Éditorial

Lucidité face au monde qui bascule 

L’intervention décidée par le président Donald Trump au Venezuela appelle avant tout à la lucidité et au pragmatisme, en particulier de la part des pays les plus fragiles. Comme lors des réactions à l’opération américaine en Iran en juin dernier, les hésitations, les condamnations de façade et les postures moralisantes traduisent une forme d’hypocrisie collective. Beaucoup dénoncent, peu agissent, et presque personne n’assume les conséquences.

Méritons-nous encore Haïti ? 

La fin de l’année invite naturellement au bilan. Chaque jour de décembre, radios, télévisions et réseaux déroulent le même rituel : ce que nous avons fait, ce que nous avons raté, ce que nous promettons de mieux faire demain. Mais au lieu de dresser une fois encore le bilan de l’année 2025, peut-être faut-il oser un exercice plus audacieux, presque dérangeant : le bilan de la présence de l’homme haïtien sur la terre de nos ancetres.  

L’avion civile en Haïti est réduite à un circuit de taxi moto

La fermeture de l’aéroport international Toussaint Louverture, consécutive à un grave incident survenu le 11 novembre 2024, a brutalement exposé une réalité que beaucoup refusaient encore de regarder en face : Haïti est en train de perdre son ciel. Avec l’arrêt des activités de la principale plateforme aérienne du pays, c’est toute la nation qui se retrouve plongée dans un isolement dangereux et inédit.

Haïti n’a pas besoin de plus de candidats. Haïti a besoin de vrais leaders. 

Ces derniers temps, un mot revient sans cesse sur nos ondes, à la télévision, sur les réseaux sociaux, dans les conversations de rue comme dans les salons feutrés : élections. Tout le monde veut être candidat. Tout le monde se voit déjà président. Mais une question essentielle demeure, trop souvent évitée, trop rarement posée avec sérieux : quelles sont réellement les qualités requises pour être président de la République d’Haïti ? 

Haïti ne renaîtra que par la volonté de ses propres enfants 

Il est temps de dire les choses avec clarté, avec force, avec cette franchise qui, parfois, dérange mais libère : nous ne pouvons plus nous réfugier derrière l’idée confortable que nos malheurs viennent uniquement de l’étranger. Oui, l’histoire nous a meurtris. Oui, les ingérences ont laissé des cicatrices. Mais un peuple qui choisit de ne regarder que ses blessures finissent par oublier qu’il a aussi des mains pour bâtir, une voix pour décider, une âme pour se relever. Ce discours victimaire, ressassé sans fin, nous enchaîne davantage que les épreuves elles-mêmes. Il est temps d’y mettre un terme. 

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