Lors de la réunion de constitution de la Force de répression des gangs tenue mardi 9 décembre 2025 à la Mission du Canada à l’ONU, plusieurs pays ont annoncé de nouvelles contributions pour renforcer la mission internationale de sécurité en Haïti, a appris Le Nouvelliste d’une source gouvernementale, mercredi 10 décembre 2025.
Plusieurs pays dont le Tchad et le Bangladesh ont proposé de déployer des soldats, des ingénieurs et des policiers afin d’aider les forces de sécurité haïtiennes. Les engagements les plus solides, lors d’une conférence tenue mardi à New York, sont venus des gouvernements africains.
Selon notre source, le Tchad a offert 1 500 soldats. D’autres contributions ont été annoncées par la Sierra Leone, le Burkina Faso et la Gambie, en Afrique de l’Ouest, ainsi que par le Burundi, en Afrique de l’Est. Le Kenya, présent à la réunion, compte déjà environ 700 policiers déployés en Haïti, selon cette source gouvernementale
Si le Canada va contribuer à hauteur de 40 millions USD additionnels au Fonds d’affectation spéciale, il mettra aussi du personnel à disposition et a promis un accent renforcé sur la protection des femmes et des jeunes, les États-Unis annoncent un soutien politique et opérationnel accru, selon cette même source qui a souligné, qu’encore une fois « les représentants américains ont rappelé le caractère « vital » et offensif de la mission. »
Le Kenya a confirmé qu’il s’impliquera dans la nouvelle force pour permettre une transition complète vers la FRG. Il y a eu aussi de nouveaux acteurs de cinq autres pays qui ont promis de doter la force de plus de trois mille cinq cents hommes. Cette fois il s’agira avant tout de militaires, et pas seulement de policiers.
Des unités mobiles, une unité aérienne et une composante maritime ont aussi été promises, a expliqué cette source gouvernementale.
La République dominicaine a annoncé une contribution d’une valeur de dix millions de dollars et la poursuite de la mise à disposition à la Force de ses installations hospitalières lors des évacuations médicales, a-t-on appris de cette source.
FRG: Haïti mettra la main à la poche
Pour la première fois, la République d’Haïti va contribuer financièrement à une mission internationale chargée de supporter les efforts pour restaurer la sécurité sur son territoire. Selon les premières informations disponibles, cette contribution sera de cinquante millions de dollars dont une partie sera en nature, a appris Le Nouvelliste.
L’un des messages clés de la réunion de ce mardi est que la Force de répression des gangs n’est pas une mission de maintien de la paix, mais une opération active contre les gangs. Un consensus clair a émergé lors de la rencontre : restaurer la sécurité est essentiel pour organiser des élections et rétablir l’ordre constitutionnel, a expliqué notre source.
Plusieurs pays participant à la réunion ont exprimé la nécessité d’un engagement international durable, ainsi que d’un renforcement de la PNH et l’établissement de programmes de désarmement et de réinsertion des jeunes, a appris Le Nouvelliste.
Un élan sans précédent
La réunion confirme une dynamique internationale positive, une augmentation des contributions, et un soutien solide à la restauration de la sécurité en Haïti.
Les États participants ont été invités à finaliser leurs engagements d’ici février 2026, selon cette source gouvernementale.
À l’issue de la réunion de haut niveau du Groupe de soutien à la Force (GSF) pour Haïti, tenue aujourd’hui à la Mission du Canada auprès des Nations Unies, le gouvernement haïtien se félicite de la dynamique internationale renforcée sous le leadership conjoint des États-Unis et du Canada, deux partenaires engagés de longue date dans la stabilisation du pays, peut-on lire dans ce communiqué.
Présidée par le Canada, et fortement soutenue par les États-Unis, cette rencontre stratégique a réuni de nombreux pays partenaires autour d’un objectif commun : apporter une réponse décisive et robuste à l’insécurité qui menace la souveraineté et l’avenir d’Haïti. Les participants ont unanimement réaffirmé que la mission du GSF demeure essentielle pour restaurer l’autorité légitime de l’État, sécuriser le territoire et créer les conditions indispensables à un retour durable à l’ordre constitutionnel, a confié le communiqué de la Primature.
L’élan observé aujourd’hui est sans précédent. Plusieurs nations, issues de toutes les régions du monde, ont annoncé des contributions substantielles en personnel spécialisé, en capacités opérationnelles critiques et en appui financier. Cet engagement international, encouragé par la coordination active des États-Unis et du Canada, témoigne de la reconnaissance du caractère urgent et existentiel de la crise sécuritaire haïtienne, ainsi que de la confiance partagée dans la feuille de route du gouvernement haïtien, soutient la Primature.
La mobilisation internationale s’articule désormais autour d’une vision claire : la lutte contre l’insécurité et la restauration de la sécurité publique constituent un préalable absolu à la tenue d’élections libres, crédibles et inclusives. Comme souligné par de nombreux intervenants, le succès du GSF – appuyé de manière déterminante par Washington et Ottawa – doit ouvrir la voie au processus électoral afin de permettre au peuple haïtien de choisir ses dirigeants dans la paix et la stabilité. Renforcer la sécurité, c’est tracer résolument le chemin des urnes, a mis en avant le communiqué du gouvernement qui a salué cette solidarité internationale et souligné que le déplacement du Chef du gouvernement a « permis de consolider une coalition unie autour d’une vision commune, guidée par l’engagement résolu des États-Unis et du Canada, visant à libérer Haïti de l’emprise des gangs et du terrorisme. »
« Le moment est à l’action concertée. Le Premier ministre réaffirme sa détermination totale à travailler avec l’ensemble des partenaires internationaux afin que la force déployée, aux côtés d’une Police nationale d’Haïti en plein renforcement, puisse accomplir pleinement son mandat au service de la population. La voie est tracée : le rétablissement de la sécurité ouvrira les conditions politiques nécessaires à la tenue d’élections et à l’avènement d’une gouvernance stable et légitime, seule garante d’un développement durable pour Haïti », selon ce communiqué.
En plus de la réunion de ce mardi, une autre rencontre est programmée vendredi, cette fois à Washington, au siège de l’organisation des États américains (OEA). Le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, doit y prendre part, selon les informations dont dispose Le Nouvelliste.
Lors de cette réunion avec le Groupe des amis d’Haïti (l’ONU, l’OEA, la CARICOM, et des institutions du système interaméricain, BID, PADF et co), il est prévu un approfondissement de leur approche de la feuille de route et des discussions sur l’après 7 février 2026. La force de répression des gangs a été établie par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU en octobre 2025. Cette force plus large et plus robuste doit compter 5500 membres. La résolution a établi une durée de douze mois pour la FRG et créé un Bureau de soutien de l’ONU pour Haïti, chargé de la logistique et du financement grâce à des contributions volontaires. L’État haïtien s’affaire afin de renforcer les capacités de la PNH et des forces armées d’Haiti, à un moment où, en parallèle, plusieurs partenaires clés, discutent de la mobilisation de ressources pour la Force de répression des gangs, a appris Le Nouvelliste d’une source gouvernementale, lundi 8 décembre 2025.
Le budget 2025- 2026 de la Police nationale d’Haïti est de 33,306,753,434 de gourdes dont 6, 775, 000,000,00 d’investissement. La nouvelle administration s’engage à exécuter ce budget, a confié cette source qui a fait part des actions prises pour renforcer les capacités opérationnelles. « En ce qui concerne les blindés, nous avions commandé au total 70, parmi lesquels 10 ont été livrés. 20 sont techniquement prêts pour embarquement vers Haïti et les autres arriveront sur place le premier trimestre de l’année prochaine. Le bureau de International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL) relevant du Département d’Etat offre déjà 25 blindés prêts à être livrés avant la fin de l’année », a poursuivi notre source. « Un protocole d’accord entre le ministère de la Justice et de la Sécurité publique et le ministère de la Défense pour l’usage conjoint (police et FADH) de la base Vertières et à cet effet, des équipements et même un champ de tir seront offerts par les Américains », a confié cette source gouvernementale. La PNH travaille au renforcement de son effectif via le programme P-4000 consistant à former 4000 nouveaux policiers pendant l’exercice 2025-2026 en cours. Plus de 900 sont actuellement en formation et seront gradués en janvier. En février, l’école de police devra recevoir une nouvelle cohorte de 1000 récipiendaires, et ainsi de suite chaque 3 mois », a dit cette source, soulignant que la formation sera adaptée au besoin du terrain et de la réalité de la menace auxquels font face la population et la police. L’UCLBP et le BMPAD sont des entités chargées de l’exécution de certains travaux. Elles ont jusqu’au mois de mars 2026 pour exécuter ces projets qui comprennent, entre autres, la réhabilitation de 10 commissariats et sous-commissariats de police, a dit notre source.







