Haïti, le courage d’un recommencement 

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Nous sommes à un carrefour décisif. Comme l’enseignait Hannah Arendt, chaque génération reçoit le monde en héritage, mais elle est surtout responsable de ce qu’elle en fait. Aujourd’hui, le peuple haïtien ne peut plus accepter l’immobilisme, ni se résigner au fatalisme, encore moins céder à la surenchère qui divise et épuise. Refuser l’inaction est devenu un devoir civique ; choisir l’espérance, un acte de résistance. 

Haïti est née d’un refus radical de la domination. En proclamant sa liberté, notre nation a rappelé au monde que la dignité humaine n’est pas négociable. Cet esprit fondateur — celui de la liberté, de l’indépendance et de la République — doit redevenir notre boussole. Car, comme le rappelait Rousseau, un peuple ne se perd que lorsqu’il renonce à la volonté de se gouverner lui-même. 

Repenser Haïti n’est pas renier son histoire, c’est lui être fidèle. C’est bâtir un pays où chacun peut trouver sa place, vivre dignement et se projeter dans l’avenir sans peur. Un pays où l’État retrouve sa capacité d’agir, où la Nation se rassemble, où la République se revigore. Un pays capable de reprendre sa place dans la Caraïbe, sur le continent américain et dans le concert des nations. 

Mais aucune refondation n’est possible sans fraternité. Aimé Césaire nous rappelait que la vraie civilisation est celle qui sait reconnaître l’homme dans l’homme. Retrouver l’ardeur collective, l’élan commun, le sens du bien partagé, c’est faire primer ce qui nous unit sur ce qui nous oppose. C’est comprendre que la force d’une République ne se mesure pas seulement à ses institutions, mais à sa capacité de protéger les plus fragiles et de n’abandonner personne sur le bord du chemin. 

L’année 2026 doit être une année utile : une année de dialogue sincère, de propositions courageuses et d’actions concrètes. Une année où la parole retrouve sa valeur, où les gestes simples portent l’humanité, où la fraternité cesse d’être un slogan pour redevenir une pratique. 

Car, au fond, comme le disait Albert Camus, l’espérance n’est pas la certitude que demain sera meilleur, mais la conviction que le combat vaut la peine d’être mené. Et pour Haïti, ce combat — celui de la dignité, de la justice et de la liberté — mérite plus que jamais d’être repris, ensemble. 

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