Le Conseil de sécurité a tenu, cet après-midi, une réunion d’urgence sur Haïti, cinq jours après une attaque perpétrée par des gangs à Kenscoff, une commune située à la périphérie de Port-au-Prince, qui aurait fait au moins 47 morts dans la nuit du 23 août.
« Nous ne pouvons tolérer un massacre hebdomadaire en Haïti; c’est pourquoi nous estimons que cette réunion ne pouvait attendre jusqu’en octobre », a justifié le représentant de la Colombie, dont la délégation a demandé cette réunion, avec celles du Panama et des États-Unis.
« Ce massacre est profondément choquant, mais il ne s’agit pas d’une tragédie isolée », a rappelé le Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, M. Carlos Ruiz Massieu, tandis que le délégué haïtien appelait à accélérer le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG) et à faire respecter l’embargo sur les armes.
La tragédie de Kenscoff et les autres
Selon le Représentant spécial, sur les 47 morts qu’a fait l’attaque de Kenscoff, il y avait 3 garçons et 2 filles, tandis que des dizaines de personnes ont été enlevées et que de nombreux blessés ont été dénombrés. L’attaque a en outre provoqué de nouveaux déplacements de population. Des habitations ont été incendiées et la population locale, cherchant à échapper à la violence, a été prise pour cible, notamment dans la cour d’une église où des membres de gangs ont exécuté 22 personnes et tué 12 autres qui tentaient de fuir.
M. Ruiz Massieu a appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes enlevées, y compris les femmes et les enfants, notant que Kenscoff est « une nouvelle atrocité effroyable contre la population haïtienne ». Cette localité a été victime d’une série d’attaques depuis le début de l’année 2025, s’est-il indigné.
Les Haïtiens continuent de payer un tribut humain inacceptable et dévastateur, a souligné le Représentant spécial en informant que le BINUH (Bureau intégré des Nations Unies en Haiti) a recensé 1 408 personnes tuées et 656 blessées rien qu’entre avril et juin 2026. Comme lui, nombreux sont les orateurs qui ont appelé à la reddition des comptes pour les auteurs de cette atrocité et des autres.
L’activation et l’opérationnalisation des unités judiciaires spécialisées chargées d’enquêter sur les crimes de masse, les violences sexuelles et les crimes financiers —y compris l’ouverture rapide d’enquêtes sur l’attaque de Kenscoff— seront primordiales pour renforcer l’état de droit et rétablir la confiance de la population envers les institutions de l’État, a assuré M. Ruiz Massieu. « Ce nouvel épisode déchirant nous rappelle brutalement l’urgence de renforcer encore davantage le soutien international en matière de sécurité pour Haïti. » De nombreuses voix ont ainsi appelé à accélérer le déploiement de la Force de répression des gangs.
La Force de répression des gangs
Haïti elle-même a appelé à accélérer le déploiement de la Force et à faire respecter l’embargo sur les armes. Son représentant a souligné « l’impérieuse nécessité » pour la communauté internationale d’accélérer le déploiement de la Force pour atteindre l’effectif prévu de 5 500 membres dans les meilleurs délais et lui donner les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission.
Il a précisé à cet égard que des pays tels que la Côte d’Ivoire, la Mongolie et le Tchad ont déjà signé avec Haïti des accords pour rejoindre la Force. Des démarches sont en cours pour signer dans les jours qui viennent des accords avec le Bangladesh, la Jamaïque et Sri Lanka, a-t-il ajouté.
« Cette Force n’a pas été créée pour lire des déclarations dans un bunker, mais pour mettre fin au bain de sang en Haïti », a tonné la déléguée américaine. Les États-Unis sont plus déterminés que jamais à aider Haïti à éradiquer les gangs, a-t-elle promis. Conscient de la place de la Force, le Royaume-Uni, comme d’autres délégations, a plaidé pour le renouvellement de son mandat le mois prochain. Plusieurs ont également rappelé l’impérieuse nécessité de sanctionner les parrains et soutiens des gangs. La France a ainsi demandé d’étendre les sanctions aux individus apportant un soutien politique ou financier aux gangs criminels.
Toutefois, les efforts entrepris en matière de sécurité ne suffiront pas, à eux seuls, à résoudre la crise haïtienne, a prévenu la République démocratique du Congo (RDC), qui parlait au nom des A3 (Libéria, RDC, Somalie). Des progrès durables dépendront du rétablissement de l’autorité de l’État, du renforcement des institutions nationales, du rétablissement des services essentiels et d’une action décisive contre les flux illicites d’armes et les réseaux de financement de la criminalité.
Lutter contre la violence par la violence risque de créer un cercle vicieux pour la population civile haïtienne, a averti à son tour la Chine. De même que la violence des gangs fait des victimes, les opérations de maintien de l’ordre en font également, a déploré le délégué qui a souhaité que la Force présente des rapports directement au Conseil de sécurité.
Le représentant russe a également mis en garde contre tout recours incontrôlé à la force. Pour lui, il faut en même temps s’attaquer aux problèmes de long terme qui sont à l’origine de la crise sécuritaire en Haïti: l’incapacité managériale persistante des autorités locales, ainsi que les ingérences extérieures néfastes visant à façonner un paysage politique favorable à des forces étrangères. La délégation a également dénoncé le problème, toujours non résolu, du trafic illégal d’armes en provenance des États-Unis, qui alimente les activités criminelles des gangs.
Pour le Brésil, « les efforts en matière de sécurité doivent aller de pair avec des initiatives visant à renforcer les institutions et à élargir les opportunités économiques ». Le déploiement de la Force n’est pas une fin en soi, mais une étape essentielle vers le rétablissement des conditions de sécurité minimale qui permettront de progresser dans la reconstruction institutionnelle, économique, politique et sociale d’Haïti, a également argué le Panama.
Les femmes et les enfants en première ligne
M. Indrika Ratwatte, Sous-Secrétaire général par intérim aux affaires humanitaires et Coordonnateur adjoint des secours d’urgence, a indiqué que près de 1,5 million de personnes –soit 12% de la population haïtienne– sont des personnes déplacées, dont une moitié d’enfants.
Dans ce contexte de violence généralisée, les femmes et les filles subissent des violences sexuelles atroces en toute impunité, a-t-il dénoncé. Selon l’UNICEF, le nombre d’enfants recrutés et utilisés par des groupes armés a connu une augmentation spectaculaire, estimée à 200%, en 2025. Plus de 1 600 écoles restent fermées, affectant 7 500 enseignants et privant plus de 240 000 élèves d’éducation. Il a précisé qu’à Port-au-Prince, seuls 10% des établissements de santé disposant d’une capacité d’hospitalisation restent opérationnels, dont un seul hôpital public.
Il faut s’attaquer aux causes de cette crise, a-t-il lui aussi recommandé en soulignant que « des progrès durables nécessitent des efforts plus larges, notamment en matière de sécurité, de stabilité politique et d’investissements soutenus dans les services essentiels ».
Le recours systématique au viol et à la violence sexuelle pour punir et terroriser la population, en particulier dans les zones contestées par des gangs rivaux, est odieux, a dénoncé le Danemark. Selon sa déléguée, le recrutement massif d’enfants par des gangs, les forçant en première ligne à subir ou à être témoins de niveaux extrêmes de violence, est également répréhensible.
Cet état de fait a fait dire à plusieurs délégations que le besoin d’établir et respecter l’état de droit est crucial, ainsi que de favoriser un système judiciaire solide.
L’avenir politique
Cette dernière attaque survient à un moment critique de la transition politique en Haïti, a relevé le Représentant spécial. De son avis, « sans une amélioration des conditions de sécurité, les efforts visant à renforcer la gouvernance, à accélérer le processus politique et à faire avancer les préparatifs électoraux resteront fortement limités et vulnérables aux revers ».
C’est pourquoi, les efforts en matière de sécurité doivent s’accompagner de mesures visant à rétablir l’autorité de l’État, les services de base ainsi que l’activité économique et sociale dans les communautés touchées. Pour M. Ruiz Massieu, la crise en Haïti exige plus que de la détermination; elle exige des résultats.
Cette tragédie exige une réponse coordonnée de la communauté internationale, a renchéri le Mexique qui a précisé qu’« il n’existe pas de raccourcis face aux défis structurels accumulés en Haïti ». Le représentant a exhorté le Conseil à promouvoir un programme de désarmement, de démantèlement et de réintégration dirigé par Haïti, qui tienne compte des réalités sur le terrain, intègre les enseignements tirés de l’expérience et associe les communautés touchées.
Autre représentant de l’hémisphère occidental, l’Argentine a estimé que la dimension économique est tout aussi préoccupante. L’économie haïtienne s’est contractée pour la septième année consécutive en 2025, a souligné la délégation. En plus, la situation s’est encore aggravée par la vulnérabilité d’Haïti face aux catastrophes naturelles.
En bref, la situation en Haïti
Ce qu’il s’est passé: Le Conseil de sécurité s’est réuni après l’attaque menée par des gangs à Kenscoff, près de Port-au-Prince, qui a fait plusieurs dizaines de morts. Les exposés du Chef du BINUH et du responsable des affaires humanitaires ont mis en lumière la gravité de la situation. Les délégations ont discuté du rôle de la Force de répression des gangs (FRG), de l’application de l’embargo sur les armes et des perspectives politiques en Haïti.
L’essentiel: Un consensus s’est dégagé sur l’urgence de renforcer l’appui international à Haïti. Le pays, appuyé notamment par les États-Unis, la France et le Panama, a plaidé pour l’accélération du déploiement de la FRG, avec le soutien financier qui va avec, tandis que le Brésil a rappelé que la sécurité seule ne suffira pas. Les responsables de l’ONU ont insisté pour que l’approche pour résoudre la crise haïtienne combine sécurité, aide humanitaire, stabilité politique et renforcement de l’État.
Les mesures de sécurité sont nécessaires mais insuffisantes, selon le Brésil

(©UN Web TV)
« Les efforts en matière de sécurité doivent aller de pair avec des initiatives visant à renforcer les institutions et à élargir les opportunités économiques »
(M. Norberto Moretti, représentant du Brésil)
Le délégué du Brésil, M. Norberto Moretti, a estimé, au vu des derniers événements tragiques, que la crise haïtienne ne doit pas être appréhendée sous le seul angle de la sécurité.
Cette crise, a-t-il observé, se caractérise de plus en plus par des économies criminelles alimentées par le contrôle de nœuds logistiques stratégiques et par les revenus issus de l’extorsion.
« Modifier cette dynamique nécessite une combinaison d’actions de maintien de l’ordre, de renforcement institutionnel, de résilience communautaire et d’alternatives économiques, en particulier pour les jeunes vulnérables au recrutement par des groupes armés », a-t-il préconisé.
Le représentant a également jugé crucial de bien gérer le processus politique interne et de rétablir la normalité constitutionnelle par la voie d’élections.
« Si la définition du calendrier électoral relève des autorités haïtiennes, l’aide internationale doit viser à soutenir la qualité, la crédibilité et le caractère inclusif du processus. »
Haïti appelle à accélérer le déploiement de la Force de répression des gangs et à faire respecter l’embargo sur les armes

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« L’urgence de la situation appelle une réponse rapide, coordonnée et résolue »
(M. Pierre Ericq Pierre, représentant d’Haïti)
Le délégué d’Haïti, M. Pierre Ericq Pierre, a souhaité une réponse « rapide, coordonnée et résolue » de la communauté internationale, après le massacre et les prises d’otage perpétrés par des gangs dans la commune de Kenscoff, à la périphérie de Port-au-Prince.
Il a vu dans ces « actes d’une extrême barbarie » une nouvelle démonstration de la capacité de violence et de terreur des groupes criminels armés, « malgré les efforts considérables déployés par la Police nationale et les Forces armées d’Haïti, qui demeurent pleinement mobilisées sur le terrain avec l’appui de la Force de répression des gangs (FRG) ».
Le représentant a souligné « l’impérieuse nécessité » pour la communauté internationale d’accélérer le déploiement de la FRG pour atteindre l’effectif prévu de 5 500 membres dans les meilleurs délais et lui donner les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission.
Il a précisé à cet égard que des pays tels que la Côte d’Ivoire, la Mongolie et le Tchad ont déjà signé avec Haïti des accords pour rejoindre la FRG. Des démarches sont en cours pour signer dans les jours qui viennent des accords avec le Bangladesh, le Guatemala, la Jamaïque et Sri Lanka, a-t-il indiqué.
En outre, le délégué a exhorté les « membres de la communauté internationale » à renforcer leur contribution au respect et à la mise en œuvre de l’embargo sur les armes, conformément à la résolution 2653 (2022) du Conseil, afin de tarir les flux d’armes et de munitions qui alimentent la violence des gangs.
Haïti, a-t-il ajouté, compte sur l’appui de ses partenaires pour l’accompagner dans ses efforts visant à « rétablir durablement la sécurité, restaurer pleinement l’autorité de l’État et créer les conditions nécessaires à la tenue des élections ».
La France demande d’étendre les sanctions aux individus apportant un soutien politique ou financier aux gangs criminels

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« Cette situation n’a que trop duré »
(M. Jay Dharmadhikari, représentant de la France)
Le délégué de la France, M. Jay Dharmadhikari, a estimé que la situation incontrôlée en Haïti nécessite de répondre à l’urgence du rétablissement de la sécurité et de l’état de droit dans le pays, tout en renforçant le régime de sanctions.
Constatant que, malgré l’engagement des États contributeurs de troupes, la Force de répression des gangs (FRG), créée il y a un an par le Conseil de sécurité, n’a pas encore pu se déployer pleinement et produire l’effet escompté, il a appelé à intensifier les efforts en cours plutôt que de changer de stratégie.
La première étape, a-t-il dit, sera en septembre de renouveler le mandat de la FRG, puis d’œuvrer collectivement pour accélérer le déploiement de ses troupes et de leurs équipements.
La deuxième étape sera le renouvellement du régime de sanctions en octobre pour entraver les flux d’armes à destination des gangs criminels et tarir les flux financiers qui les alimentent.
« Pour que cela ait un effet, il faut étendre les sanctions aux individus apportant un soutien politique ou financier aux gangs criminels », a-t-il affirmé.
Le représentant a ajouté que, pour construire une paix durable en Haïti, cette réponse sécuritaire immédiate doit s’accompagner d’une approche globale visant au renforcement de « l’ensemble de la chaîne police-justice-prison ».
Les États-Unis plus déterminés que jamais à appuyer les efforts d’Haïti pour éradiquer la terreur des gangs

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« Ces gangs ne peuvent pas terroriser les communautés qui se rendent dans les bureaux de vote »
(Mme Jennifer Locetta, représentante des États-Unis)
« Après des mois de violence meurtrière », Mme Jennifer Locetta, représentante des États-Unis, a martelé que les terroristes ne peuvent pas prendre la démocratie en otage pour leurs objectifs violents et a appelé à condamner ces actes odieux.
Solidaire avec les autorités haïtiennes, elle a appuyé les efforts menés par Haïti pour éradiquer la terreur des gangs. Appuyant la Force de répression des gangs, elle a appelé les pays fournisseurs à déployer leurs troupes le plus rapidement possible et demandé à tous les pays de contribuer au fond d’affectation pour la Force.
Aux membres du Conseil, elle a demandé de renouveler le mandat de la Force de répression des gangs le mois prochain.
Le Panama dénonce des attaques récurrentes à Kenscoff et mise sur le déploiement de la Force de répression des gangs

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« Cette fois, l’attaque violente de Kenscoff a été particulièrement cruelle »
(M. Eloy Alfaro de Alba, représentant du Panama)
Ce n’est pas la première fois que des gangs criminels cause l’horreur à Kenscoff, a fait remarquer le représentant du Panama, M. Eloy Alfaro de Alba. Il a rappelé que début 2025, les gangs avaient tué plus de 250 personnes en seulement deux mois. Et en juillet de cette année, plus de 60 personnes ont été tuées en seulement cinq jours.
C’est face à la cruauté de la dernière attaque -certaines victimes auraient été brûlées vives dans leurs propres maisons, d’autres assassinées dans une église- et à cause de la récurrence de ces massacres que, le Panama, avec la Colombie et les États-Unis, a demandé la convocation de la présente séance.
Le représentant a réclamé la traduction en justice des auteurs de ces attaques et a misé sur le déploiement de la Force de répression des gangs.
« Le déploiement de la Force n’est pas une fin en soi, mais une étape essentielle vers le rétablissement des conditions de sécurité minimale qui permettront de progresser dans la reconstruction institutionnelle, économique, politique et sociale d’Haïti. »
La crise humanitaire en Haïti est une des plus graves de l’hémisphère occidental, alerte le Bureau de la coordination des affaires humanitaires

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« La population –en particulier les femmes, les filles et les enfants– subit des niveaux de violence et de souffrance effroyables »
(M. Indrika Ratwatte, Secrétaire général adjoint par intérim aux affaires humanitaires)
Le Secrétaire général adjoint par intérim aux affaires humanitaires, M. Indrika Ratwatte, a alerté le Conseil sur le fait que la crise humanitaire qui s’aggrave rapidement en Haïti du fait de la violence généralisée est une des plus graves de l’hémisphère occidental.
Plus de la moitié de la population haïtienne, soit quelque 6,4 millions de personnes, a besoin d’une aide humanitaire et près de 1,5 million sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, la moitié d’entre elles étant des enfants, a-t-il précisé.
Plaidant pour que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles en toute sécurité, il s’est alarmé de la poursuite des expulsions à grande échelle vers Haïti. « Beaucoup arrivent sans ressources, sans documents ni réseaux de soutien, et certaines ont des besoins de protection particulièrement urgents. »
Selon M. Ratwatte, la population –en particulier les femmes, les filles et les enfants– subit « des niveaux de violence et de souffrance effroyables ». Ainsi, plus de 5 500 incidents de violence fondée sur le genre, soit environ 30 cas par jour, ont été enregistrés rien qu’au cours des six premiers mois de l’année.
Environ 70% des incidents signalés de violence fondée sur le genre impliquaient des viols, et près des trois quarts des cas de viol signalés étaient des viols collectifs, a-t-il dit, dénonçant des crimes commis en toute impunité.
Dans ce contexte, les attaques visant les services de santé ainsi que les restrictions de mouvement continuent de limiter l’accès à des services vitaux.
Si les acteurs humanitaires ont pu porter assistance à plus de 2,4 millions de personnes au cours du premier semestre de cette année, « l’aide d’urgence ne saurait, à elle seule, modifier la trajectoire de cette crise », a-t-il souligné.
Pour y parvenir, il faut selon lui mettre fin à la violence, financer la réponse humanitaire et s’attaquer aux causes de cette crise. « Des progrès durables nécessitent des efforts plus larges, notamment en matière de sécurité, de stabilité politique et d’investissements soutenus dans les services essentiels. »
Le Représentant spécial pour Haïti demande de poursuivre en justice les auteurs de l’attaque contre Kenscoff

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« La crise d’Haïti exige plus que de la détermination; elle exige des résultats »
(M. Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial et Chef du BINUH)
M. Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial et Chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), a relaté l’attaque « brutale » lancée par des gangs dans la nuit du 23 au 24 août contre la commune de Kenscoff, dans les collines surplombant Port-au-Prince.
L’agression a fait 47 morts, dont 3 garçons et 2 filles, et des dizaines d’enlèvements et de nombreux blessés.
Des maisons ont également été incendiées et la population locale qui cherchait refuge à la violence a été attaquée, notamment dans une église, où des membres de gangs ont exécuté 22 personnes dans la cour et tué 12 autres qui tentaient de s’échapper.
« Ce massacre est profondément choquant, mais ce n’est pas une tragédie isolée. »
M. Ruiz Massieu a rappelé que les gangs continuent à terroriser la population et à étendre leur contrôle territorial au-delà de la capitale. Le BINUH a documenté 1 408 morts et 656 blessés rien qu’entre avril et juin 2026.
Le Représentant spécial a souligné l’urgence de renforcer le soutien international à la sécurité pour Haïti.
CONTEXTE – Les armes nourrissent la violence des gangs en Haïti |
Malgré l’embargo de l’ONU, les trafics d’armes continuent d’alimenter les gangs en Haïti. Entre 270 000 et 500 000 armes à feu circuleraient illégalement dans le pays, principalement aux mains de groupes armés.
L’attaque menée le 23 août à Kenscoff illustre cette violence. Au moins 47 personnes ont été tuées, 22 blessées et plus de 52 enlevées, selon l’ONU. Quelque 150 membres de gangs lourdement armés ont attaqué plusieurs localités, visant notamment des habitants réfugiés dans une église.
Entre avril et juin, les violences liées aux gangs ont fait 1 408 morts et 656 blessés, tandis que 326 personnes ont subi des violences sexuelles.
L’ONU appelle à faire respecter strictement l’embargo et à renforcer les opérations de sécurité dans le respect des droits humains.

