Haïti : premier pas vers des élections après plus de dix ans sans scrutin

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Le gouvernement haïtien a ouvert une période d’inscription pour les partis politiques souhaitant participer aux prochaines élections générales. Un premier pas vers un retour aux urnes dans un pays qui n’a pas organisé de scrutin depuis plus d’une décennie, alors que la violence des gangs reste très présente.

Haïti a franchi une nouvelle étape vers l’organisation d’élections. Lundi 9 mars, le Conseil électoral provisoire a ouvert une période de dix jours permettant aux partis politiques de s’enregistrer en vue des prochaines élections générales.

À Port-au-Prince, des soldats et des policiers lourdement armés étaient déployés autour du siège du conseil électoral pendant que des représentants de partis venaient récupérer les formulaires nécessaires.

Pour certains responsables politiques, cette annonce suscite à la fois espoir et inquiétude. Pierre Dieu-Donné Delice, psychologue et chef d’un nouveau parti appelé Tools for Another Haiti, explique que beaucoup souhaitent tourner la page du gouvernement de transition en place depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, en juillet 2021.

Mais l’insécurité reste un obstacle majeur. Les gangs contrôlent aujourd’hui une grande partie de la capitale Port-au-Prince et plusieurs régions du pays, rendant les déplacements difficiles et parfois dangereux.

Selon l’ONU, plus de 5 900 personnes ont été tuées en Haïti l’an dernier et plus de 2 700 blessées. La violence a également forcé environ 1,4 million d’habitants à quitter leur domicile.

Malgré ce contexte, le gouvernement assure vouloir organiser des élections générales à la fin du mois d’août, avec un éventuel second tour début décembre. Le ministre chargé des questions électorales, Joseph André Gracien Jean, estime que cette étape est essentielle pour rétablir un fonctionnement démocratique dans le pays.

La période d’inscription des partis doit se terminer le 12 mars. Les autorités travaillent encore à un plan de sécurité pour permettre l’organisation du scrutin. Une nouvelle force de lutte contre les gangs pourrait aussi être déployée dans les prochains mois pour renforcer la sécurité.

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