Une sénatrice des Antilles interpelle l’État français sur la force de répression des gangs en Haïti

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Lors des questions au gouvernement ce 18 février, la sénatrice de Saint-Barthélemy Micheline Jacques (LR) a déploré l’absence de la France au sein des forces de répression des gangs en Haïti. Le ministre des Affaires étrangères a rétorqué que l’État contribuait financièrement au redressement du pays.

Quand Haïti s’invite au Sénat français. Rappelant que « les équilibres géopolitiques sont bouleversés, y compris dans la Caraïbe« , la sénatrice LR de Saint-Barthélemy Micheline Jacques s’interroge de l’absence de la France pour lutter contre les gangs qui terrorisent Haïti, lors des questions au gouvernement ce 18 février.

Elle souligne entre autres que « la France a soutenu la création d’une force de répression des gangs« , adoptée par l’ONU en septembre 2025 afin de sécuriser Haïti. « Notre contribution à cette force de répression des gangs serait donc logique, compte tenu du rôle déterminant de la France dans sa constitution et au regard de la place qu’occupe la diplomatie française en Haïti« , poursuit-elle.

Pourtant « la France ne donne pas suite« , que ce soit en envoyant du matériel ou des officiers, déplore l’élue, « alors même que les États-Unis sont ouverts à l’idée« .

« Tout se passe comme si la France était absente »

« Certes, la France soutient largement la police nationale et les forces armées haïtiennes, reconnaît-elle. Mais avec cinq territoires français dans la zone (la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et la Guyane, NDLR), une présence militaire au sein de la force de répression des gangs serait un signal fort, également au bénéfice de l’armée française. »

Micheline Jacques rappelle que « la Martinique a rejoint la CARICOM« , c’est-à-dire la Communauté caribéenne, une organisation internationale qui regroupe 15 États et territoires des Caraïbes. « Et Saint-Martin s’apprête à faire de même. »

« Depuis l’intervention des États-Unis au Venezuela, tout se passe comme si la France n’était pas présente dans la zone des Amériques à travers ses Outre-mer. Monsieur le ministre, entendez-vous proposer une contribution à cette force de répression des gangs ? »Micheline Jacques · © Assemblée nationale

40 millions d’euros

En réponse, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a réaffirmé le soutien diplomatique de la France envers Haïti :  « soutien aux nouvelles autorités intérimaires dans leur effort pour rétablir la sécurité » ; soutien constant aux « forces armées haïtiennes« .

Mais il parle uniquement d’argent, pas de matériel ni d’hommes. Il évoque ainsi les 40 millions d’euros engagés « en 2025 comme en 2024 » par la France pour Haïti, « dont 16 ou 17 pour l’aide humanitaire, 17 pour l’aide au développement et 4 pour la sécurité« . Le ministre dévoile aussi une « nouvelle contribution au fonds d’affectation spéciale à hauteur de 3,5 millions d’euros« . Il explique par ailleurs que « les 5.500 policiers et soldats attendus devraient être déployés progressivement en Haïti en avril et septembre » dans le but de « sécuriser l’ensemble du pays et de garantir ainsi à terme les conditions nécessaires pour l’organisation des élections« . Mais ces forces compteront-elles des Français dans leurs rangs ? Pas de réponse.

Disposant de quelques secondes supplémentaires, Micheline Jacques n’est visiblement pas satisfaite par la réponse. Indiquant qu’il « s’agit de mobiliser deux voire trois officiers militaires« , elle ne comprend pas « qu’une puissance militaire comme la France ne puisse pas libérer trois officiers alors qu’elle a des intérêts dans la zone« . « Pour que les Outre-mer ne soient pas la risée des autres membres de la CARICOM, il me semble que c’est une position qui mérite d’être reconsidérée« , tance-t-elle.

La CARICOM va tenir sa 50e réunion annuelle la CARICOM du 24 au 27 février prochains à Saint-Kitts-et-Nevis, pour évoquer les perspectives de stabilisation et de développement de Haïti.

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