Les USA financeront les FAd’H pour la première fois depuis des décennies

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Par Roberson Alphonse

Le gouvernement haïtien peut désormais acheter des équipements et services de défense pour les gardes-côtes haïtiens.

Le gouvernement haïtien peut désormais acheter des équipements et services de défense pour les gardes-côtes haïtiens. Les FAD’H, pour la première fois depuis les années 90, vont recevoir une partie des 5 millions de dollars destinés au « programme de financement militaire étranger » et « aux opérations de maintien de la paix », conformément aux dispositions du H.R. 7148, loi de finances consolidée pour l’exercice 2026, promulguée le 3 février par le président Donald Trump.

« Le gouvernement d’Haïti est autorisé à acheter des équipements et services de défense en vertu de l’Arms Export Control Act (22 U.S.C. 2751 et suivants) pour les besoins de la Garde côtière » ; Et en ce qui concerne les forces Armees d’Haiti, « sur les fonds alloués par la présente loi sous les rubriques « Opérations de maintien de la paix » et « Programme de financement militaire étranger », jusqu’à 5 000 000 dollars peuvent être mis à disposition pour une assistance non létale et un appui opérationnel aux Forces armées d’Haïti, après consultation des commissions compétentes du Congrès », peut-on lire dans cette loi de finance des USA.

Entre-temps, la collaboration entre l’armée américaine et les FAD’H s’est renforcée ces derniers mois. « L’attaché principal à la défense et l’attaché militaire de l’ambassade ont récemment rencontré le ministre de la défense, Jean-Michel Moïse afin de renforcer notre intérêt commun pour la stabilité d’Haïti. Les efforts conjoints du ministère de la Défense, de la Police Nationale d’Haïti et de la Force de Répression des Gangs (FRG) pour affronter les gangs terroristes sont essentiels pour rétablir la sécurité et stabiliser Haïti. Les États-Unis se tiennent aux côtés d’Haïti et du peuple haïtien dans leurs aspirations à une Haïti plus sûre et prospère », a informé un communiqué de l’ambassade des États-Unis, vendredi 6 février 2026.

« Les FAd’H n’avaient jamais reçu auparavant d’aide militaire étrangère de la part des États-Unis, et ce projet de loi récemment adopté montre le potentiel des FAd’H à jouer un rôle encore plus important dans la restauration de la stabilité et la sécurité d’Haïti », a confié à Le Nouvelliste le ministre de la Défense, Jean Michel Moïse.

« Je me réjouis de travailler avec les États-Unis et nos autres partenaires internationaux pour développer les FAd’H », a-t-il poursuivi avant de formuler des remerciements.

« Au nom du peuple haïtien, de l’ensemble du gouvernement haïtien et des FAd’H, je remercie l’ambassade des États-Unis, le gouvernement américain et le Congrès d’avoir travaillé avec diligence à nos côtés pour rétablir la sécurité en Haïti et d’avoir alloué une somme importante aux FAd’H afin de développer ses capacités »,a dit Jean Michel Moise. « Nous sommes impatients de travailler avec les États-Unis et de former un partenariat militaire durable pour nos intérêts mutuels en matière de sécurité dans la région », a dit le ministre de La Défense, interrogé par Le Nouvelliste. 

En début de semaine, l’ambassade des USA a annoncé que « sur instruction du secrétaire d’Etat à la Guerre, les navires USS Stockdale, USCGC Stone et USCGC Diligence sont arrivés dans la baie de Port-au-Prince dans le cadre de l’opération Southern Spear. Leur présence reflète l’engagement indéfectible des États-Unis en faveur de la sécurité, de la stabilité et d’un avenir meilleur pour Haïti. La Marine américaine et les garde-côtes des États-Unis réaffirment leur partenariat et leur soutien afin de garantir une Haïti plus sûre et plus prospère », selon ce communiqué.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait exprimé la volonté de l’administration Trump « d’adopter une posture militaire » pour affronter les gangs, des organisations terroristes transnationales opérant en Haïti et d’autres pays de la région. Ces gangs qui disposent d’un armement dont dispose un État, constituent une « grave menace » à la sécurité nationale des USA et à la stabilité de la région, a-t-il dit, lors d’une audition au Sénat, mercredi 28 janvier 2026.                                       

« Nous faisons face, dans notre région, à une réalité bien concrète : ces organisations criminelles terroristes transnationales qui, dans bien des cas, possèdent des armes que l’on associe normalement à un État. Elles représentent une grave menace pour la sécurité nationale des États‑Unis, mais aussi pour la stabilité de la région. Nous devons adopter une posture militaire capable de les affronter et de fournir une assistance, en coordination avec d’autres partenaires  », avait affirmé Marco Rubio, ministre des Affaires étrangères et conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump dont l’administration a recours à l’armée dans des frappes ciblées contre des embarcations et leurs équipages, accusés de transport de la drogue.

« Quelle est la menace en Haïti ? L’effondrement systémique. Ces gangs criminels contrôlent des territoires et menacent la capacité même de former un gouvernement », a-t-il expliqué en évoquant les gangs opérant au Venezuela et en Colombie, entre autres. Le premier diplomate américain a mis en avant l’importance de la coopération avec certains pays de la région dans la lutte contre ces gangs ou organisations terroristes transnationales, selon l’administration Trump. L’action de ces dites organisations « finit par affecter les États‑Unis, à travers la migration massive, à travers le trafic de drogue, a insisté Rubio. « Nous devons donc adopter une posture de force capable de faire face à cela », a-t-il ajouté. 

Cette possibilité accordée à Haïti d’acheter des équipements et services de défense pour les gardes côtes haïtiennes intervient dans un contexte d’exigences des gardes côtes américaines en vue de sécuriser les ports haïtiens.

La garde côtière américaine (USCG en anglais) a déterminé que « le gouvernement haïtien ne mettait pas en œuvre de manière substantielle le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires au niveau national et au niveau des installations portuaires » et ne « constatait pas la mise en place de mesures de sécurité efficaces », peut-on lire dans une lettre transmise au gouvernement haitien via l’ambassade des USA en Haïti, a appris Le Nouvelliste, mercredi 12 novembre 2025.

Les ports haïtiens doivent subir une inspection de conformité dans les 90 jours. Entre-temps, une série de mesures doivent être prises. Des navires contrevenants à ces mesures peuvent se voir refuser l’accès à des ports des USA en provenance d’Haïti, a prévenu le USGC qui a évoqué les lacunes spécifiques. Les responsables de l’Autorité portuaire national (APN) ont indiqué travailler d’arrache-pied pour satisfaire les exigences de USGC.

La décision du gouvernement américain sur l’acquisition d’équipements et services défense pour les gardes côtes haïtiennes intervient dans de l’existence dans les pipelines administratives d’un projet de contrat de l’État haïtien avec la firme Evergreen, Alex Stewart International, Ense Group et SecuriPort, pour une durée de 10 ans en vue d’aider au renforcement de la sécurité à la frontière avec la République dominicaine, dans nos ports est en route vers la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), a appris Le Nouvelliste d’une source gouvernementale. Le contrat est retourné au gouvernement pour correction et clarification de certains points. Le travail du consortium devra aider à améliorer la perception des douanes, fiabiliser le processus d’entrées et de sorties du territoire national. La douane, la PNH et le ministère de l’Intérieur seront en charge des contrôles sur le terrain et des perceptions, avait souligné la source gouvernementale interrogée en janvier 2026 par Le Nouvelliste.

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