Il est temps de dire les choses avec clarté, avec force, avec cette franchise qui, parfois, dérange mais libère : nous ne pouvons plus nous réfugier derrière l’idée confortable que nos malheurs viennent uniquement de l’étranger. Oui, l’histoire nous a meurtris. Oui, les ingérences ont laissé des cicatrices. Mais un peuple qui choisit de ne regarder que ses blessures finissent par oublier qu’il a aussi des mains pour bâtir, une voix pour décider, une âme pour se relever. Ce discours victimaire, ressassé sans fin, nous enchaîne davantage que les épreuves elles-mêmes. Il est temps d’y mettre un terme.
Haïti n’a pas seulement besoin d’être comprise. Haïti a besoin d’être portée, défendue, relevée par ses propres citoyens. Le moment est venu de nous tenir debout, ensemble, sous un même étendard : celui des intérêts supérieurs de la nation.
Sécurité : sans ordre, la liberté n’est qu’un mirage
Aucun pays ne se développe dans la peur. Aucune économie ne respire sous la menace. Aucun avenir ne se construit quand le crime dicte la loi. Nous devons reprendre le contrôle de notre territoire, restaurer la force de nos institutions, assainir nos pratiques, redonner à la justice un visage digne. La sécurité n’est pas un luxe : c’est le socle de la dignité nationale.
Économie : cesser de survivre, commencer à construire
Haïti ne peut plus se contenter de tendre la main. Nous devons choisir la voie exigeante, mais essentielle, de la production, de la discipline économique, de l’innovation locale.
Créer, investir, moderniser : voilà les nouveaux mots d’ordre. Nous possédons une diaspora entrepreneuse, une jeunesse créative, des ressources inexploitées. Transformons enfin notre potentiel en puissance.
Agriculture : le poumon oublié qu’il faut ranimer
Nos terres sont un poème, un héritage, une promesse. Pourtant, nous les laissons en jachère tandis que nos marchés débordent de produits venus d’ailleurs. Relancer l’agriculture, c’est plus qu’une stratégie : c’est un acte de souveraineté, un geste d’amour envers la nation. Soutenir nos paysans, irriguer nos plaines, moderniser nos méthodes, protéger nos semences… C’est par la terre que commence la renaissance.
Social : réparer ce qui nous lie
Aucun pays ne s’élève quand ses enfants n’ont plus d’espoir. Nous devons réinvestir dans l’éducation, accompagner les plus vulnérables, offrir à nos jeunes non pas des discours, mais des horizons. Reconstruire le lien social, c’est redonner à Haïti une âme collective. Sans justice sociale, la nation n’est qu’un drapeau sans vent.
Un serment national
Haïti n’a pas besoin d’un miracle. Elle a besoin de nous. De notre courage, de notre discipline, de notre unité. Nous ne triompherons ni dans la division ni dans l’attente passive d’un sauveur extérieur. Aujourd’hui, faisons ce serment : prendre en main notre destin, unir nos forces, défendre notre pays et bâtir, enfin, l’Haïti que nous méritons. Car un peuple qui s’unit ne se relève pas seulement : il renaît.


