Les gangs, en Haïti, ajoutent de l’horreur à l’horreur. Régulièrement à l’origine de vols, de tueries, de kidnappings et de viols, ils s’affrontent depuis une semaine et des habitants sont leurs victimes collatérales, une fois de plus.
De nouveaux affrontements violents entre plusieurs gangs, dans la banlieue de la capitale haïtienne, ont fait au moins 78 morts et 66 blessés, entre le samedi 9 et le jeudi 14 mai 2026, selon un bilan provisoire communiqué par le Bureau des Nations unies en Haïti. 10 personnes tuées étaient « des membres de la population : 5 hommes, 4 femmes et une jeune fille, a précisé la Binuh.
Des dizaines de résidents tués
Ces évènements ont eu lieu à Cité Soleil et Croix des Bouquets, deux communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince qui avaient connu deux autres flambées de violence, en mars et en avril, entraînant le déplacement de près de 8.000 personnes, selon l’ONU.
« Au total, entre le 5 mars et le 11 mai 2026, au moins 305 personnes ont été tuées et 277 blessées, dans les communes de Cité Soleil et de Croix des Bouquets »Déclaration de la Binuh
Parmi ces victimes, 63 sont des résidents, dont 17 femmes et 13 enfants), les autres étant des membres de gangs.
Des habitants piégés en zone d’affrontements
La dernière escalade de violence, depuis le week-end, a entraîné le déplacement de quelque 5.300 personnes fuyant les échanges de tirs.
Le bureau des opérations humanitaires de l’ONU (Ocha) a, de son côté, indiqué jeudi que, selon des organisations humanitaires locales, plusieurs familles demeurent coincées dans les quartiers touchés. Un centre hospitalier et un hôpital de Médecins sans frontières ont également été contraints de suspendre leurs activités et d’évacuer leur personnel. Avant d’évacuer, Médecins sans frontières avait fait état de 40 blessés par balle, pris en charge par l’hôpital en moins de douze heures.
L’espoir d’une force multinationale bientôt opérationnelle
Pays le plus pauvre des Caraïbes, Haïti est ravagé par la violence des gangs, qui multiplient attaques sanglantes, enlèvements et viols. Et la situation n’a cessé de se détériorer ces deux dernières années.
Une nouvelle force multinationale de lutte contre les gangs est en cours de déploiement pour remplacer la Mission multinationale de soutien à la police haïtienne (MMAS), sous-équipée et sous-financée. Mais, à ce stade, seul un contingent de 400 soldats tchadiens est arrivé à Port-au-Prince. La nouvelle force a, d’autre part, annoncé jeudi l’arrivée de son commandant, le général mongol Erdenebat Batsuuri.

