Alors qu’Haïti se prépare à ses premières élections générales depuis plus d’une décennie, un nouveau rapport de 94 pages du Groupe d’experts sur Haïti, mandaté par le Conseil de sécurité, apporte un éclairage inédit sur la manière dont les groupes armés continuent de s’appuyer sur des réseaux politiques, économiques et sécuritaires.
Les experts avertissent surtout que les relations entre chefs de gangs, intermédiaires et acteurs politiques ou économiques pourraient reprendre une importance particulière à l’approche des élections.
Sur 137 pages, la Cour décrit une économie en récession pour la septième année consécutive, un appareil d’État qui exécute beaucoup mieux ses dépenses de fonctionnement que ses investissements, des priorités sécuritaires largement sous-exécutées et une gestion de la dette qui appelle davantage de transparence.
Le document met surtout en évidence un décalage entre ce que l’État annonce comme priorités et ce qu’il parvient réellement à exécuter.
Le calendrier électoral haïtien vient de voler en éclats. À un peu plus de deux mois du scrutin annoncé, le Conseil électoral provisoire (CEP) a confirmé le report des prochaines étapes du processus, rendant désormais impossible la tenue des élections prévues le 13 décembre 2026.
La décision intervient au lendemain de l’adoption, en Conseil des ministres, de modifications au décret électoral. Mais au moment où le CEP annonce ce bouleversement, le texte intégral du décret modificatif adopté le 5 octobre n’est toujours pas publiquement accessible.
C’est cette double réalité, un calendrier devenu caduc et un texte juridique encore introuvable, qui place le processus électoral haïtien dans une nouvelle zone d’incertitude.
« Les Haïtiens n’attendent plus des promesses. Ils attendent des résultats. »
La phrase de la République dominicaine, prononcée mardi au Conseil de sécurité, résume peut-être mieux que toute autre le nouveau moment dans lequel entre la Gang Suppression Force (GSF) en Haïti.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, le 29 septembre, la résolution 2829, renouvelant pour six mois le mandat de la GSF et de son dispositif de soutien logistique des Nations Unies, jusqu’au 31 mars 2027. Le texte présenté par les États-Unis et le Panama a recueilli 12 voix pour, aucune contre et trois abstentions — Chine, Russie et Pakistan.
Mais derrière ce renouvellement se dessine une exigence nouvelle.
Après un an consacré à construire la Force, recruter les contingents, mobiliser les financements et mettre en place une architecture logistique complexe, la GSF doit désormais démontrer qu’elle peut produire des résultats durables sur le terrain.
Le premier rapport annuel de la Gang Suppression Force (GSF) vient poser des chiffres et des constats précis sur une question centrale : près d’un an après sa création, qu’a réellement changé la nouvelle force internationale face aux gangs en Haïti ?
La réponse du rapport est contrastée.
La GSF revendique des avancées dans plusieurs zones, notamment à Tabarre et Bas-Delmas. Mais elle reconnaît elle-même que ces progrès « n’ont pas fondamentalement modifié la configuration générale de l’emprise territoriale » des gangs.