Ces jeunes qui portent Haïti sur leurs épaules – L’État doit enfin les accompagner 

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En ce mois d’avril 2026, une fois de plus, c’est une jeune Haïtienne qui fait battre notre cœur de fierté. À seulement 19 ans, Ariana Milagro Lafond a triomphé au prestigieux concours House of Challenge au Togo. Elle n’a pas simplement remporté un prix : elle a porté haut les couleurs d’Haïti, elle a tissé un lien plus fort avec l’Afrique, notre mère originelle, et elle a prouvé, une fois de plus, que la jeunesse haïtienne regorge de talents capables de rayonner sur la scène internationale. 

Mais cette victoire, aussi éclatante soit-elle, ne doit pas rester un simple fait divers positif. Elle doit être le signal d’une prise de conscience collective. 

Une jeunesse qui ne demande qu’à s’élever 

Ariana n’est pas seule. Chaque jour, des jeunes Haïtiens – artistes, athlètes, scientifiques, entrepreneurs, ingénieurs – font l’honneur d’Haïti bien au-delà de nos frontières. Ils gagnent des compétitions, inventent des solutions, créent des œuvres, représentent le pays dans les plus grandes instances mondiales. Ils réussissent souvent seuls, sans filet, sans moyens, sans structure, portés uniquement par leur génie, leur résilience et une volonté d’acier. 

Cette force, cette débrouillardise, cette intelligence – c’est la signature de la jeunesse haïtienne. C’est ce que l’adversité a forgé en elle. 

Mais cette même adversité ne devrait pas être une condition obligatoire à l’excellence. Aujourd’hui, trop de jeunes talents s’épuisent faute de soutien. Trop d’entre eux abandonnent par manque de structures d’encadrement, de financements, d’espaces de formation. Trop de rêves s’éteignent avant même d’avoir brillé. 

L’État doit être à la hauteur de sa jeunesse 

Face à cette flamme que les jeunes entretiennent seuls, que fait l’État ? 

Où sont les politiques publiques ambitieuses pour détecter, former et accompagner ces pépites ? 

Où est le ministère de la Jeunesse et des Sports lorsqu’il s’agit de transformer ces victoires en véritables programmes nationaux ? 

Où sont les financements pour les jeunes artistes, les chercheurs, les innovateurs ? 

Nous ne pouvons plus nous contenter de communiqués de félicitations. Nous ne pouvons plus applaudir une réussite le matin et oublier, l’après-midi, qu’il n’existe aucune politique structurée pour que d’autres Ariana puisse émerger. 

L’État haïtien doit comprendre une vérité simple : la jeunesse n’est pas un problème à gérer, mais une ressource à investir.  

Chaque jeune qui réussit à l’international est un ambassadeur naturel du pays.  

Chaque talent qui s’épanouit ici est un rempart contre la pauvreté, la violence et la désillusion. 

L’Afrique nous tend la main, nos jeunes y répondent – et l’État ? 

La victoire d’Ariana au Togo porte un symbole supplémentaire. L’Afrique, notre berceau historique, nous tend les bras. Les échanges culturels, économiques, éducatifs entre Haïti et le continent africain se développent. Et ce sont encore les jeunes qui portent cette dynamique, souvent sans l’aide de l’appareil d’État. 

Pendant que nos jeunes créent des ponts entre Haïti et l’Afrique, l’État reste trop souvent figé dans des logiques anciennes. Il est temps que les institutions suivent le mouvement que la jeunesse a déjà initié. 

Osons un pacte avec la jeunesse 

Nous appelons donc l’État, les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et tous les acteurs nationaux à oser un véritable pacte avec la jeunesse : 

  • Créer des fonds d’accompagnement pour les jeunes talents internationaux. 
  • Mettre en place des programmes de mentorat et de formation. 
  • Faciliter la reconnaissance et la valorisation des victoires internationales. 
  • Investir dans des infrastructures culturelles, sportives et scientifiques dignes de ce nom. 

La jeunesse haïtienne est prête. Elle a la volonté, le talent, l’énergie. Elle ne demande qu’une chose : que l’État soit à ses côtés, pas seulement pour l’applaudir, mais pour l’accompagner. 

À Ariana Milagro Lafond, à tous ces jeunes qui font l’honneur d’Haïti chaque jour : félicitations, courages, et tout notre respect. 

À l’État : réveillez-vous. Votre meilleure ressource, c’est eux. 

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