Le chargé d’Affaires américain Henry Wooster fait le point en fin de mission (VIDEO + Update)

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Henry Wooster quitte Haïti : le diplomate américain appelle à l’unité contre la corruption et en faveur d’élections crédibles

Port-au-Prince, le 23 juillet 2026 – À l’occasion d’une conférence de presse d’adieu tenue ce jeudi à Port-au-Prince, le chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, Henry Wooster, a dressé le bilan de sa mission diplomatique, tout en réaffirmant l’engagement de Washington en faveur de la stabilisation du pays. À l’approche de son départ, le diplomate a lancé un appel à une mobilisation collective des dirigeants politiques, du secteur privé et de la société civile pour lutter contre la corruption, mettre fin à l’impunité et favoriser le retour d’institutions démocratiques solides.

Revenu en Haïti en juin 2025, après y avoir déjà servi près de trente ans auparavant, Henry Wooster a déclaré avoir été profondément marqué par la résilience du peuple haïtien face aux multiples crises sécuritaire, politique, économique et humanitaire qui frappent le pays.

La sécurité, préalable indispensable à des élections

Le diplomate américain a rappelé que les autorités haïtiennes se sont engagées à organiser des élections afin de rétablir l’ordre démocratique.

« Les autorités haïtiennes ont pris l’engagement envers leur population d’organiser des élections afin de rétablir l’ordre démocratique. Elles doivent tenir leur promesse », a-t-il déclaré.

Interrogé sur les conditions dans lesquelles pourraient se dérouler ces élections, Henry Wooster s’est refusé à tout commentaire sur le calendrier ou les modalités. Il a toutefois souligné que la sécurité demeure une condition essentielle à la tenue d’un scrutin crédible, tout en rappelant qu’« il n’existe nulle part dans le monde d’élections parfaites ».

Il a également tenu à distinguer les notions de sécurité et de stabilité. Selon lui, si la sécurité est indispensable pour permettre le déroulement des élections, la stabilité durable dépend aussi de la légitimité des institutions, de la qualité de la gouvernance et de la capacité de l’économie à améliorer les conditions de vie de la population.

Le soutien américain à la lutte contre les gangs

Henry Wooster a évoqué les efforts entrepris avec les partenaires internationaux et le Conseil de sécurité des Nations unies pour soutenir la Mission multinationale d’appui à la sécurité.

Selon lui, cette force, composée notamment de contingents du Tchad, du Salvador, du Guatemala, de la Jamaïque, de la Mongolie et du Sri Lanka, mène progressivement des opérations visant à reprendre le contrôle de territoires occupés par les groupes armés, interpeller des criminels, saisir des armes et rouvrir plusieurs axes routiers stratégiques.

Le diplomate a néanmoins insisté sur le fait que la solution durable à la crise devra être portée avant tout par les institutions haïtiennes elles-mêmes.

Former 4 000 nouveaux policiers

Parmi les initiatives soutenues par Washington, Henry Wooster a mis en avant le programme P4000, financé par le Département d’État américain, qui prévoit le recrutement, la formation et la diplomation de 4 000 nouveaux policiers d’ici au début de l’année 2027.

Il a également souligné la reprise de la coopération entre les États-Unis et les Forces armées d’Haïti, rendue possible après la levée de certaines restrictions imposées par le Congrès américain.

Gouvernance, lutte contre la corruption et relance économique

Au-delà des enjeux sécuritaires, Henry Wooster a exhorté les responsables politiques, les acteurs économiques et les organisations de la société civile à unir leurs efforts pour combattre la corruption, réduire l’impunité et promouvoir une gouvernance davantage tournée vers l’intérêt général.

Le diplomate a également insisté sur l’urgence de relancer l’économie afin de créer des emplois, particulièrement pour les jeunes.

Selon lui, le manque d’opportunités économiques favorise le recrutement des jeunes par les groupes armés. Il estime que le secteur privé haïtien devra jouer un rôle majeur dans la création d’emplois et la reconstruction économique du pays.

Plus de 800 millions de dollars d’aide américaine

Henry Wooster a rappelé que les États-Unis demeurent le principal partenaire bilatéral d’Haïti en matière d’assistance, avec plus de 800 millions de dollars américains consacrés à différents programmes.

Il a notamment indiqué qu’en 2026, Washington avait mobilisé 125 millions de dollars pour le Fonds humanitaire commun administré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), 24 millions de dollars pour l’aide alimentaire et 11 millions de dollars destinés aux efforts de relèvement après les ouragans.

Un hommage aux journalistes haïtiens

En conclusion de sa conférence, Henry Wooster a salué le travail des médias haïtiens, qu’il considère comme un pilier essentiel de la démocratie.

Il a rendu hommage aux journalistes pour leur contribution à la diffusion d’informations fiables dans un contexte marqué par la désinformation et les nombreuses difficultés auxquelles est confrontée la profession.

Le diplomate les a encouragés à poursuivre leur mission avec professionnalisme, rigueur et respect des principes éthiques, estimant qu’une presse libre et crédible demeure indispensable au bon fonctionnement d’une société démocratique.

Alors qu’il s’apprête à quitter Haïti, Henry Wooster laisse un message centré sur la responsabilité collective. Pour le diplomate américain, le rétablissement de la sécurité, l’organisation d’élections crédibles, la lutte contre la corruption et la relance économique constituent les fondements indispensables d’une stabilité durable et d’un avenir meilleur pour le pays.

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