Bureau intégré des Nations Unies en Haïti
Depuis le mois de mars 2026, la zone connue sous le nom de « la Plaine du Cul-de-Sac » et plusieurs quartiers de la commune de Cité Soleil ont été le théâtre d’une recrudescence des violences armées. Des affrontements entre gangs se sont inscrits dans un contexte marqué à la fois par une recomposition et une fragilisation de la coalition des gangs Viv Ansanm et par une pression accrue des forces de sécurité dans d’autres secteurs de la capitale.
Entre le 6 mars et le 31 juillet 2026, au moins 613 personnes ont été tuées et 375 autres blessées, principalement lors de confrontations entre les gangs criminels. Parmi les victimes, plus d’un tiers était des personnes non associées aux gangs dont 111 femmes et 77 enfants. Également, plus de 176 femmes et filles ont été victimes de viols, y compris de viols collectifs, par des membres de gangs, souvent comme forme de « punition » parce qu’elles vivaient dans des zones sous le contrôle de gangs rivaux.
« Le bilan humain particulièrement lourd des affrontements entre gangs ces derniers mois dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince témoigne de l’urgence d’une protection renforcée des populations, notamment en assurant à la Force de répression des gangs les moyens nécessaires à son deploiement complet et rapide », a souligné le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti et Chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu.
Les gangs se sont également attaqués aux bâtiments publics et privés, entrainant la suspension de la plupart des activités commerciales et des services de base dans les quartiers affectés par la violence, notamment les écoles et les services de santé. L’impact humanitaire et socio-économique a été majeur, avec plus de 18 000 personnes contraintes à se déplacer.
Selon les informations recueillies par le Service des droits de l’homme (SDH) du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), plusieurs des actes documentés lors de ces périodes de violences, notamment les meurtres, les viols collectifs et les destructions de biens et de bâtiments accueillant des prestataires de services essentiels, pourraient constituer de graves violations du droit international des droits de l’homme.
À titre illustratif, dans la soirée du 13 juin, peu après le match de la Coupe du monde de football opposant Haïti à l’Écosse, un rassemblement de plus de 300 personnes, comprenant notamment un groupe musical traditionnel, a été attaqué par des membres de gangs faisant plus de 61 morts et 20 blessés. Parmi les victimes figuraient au moins sept enfants, dont le plus jeune avait à peine sept ans.
Ce niveau d’affrontement entre les gangs et de violations des droits de l’homme n’avait plus été documenté dans cette partie de la capitale depuis les mois de janvier et février 2024.
Or, cette zone demeure très convoitée par les gangs, car elle abrite plusieurs entreprises commerciales et est traversée par deux routes stratégiques permettant aux camions en provenance du port à conteneurs de la capitale et du terminal pétrolier de Varreux de rejoindre le principal axe routier reliant le nord du pays.
Dans ce contexte, la persistance d’un niveau élevé de violence dans la Plaine du Cul-de-Sac et à Cité Soleil, et l’absence de présence policière durable, a eu des conséquences graves sur les droits de l’homme, la stabilité économique et l’autorité de l’État.
Aussi, le BINUH réitère la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité haïtiennes, de garantir la protection effective des populations et de lutter contre l’impunité pour les violations des droits humains.
Le BINUH souligne également l’importance cruciale de poursuivre les efforts visant à assurer le déploiement complet de la Force de répression de gangs (FRG), conformément à son mandat, en lui fournissant les effectifs, les équipements, les capacités spécialisées et les ressources financières nécessaires. Cette présence est indispensable pour reprendre le contrôle des zones affectées par les gangs, protéger les populations et créer les conditions nécessaires au rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones les plus touchées par la violence.
–FIN–Contact : Mathias Gillmann, Porte-parole




