Au cœur de la tourmente que traverse Haïti, il devient impossible de détourner le regard. La crise actuelle n’est plus seulement politique : elle est globale, systémique, existentielle. Elle ronge les institutions, détruit les repères sociaux et mine le peu d’espoir collectif encore debout. L’État s’effrite, la société s’effondre, la nation s’épuise.
Nous sommes à un moment charnière de notre histoire. Et, hélas, nous semblons prendre toutes les mauvaises décisions. La classe politique est dépassée, la société civile sans repères, le secteur privé à bout de souffle.
On greffe de tout aujourd’hui, des cœurs, des reins, des bras.
Mais on ne sait plus greffer ce qui, en politique, demeure le plus vital : le courage, les couilles, la force morale, la colonne vertébrale du devoir. Les nations meurent moins de pauvreté que de lâcheté. Et Haïti en sait quelque chose.