PORT-AU-PRINCE, Haïti — 26 août 2026 — Plus de 400 000 électeurs seraient déjà inscrits sur le registre électoral haïtien, à moins de quatre mois du premier tour de l’élection présidentielle et des législatives, prévu le 13 décembre, selon une source au sein du Conseil électoral provisoire (CEP).
Ce chiffre marque une étape importante dans la préparation du scrutin, alors que l’institution électorale poursuit progressivement l’installation de ses centres d’inscription et cherche à élargir l’accès des citoyens au registre électoral.
Le CEP n’a pas, à ce stade, publié sur son site un compteur public confirmant officiellement le nombre de personnes déjà inscrites. Selon la source , l’institution travaille cependant à la mise en place d’un dispositif permettant au public de suivre en ligne l’évolution du registre électoral.
Les partis face à l’épreuve des 30 000 membres
Parallèlement à l’enregistrement des électeurs, les formations politiques sont confrontées à une autre étape déterminante : la constitution et la vérification de leurs listes de membres, adhérents ou sympathisants.
Le CEP a confirmé, lors d’une rencontre avec les acteurs politiques le 20 août, que l’exigence de soumettre une liste de 30 000 membres figurait parmi les principales préoccupations exprimées par les partis et groupements politiques. L’institution a également présenté sa plateforme d’inscription des candidats aux représentants des structures agréées.
Selon les informations rapportées, plusieurs formations avaient déjà achevé cette étape, notamment Ayiti Transfòme, En Avant, le Parti démocrate-chrétien haïtien (PDCH), Ayiti An Aksyon (AAA) et Anfòs pou Chanjman. Chacune aurait enregistré 30 000 adhérents sur la plateforme du CEP.
Si ces cinq listes de 30 000 membres sont confirmées par l’autorité électorale, elles représenteraient à elles seules 150 000 enregistrements, mais ce chiffre ne doit pas être assimilé au nombre définitif de membres validés : les données doivent encore être soumises aux mécanismes de vérification prévus par le processus électoral.
Le contrôle de l’identité des adhérents constitue en effet un enjeu central. Les informations collectées comprennent notamment les données d’identification nécessaires à la vérification des personnes inscrites et à la détection des doublons ou des identifiants invalides, selon les informations rapportées par le journal.
105 structures politiques agréées
Le processus d’enregistrement des formations politiques a également franchi une étape majeure.
Le CEP a annoncé le 14 août la clôture de l’enregistrement des regroupements politiques et la publication de la liste définitive des structures agréées. Au total, 105 structures politiques ont été agréées : 88 partis politiques et 17 groupements politiques.
Le 19 août, le CEP a également procédé au tirage au sort destiné à attribuer les numéros de campagne aux partis et groupements politiques agréés, une nouvelle étape dans la préparation du scrutin.
Un calendrier serré
Le calendrier officiel publié par le CEP prévoit le 13 décembre 2026 pour le premier tour de la présidentielle, des législatives et la ratification populaire des changements proposés à la Constitution. Le second tour de la présidentielle et des législatives est prévu le 21 février 2027, parallèlement aux élections des collectivités territoriales.
Le CEP souligne toutefois que le respect de ces échéances demeure conditionné à l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable et à la disponibilité des ressources financières nécessaires à la poursuite des opérations.
Cette réserve constitue l’un des principaux points de fragilité du calendrier. L’inscription des électeurs peut progresser, les structures politiques peuvent être agréées et les opérations techniques peuvent avancer, mais la tenue effective du scrutin dépendra aussi de la capacité des autorités à garantir l’accès aux centres d’inscription et, à terme, aux bureaux de vote.
Le registre électoral, premier test de crédibilité
Le franchissement du seuil des 400 000 inscrits constitue ainsi un indicateur important, mais il ne permet pas encore, à lui seul, de mesurer le degré de préparation du scrutin.
La question sera désormais celle de la fiabilité et de la transparence du registre électoral : combien de citoyens seront finalement inscrits, combien d’inscriptions seront validées après vérification, quelle sera la couverture territoriale du registre et dans quelle mesure les électeurs pourront-ils effectivement accéder aux bureaux de vote le jour du scrutin ?
La décision du CEP de travailler à la publication régulière de l’évolution du registre pourrait, à cet égard, constituer un outil important de transparence publique.
À moins de quatre mois du premier tour, le processus électoral haïtien entre donc dans une phase plus opérationnelle. L’inscription des électeurs, la validation des listes des formations politiques, la préparation des candidatures et le déploiement territorial du dispositif électoral avancent simultanément.
Mais derrière les chiffres et les échéances administratives demeure la question essentielle : les conditions sécuritaires, logistiques et financières permettront-elles de transformer cette préparation technique en un scrutin effectivement accessible, crédible et inclusif ?
Pour le CEP, cette question est désormais indissociable de la poursuite du calendrier électoral.

