
Frankétienne n’est plus de ce monde, mais ses mots continuent de résonner comme un tambour battant au cœur d’Haïti. Poète, romancier, dramaturge, peintre, voix tonitruante et conscience vive de sa nation, il a traversé le temps en portant la lumière là où d’autres ne voyaient que l’ombre. Ses œuvres, à la fois brûlantes et profondes, ne se contentent pas de raconter Haïti : elles en révèlent l’âme, les douleurs, les colères et les espérances.

Homme-livre, Frankétienne a inventé le spiralisme, une forme littéraire qui reflète le chaos et la beauté de son pays. Il a écrit Haïti avec ses cris et ses silences, transformant les drames de la misère, de la violence et de l’injustice en éclats de vérité et de beauté. Son théâtre, ses performances, ses toiles témoignent de cette énergie créatrice inépuisable, capable de réveiller les consciences et d’inspirer les générations.
Mais Frankétienne n’était pas seulement un artiste. Il était un enseignant, un mentor, un passeur de savoir et de passion. Il croyait en la jeunesse haïtienne, en sa capacité à imaginer, à rêver et à construire. Son héritage dépasse les livres : il vit dans chaque étudiant qu’il a inspiré, dans chaque poète, peintre ou acteur qui continue son combat pour une Haïti digne et créative.
Aujourd’hui, rendre hommage à Frankétienne, c’est célébrer la force de la parole, l’audace de l’esprit et la fidélité à une terre qu’il a toujours aimée. C’est rappeler que la culture, la littérature et l’art sont des armes pour transformer le monde, et que chacun d’entre nous peut, à sa manière, continuer à écrire l’histoire d’Haïti.
Frankétienne n’est plus physiquement parmi nous, mais son souffle reste. Il traverse nos mots, nos rêves et nos combats. Il nous rappelle que la renaissance d’Haïti commence dans la créativité, l’unité et le courage de ses enfants. Son œuvre, inépuisable, est un phare pour guider les pas de tous ceux qui croient encore que la beauté peut naître du chaos et que l’art peut sauver un peuple.
ChapoBa Frank







