Haïti : des milliers de personnes déplacées par la violence en une semaine

Date:

Pas de répit pour la population haïtienne en ce début d’année. En une semaine, la violence liée aux gangs armés a contraint des milliers de personnes à fuir et à rejoindre les rangs toujours plus nombreux des personnes déplacées, ont prévenu mercredi les Nations Unies.

Des affrontements dans la capitale Port-au-Prince ont forcé des gens à quitter leur domicile, a indiqué le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), quelque 6 000 personnes ont été déplacées depuis le 6 janvier. La plupart d’entre elles ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil, tandis que d’autres se sont installées dans deux sites de déplacés.

Programmes humanitaires affectés

« L’escalade de la violence a considérablement affecté les programmes humanitaires dans la région. Nos collègues de Médecins Sans Frontières ont annoncé le 8 janvier la suspension de toutes leurs activités médicales dans le quartier de Bel Air à Port-au-Prince, et ce, jusqu’à nouvel ordre », a précisé le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse.

Cette escalade survient alors que seulement 10 % des établissements de santé disposant de capacités d’hospitalisation en Haïti sont pleinement opérationnels, et qu’environ 4,9 millions de personnes en Haïti ont besoin d’une assistance médicale d’urgence.

Les déplacements internes liés à la violence ont doublé au cours de l’année écoulée et touchent désormais 1,4 million de personnes, soit 12 % de la population haïtienne.

Le porte-parole du chef de l’ONU a rappelé que cette année, 6,4 millions de personnes en Haïti, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’aide humanitaire. L’ONU et ses partenaires ont besoin de 880 millions de dollars pour venir en aide aux 4,2 millions de Haïtiens les plus vulnérables.

C’est dans le contexte de cette profonde crise politique, sécuritaire et humanitaire que le pays a commémoré l’anniversaire du tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010, détruisant une grande partie de Port-au-Prince et des villes environnantes. La catastrophe avait causé la mort de centaines de milliers de personnes et fait 1,5 million de blessés et autant de sans-abri.

Share post:

Les + Populaires

Plus d'Articles
Similaires

Haïti : élections, sécurité, sanctions et Global Gateway: Hélène Roos répond à 15 questions sur l’action de l’Équipe Europe

"De notre côté, comme partenaire, nous prenons nos responsabilités : l’Union européenne dispose d’un régime de mesures restrictives à l’encontre de personnes et d’entités considérées comme responsables d’actions menaçant la paix, la stabilité, ou la sécurité d’Haïti, ou portant atteinte à la démocratie et à l’État de droit. Ce régime n’est pas un instrument électoral et les sanctions européennes ne constituent pas, en elles-mêmes, des critères d’éligibilité au regard du droit haïtien. Elles consistent en revanche en une liste de personnes qui sont interdites d’entrée sur le territoire de l’Union européenne, soit dans ses 27 États membres, ainsi qu’en la possibilité degels d’avoirs. "...

Haïti : le Conseil de sécurité de l’ONU examine lundi la situation sécuritaire et les préparatifs électoraux

Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra lundi 19 octobre une séance publique consacrée à Haïti, suivie de consultations à huis clos, avec au programme la dégradation de la situation sécuritaire, le déploiement de la Force de répression des gangs (GSF) et les incertitudes entourant l’organisation des prochaines élections. Selon Security Council Report, publié le 16 octobre, trois responsables onusiens sont susceptibles de présenter un état des lieux : Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du secrétaire général et chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) ; Jack Christofides, représentant spécial pour la GSF ; et Daniela Kroslak, secrétaire générale adjointe et cheffe du Bureau de soutien des Nations unies en Haïti (UNSOH), dont la participation au briefing reste possible.

Martelly puts elections rumors to rest, registers to run for Haiti presidency

Former Haitian President Michel Martelly has registered to run for the presidency of the Caribbean nation, joining a growing list of candidates hoping to lead a troubled Haiti despite facing sanctions from the United States, Canada and the European Union — or in the case of the former singer, all three. Martelly’s name was among 16 listed Friday on the Provisional Electoral Council’s website as having preliminary registered to run. The list also includes another former president, Jocelerme Privert, and a former member of the lower house of Parliament, Gary Bodeau. Privert who oversaw the country’s last general elections in 2016, has been sanctioned by Canada. Bodeau has been sanctioned by the U.S. Treasury Department under a federal act that targets perpetrators of serious human rights abuse and corruption, and faces Canadian sanctions as well.

Exclusive: Inside Erik Prince’s secretive operation taking on Haiti’s gangs (CNN)

Prince would not disclose the annual fee he receives for work with the Task Force, claiming only that it is a “fraction” of the cost of the short-lived Multinational Security Support mission — an initiative backed financially and logistically by the United States, that once envisaged 5,500 foreign police in Port-au-Prince. “Our cost is one-sixth of what their annual camp cost was,” Prince said. The sum is likely in the tens of millions of dollars. His income will be augmented by a deal to help control Haiti’s porous border with the Dominican Republic for the next 10 years in return for 10% of any new customs revenue collected. The long-term contract has raised criticism locally of how Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé is using his mandate as interim leader.