pour leur pays. 

Ces femmes méritent plus que des mots. 

Elles méritent protection, accès au crédit, infrastructures, sécurité et respect. 

Des initiatives existent — timidement — pour formaliser leur travail, leur offrir des formations, les aider à se structurer. Des projets comme Femme Transforme montrent que l’autonomisation féminine est la clé du développement durable d’Haïti. 

Mais il faut aller plus loin. 

Reconnaître les Madan Sara, c’est reconnaître le cœur battant de notre économie populaire. 

Alors aujourd’hui, nous disons : 

ChapoBa, Madan Sara

ChapoBa pou fanm ki leve bonè, ki pote chay lavi sou tèt yo

ChapoBa pou tout fanm kap pote peyi Dayiti a sou zepòl yo

Sans vous, Haïti s’arrête. Avec vous, Haïti respire. 

Medam ChapoBa ! 

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