Les lieux de pouvoir: en Haïti, le Karibe et le Montana accueillent les réunions politiques

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Suite de notre série sur les lieux de pouvoir. Direction deux hôtels emblématiques de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Face à l’avancée des gangs ces dernières années, le Karibe et le Montana accueillent de plus en plus de réunions politiques, gouvernementales, et d’organisations internationales.

Le Karibe d’abord : c’est presque au pied de cet hôtel à la façade rouge qu’atterrissent les hélicoptères de l‘ONU, sur les hauteurs de Port-au-Prince. Une liaison empruntée par des diplomates, des humanitaires ou des journalistes étrangers, pour éviter l’aéroport où plusieurs avions ont été touchés par des tirs ou des balles perdues ces derniers mois.

C’est un complexe de plusieurs bâtiments, gardés par des hommes armés, et construit sur une colline dans l’un des quelques quartiers qui n’est pas aux mains des gangs. Avec son carrelage beige et marron, on y trouve des restaurants, un terrain de tennis, des appartements, des salles de conférences, une salle de sport, des cafés, il abrite aussi un bar et un héliport sur son toit. C’est un lieu considéré comme particulièrement sûr.

Un lieu de pouvoir 

C’est au sein même de l’hôtel que se trouvent les bureaux des Nations unies en Haïti. C’est aussi dans le bar/restaurant sur le toit, qui surplombe toute la ville, que l’élite économique et politique haïtienne fait la fête. On peut y croiser des diplomates, des humanitaires, des agents de sécurité de l’ONU, mais également le Premier ministre Alexis Didier Fils-Aimé.

C’est à la fois un lieu de travail, dans les bureaux et les salles de conférences, et un lieu où se tissent des relations plus informelles. C’est un lieu où on vient se montrer. 

Face au Karibe, l’hôtel Montana, tout aussi lieu politique

Le Montana n’est pas qu’un simple hôtel à la vue imprenable sur Port-au-Prince. Certains ministères y tiennent des réunions officielles, car leurs locaux ne sont plus accessibles soit à cause de l’avancée des gangs, soit parce qu’ils ont été transformés en camps de déplacés internes.

Le Montana a même donné son nom à des accords politiques : l’accord de Montana, en août 2021, par exemple. Après l’assassinat du président Jovenel Moïse, des organisations de la société civile et des partis politiques demandaient une transition et des élections. Accord qui n’a pas abouti puisque les Haïtiens n’ont pas été appelés aux urnes depuis près de 10 ans en Haïti. 

Le Montana, lieu incontournable de la vie politique haïtienne 

En février dernier, juste avant l’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), c’est ce lieu qu’ont choisi des associations et des politiques pour présenter une proposition commune pour la suite. Sans succès puisque, sous l’influence pressante des États-Unis, pour ne pas dire l’ingérence de Washington, le CPT a bien été dissous et Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre par intérim, est resté seul à la tête de l’État haïtien.

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