Haïti : le recrutement dans la police plébiscité par les jeunes

Date:

Le gouvernement haïtien accélère le recrutement de policiers pour renforcer les effectifs des forces de l’ordre. Alors que près de 85 % de la capitale, Port-au-Prince, est aujourd’hui contrôlée par les gangs, 4 000 nouveaux postes doivent être créés cette année. Le processus de recrutement a déjà commencé et rencontre un franc succès auprès des jeunes Haïtiennes et Haïtiens.

Avec nos envoyés spéciaux à Port-au-Prince, Justine Fontaine et Achim Lippold

Il est 6h30 du matin. Devant le commissariat de Pétionville, des dizaines de jeunes Haïtiens font déjà la queue pour postuler à la police. Pierre Janski, 24 ans, est arrivé dès 5h00 du matin. « Nous sommes tous ici pour pouvoir l’intégrer. C’est en intégrant qu’on pourrait dire notre mot et, par nos actions, prouver notre [détermination] face à la mission qui nous attend. Et cette mission n’est que de renforcer la sécurité », martèle le jeune homme.

La police haïtienne a lancé un nouveau processus de recrutement. Quelque 4 000 postes doivent être pourvus d’ici à la fin de l’année grâce à une formation express de trois mois. Un programme financé en partie par les États-Unis que Jenny, 26 ans, souhaite elle aussi intégrer. « Je suis venue pour m’engager dans la police, parce que je veux servir ce nouvel Haïti. Je crois en ce pays et je veux le protéger », soutient la potentielle recrue.

Un métier dangereux face aux opérations contre les gangs

Certains aspirants policiers sont venus sans même prévenir leurs parents. C’est le cas de Darwin Francin Fleur, 29 ans.  « Je suis l’unique fils de ma maman. Elle ne veut pas [que je m’engage]. Je suis venu ici sans son consentement, sans qu’elle ne le sache », relate-t-il.

Les jeunes savent pourtant que le métier de policier est dangereux. Plus de 40 agents sont morts en 2025, pour la plupart lors d’opérations contre les gangs. Une situation qui n’inquiète pas Jenny. « Je n’ai pas peur, sinon je ne serais pas ici ce matin. Pour protéger mon pays, je suis prête à faire ce qu’il faut. »

En Haïti, le salaire moyen d’un jeune policier tourne autour de 300 dollars par mois et les retards des paiements sont fréquents.

Share post:

Les + Populaires

Plus d'Articles
Similaires

House Foreign Affairs Committee holds hearing on confronting Haiti’s Terrorist Gangs: The Gang Suppression Force and the Path Ahead (VIDEO / LIVE)

https://www.youtube.com/live/rfbzxFHS4KI Republican Foreign Affairs Committee | COMMITTEE ON FOREIGN AFFAIRSU.S. HOUSE...

UNSC Evaluates Haiti’s Election Path Amid Gang Violence (VIDEOS)

Awash in gang violence, scarred by past foreign interventions and long paralysed politically, Haiti now stands at a crossroads between a return to order and tipping into total chaos, the Security Council heard today, as a range of senior United Nations officials provided their latest updates.

Washington s’engage contre les gangs haïtiens qui profitent des réseaux sociaux

L’envoyé américain auprès des Nations unies a déclaré lundi que le gouvernement américain allait bientôt prendre des mesures pour empêcher les gangs violents en Haïti de tirer profit de leurs publications sur les réseaux sociaux. Les chefs de gangs de ce pays des Caraïbes en proie à des troubles sont des utilisateurs assidus des réseaux sociaux: ils y ont célébré des meurtres, proféré des menaces et publié des réflexions. Les jeunes membres de ces gangs publient également des clips musicaux et exhibent l’argent qu’ils ont gagné, dans le but de recruter des enfants dans ce pays pauvre.

Parts of Haiti have been turned into kill zone for gangs, top U.S. diplomat tells U.N.

When the Trump administration's top envoy to the United Nations visited Haiti earlier this month, the trip went largely unnoticed until Ambassador Mike Waltz posted about it on social media. In his posts, the U.S. ambassador to the U.N. issued a warning to Haiti's deadly gangs, praised the new U.S.-created, United Nations-authorized Gang Suppression Force and stressed that "the entire international community" was united to help the Caribbean nation reclaim territory from armed gangs and restore stability.