Ni date ni budget pour les élections en Haïti…

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À quand l’organisation des élections pour sortir le pays du cycle interminable de la transition ? Ni le Conseil électoral ni le gouvernement n’a la réponse à cette question.

Ni date ni budget pour les élections en Haïti...

Le PM en réunion avec les membres du CEP

À quand l’organisation des élections pour sortir le pays du cycle interminable de la transition ? Ni le Conseil électoral ni le gouvernement n’a la réponse à cette question. Si le calendrier électoral publié l’année dernière prévoyait le premier tour de la présidentielle et des législatives le 30 août de cette année, aujourd’hui, le CEP et les autorités veulent harmoniser le Pacte national pour la stabilité avec le décret électoral avant de parler de date pour le scrutin.

S’il n’y a pas de date pour l’organisation des élections, il n’y a pas non plus de date pour la fin du mandat de ce troisième round de transition dirigé par Alix Didier Fils-Aimé et ses alliés depuis le 7 février. « Au moment où je vous parle, la date du 30 août ne tient plus et nous n’avons pas encore planifié une nouvelle date pour les élections », a confié au Nouvelliste jeudi un conseiller électoral à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre.

Le président du CEP confirme au journal que pour l’heure il n’y a pas de date connue pour l’organisation des élections. « Nous travaillons d’abord sur l’harmonisation du décret électoral avec le Pacte national pour la stabilité avant de travailler sur le calendrier électoral », a confié au Nouvelliste Jacques Desrosiers. 

Cette harmonisation entre les deux documents veut dire que le décret électoral doit maintenant prendre en compte les dispositions des articles 12 et 14 du Pacte nationale pour la stabilité qui prévoient des changements dans la Constitution. Jacques Desrosiers a souligné qu’il n’y aura pas un décret référendaire comme ce fut le cas sous l’administration du CPT, mais le décret électoral disposera et pour les changements dans la Constitution et pour les élections à venir.

L’autre source au CEP jointe jeudi soir au téléphone par Le Nouvelliste confie au journal que l’exécutif doit rendre public les articles qu’ils souhaitent changer dans la Constitution.

« Le Premier ministre nous a fait savoir qu’il s’agit de changements mineurs qui concernent les cartels municipaux qui devront avoir un membre au lieu de trois; une seule durée de mandat pour les sénateurs », entre autres, rapporte notre source au CEP.

Ce conseiller électoral indique qu’Alix Didier Fils-Aimé a promis que le gouvernement fera le nécessaire. 

Une commission formée de représentants du CEP, de la Primature et du ministère de la Justice sera formée bientôt pour travailler sur les documents nécessaires aux changements dans la Constitution et à l’organisation des élections, a indiqué notre source au Conseil électoral.

Le Nouvelliste a appris que dans l’entourage des signataires du Pacte national de la stabilité la question de changement des membres du CEP est assez souvent évoquée. Interrogé sur ce point, notre source au Conseil électoral a reconnu avoir lui aussi entendu parler de ce sujet dans des couloirs informels. Cependant, elle a souligné que ce point n’a pas été abordé lors de la rencontre du jeudi 9 avril avec le chef du gouvernement.

Notre contact au CEP souligne que tous les membres de l’institution électorale ont été désignés par des secteurs. « Un changement au CEP de la part du gouvernement laisserait penser que les autorités voudraient avoir le contrôle du CEP tout en retardant le processus électoral », a-t-il estimé.

S’agissant du budget électoral, le président du CEP a reconnu que le gouvernement a exprimé des « réticences » par rapport à la proposition de l’institution électorale. « Il n’y a pas encore de montant retenu pour le budget », selon Jacques Desrosiers.

Le président du CEP dans cette interview accordée au journal, reste convaincu que les élections peuvent se tenir cette année même si dans les faits la tenue du scrutin parait de moins en moins évidente cette année avec les changements dans la mission du CEP. Le premier calendrier électoral prévoyait un premier tour à la fin du mois d’août et le second tour le 6 décembre. La modification d’une date provoquera automatiquement la modification de l’autre.

Jacques Desrosiers et l’autre source au CEP contactée par Le Nouvelliste ont affirmé que la rencontre avec le Premier ministre s’est déroulée dans une atmosphère cordiale.

Dans un communiqué publié jeudi soir, le CEP a informé qu’une journée de travail a eu lieu, le jeudi 9 avril 2026 à la Villa d’Accueil, entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et les membres du Conseil électoral provisoire (CEP). Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Patrick Pélissier, et des conseillers du Chef du Gouvernement ont également pris part à cette séance. 

« Au cours de cette journée de travail, les échanges ont porté sur l’harmonisation du Décret électoral du 1er décembre 2025 au Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, le budget électoral ainsi que le calendrier. Au terme de la séance, la Primature et le CEP se sont engagés à poursuivre les discussions en vue de créer les conditions nécessaires à la poursuite du processus électoral », selon le communiqué.

Pour sa part, la Primature indique dans un communiqué qu’au « terme des échanges, une convergence claire s’est dégagée : le gouvernement et le CEP s’alignent sur une même priorité, celle d’organiser, dans les meilleurs délais, des élections démocratiques, inclusives et crédibles, dans des conditions garantissant la transparence, la sécurité et la participation de tous les citoyens. »

Le CEP, dans un autre communiqué publié mercredi, avait informé la population en général et les acteurs politiques en particulier, de la publication, le 24 mars 2026, d’un arrêté pris en Conseil des ministres portant amendement de l’article 3 de l’Arrêté du 18 septembre 2024 nommant les membres du Conseil électoral provisoire et fixant leur mandat.

« Ce nouvel arrêté enjoint le CEP de prendre toutes les dispositions nécessaires, en ce qui le concerne, pour l’application des dispositions des articles 12 et 14 du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. » Une démarche qui, selon le CEP, impacte considérablement le calendrier électoral.

Le CEP en a profité pour annoncer le report des opérations d’inscription des électeurs et d’enregistrement des candidats, prévues respectivement pour le 1er et le 13 avril 2026. 

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