Les images dressent un tableau saisissant : bâtiments éventrés, structures pillées, végétation envahissant les rues désertes. Le cœur de Port-au-Prince ressemble à une ville sortie d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle. Pourtant, dans ce décor de désolation, les forces de l’ordre avancent. Des unités sont désormais en patrouille dans plusieurs artères du centre-ville comme Grand-Rue, avenue N, Pont Saint-Gérard, avenue Jean-Paul II, Marché Salomon, rue Oswald Durand, entre autres. Dans cette dernière zone, la Faculté de médecine et de pharmacie porte visiblement les stigmates des exactions commises par les bandits.
Le bilan de la force apparaît donc limité. En septembre dernier, le président William Ruto déplorait lui-même une mission sous-financée et sous-équipée, n'ayant opéré qu'à 40 % de sa capacité. Sur les 2 500 effectifs prévus, moins de 1 000 ont été déployés, en grande majorité des Kényans.
Port-au-Prince fonde l’essentiel de sa stratégie sur le déploiement de la Force de répression des gangs (GSF), la mission multinationale soutenue par l’ONU. Or, cette force peine à se matérialiser. Actuellement, seul un contingent limité de 400 personnels tchadiens est opérationnel sur le terrain. Face au Conseil de sécurité, le chef de la GSF, Jack Christofides, a rappelé que la mission n’était qu’un « moyen » censé permettre aux institutions haïtiennes de reprendre le contrôle, exigeant que celle-ci soit dotée des capacités adéquates. À moins de cinq mois de l’échéance théorique, l’absence de consensus financier, le gel technique des listes et l’enlisement sécuritaire dessinent un horizon de plus en plus incertain. Le retour à l’ordre constitutionnel, ardemment espéré par la population et la diaspora, reste suspendu à un alignement politique et opérationnel qui, aujourd’hui, fait cruellement défaut.
Un avion de transport militaire belge de type A400M a essuyé des tirs durant une opération dans le cadre de la mission de paix des Nations unies (Onu) à Haïti.
le Conseil électoral, à travers une commission spéciale, composée de cadres de l’Institution, de représentants du PNUD, de l’UNOPS et du BINUH, procède à une réévaluation du budget des opérations électorales.
Le CEP travaille également sur un calendrier électoral remanié qui doit être publié incessamment.